‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 118 sur 215 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

de son habit (car la difficulté de cette affaire compliquée foi avait fait oublier la dignité de Glossin) , moins cela me parait clair, maître Gilbert ; car il n'est pas vraisemblable qu'il allât attaquer un homme , n'ayant d'autre arme que son couteau de chasse. •

Glossin se débarrassa de la main du diacre et de son objection, mais sans brusquerie ; car il fallait, dans son intérêt actuel, qu'il donnât de lui à tout le monde la meilleure opinion possible. Il lui demanda le prix du thé et du sucre, et parla de faire ses provisions pour l'année; il donna à mistress Mac-Candlish l'ordre de préparer un dîner délicat pour cinq amis qu'il comptait traiter aux Armes de Gordon, le samedi de la semaine suivante; enfin, il mit une demi-couronne dans la main de Jack Jabos , que le palefrenier avait envoyé pour lui tenir rétrier.

c Eh bien , dit le diacre à mistress Mac-Candlish en acceptant un verre de bière qu'elle lui avait offert sur le comptoir, le diable n'est pas si méchant qu'on le disait. C'est un plaisir de voir comme M. Glossin s'intéresse aux affaires du pays. — Oui , c'est vrai , diacre, répondit l'hôtesse $ mais je m'étonne que les gentilshommes laissent faire leur besogne par des gens comme lui. Aussi long* temps que l'argent aura cours , diacre , on ne regardera pas à l'empreinte de quel roi il est frappé. — Je doute que Glossin retire de tout cela autre chose que de la honte, notre maîtresse, dit Jabot en traversant le petit passage devant le comptoir; mais voilà une bonne demi-couronne , en attendant »

Page 1