‹ Guy de MaupassantChapitre 3 sur 12 · RICHARD WAGNER A FRANZ LISZT · texte numérisé non relu

RICHARD WAGNER A FRANZ LISZT

Mon cher Ami, Cosima prétend que tu ne viendrais pas, même si je t'invitais. Nous devrions souffrir cela comme nous avons souffert tant de choses. T'inviter

(i) Briefc an die Fiirstiii, II, p.

FRANZ LISZT

cependant je ne puis m'en abstenir. Et je te le crie — quand je te dis, viens. Tu vins dans ma vie comme l'homnie le plus grand auquel j'aie jamais pu adresser des paroles intimes d'amitié. Tu te séparas de moi sans doute parce que je n'avais plus autant confiance en toi que toi en moi. A ta place, ton être intime, caché de nouveau, s'approche de moi, — et mon regret me remplit de te savoir plein de confiance en moi. Ainsi tu vis en pleine beauté, devant moi et en moi — et comme sur des tombeaux nous sommes réunis. Tu fus le premier qui m'ennoblit de ton amour. Pour ma seconde vie plus haute je suis maintenant uni à « Elle » — et je puis ce que je n'aurais jamais pu sans elle. Ainsi pouvais-tu devenir tout pour moi — tandis que moi je pouvais si peu. Combien plus cruel je suis envers toi. Je te dis maintenant viens — et je te dis aussi, viens à toi — car ici tu te trouveras. Sois béni et aimé — comme tu le désires.

Bayreuth, i8 mai 1872.

Ton viel ami, Richard.

Page 1