SCÈNE XII
LES MÊMES, ENNA KiN>"A, à pari, rctiardaiit vers le cùlé d'où clic viciil.
L'infàmc, Comme l'oiseau de nuit tourne autour de la flamme, Rôdait par ici... Mais, se voyant observé. Suivi de près, il part ; et le maître est sauvé.
Regardant du côlc où sont Fiisl, Drizoïi cl Gulcnbcrg.
Tous trois sont encor là ! Surveillons bien.
GUTE>'BERG, lisant toujours.
Suis- je ivieV Suis-je possédé, fou? Non; j'ai bien lu : « Le livre « Qu'avec ces instruments, et grâce à tous ces soins, « Nous obtiendrons, sera si parfait de tous points ; <( Le texte du copiste, adopté pour modèle, « Y sera reproduit par un art si fidèle, « Que, ne distinguant pas le vrai d'avec le faux, « On pourra tous les deux les vendre au même taux. « Quel gain ! Ces manuscrits, qu'un métier symétrique « Et lent donne un par un, nous en tiendrons fabri(juc « Par milliers, et, bien gras près du copiste à jeun, « Nous en vendrons cinq cents pendant qu'il en fait un ! »
Misérables! quel piège! Et l'on m'y veut complice. Ils ont mis cette boue au fond de mon calice. Je comprends enfin l'ombre où mon art étouffait, Et pourquoi sans retard ils le veulent parfait, C'est pour qu'il trompe mieux en pleine confiance.
Allant à Fiist et à Drizen.
On ne voit que chez vous tant d'horrible science,
D'imprévu dans le mal, le mensonge et le dol !
Où l'on crée un bienfait, ils inventent un vol.
Et, naïf, je pensais, pour eux en soit la honte !
Que de pareils instincts sont de ceux que l'on dompte.
FUST, bas à Drizen.
Il va nous échapper...
\ Plutôt que mes secrets Tombent en ces mains-là, tous je les détruirais.
FUST, regardant l'écrit posé sur la pierre, et le montrant à Drizen.
Ah!
DRIZEN, bas à Fùst.
J'entends ; c'est dit.
FÛST, de même.
Bien.
Apostat de moi-même, Si, remplaçant vertu, foi, par un seul blasphème, Je voulais travestir mon œuvre. . .
EiNNA, suivant des yeux Fiist et Drizen.
Où vont-ils là?
Je n'inventerais rien de pareil à cela. Ëclaireur et sauveur, ils me veulent corsaire, Oui, de ma propre idée ils me font le faussaire I