‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 163 sur 215 · CHAPITRE XLIV. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV. I

quoique nous demeurions si près de la douane. Je Tais ?oir I tous faire allumer du feu et à tous trouver à dîner. Ma foi! tous n'aurex qu'un méchant dîner aujourd'hui, car on n'attendait pas si belle ni si bonne compagnie. » Et mistress Mac-Guffog alla chercher eri toute bâte un panier de charbon; après en avoir rempli la grille rouillée, qui n'avait pas senti le feu depuis plusieurs mois , et sans avoir essuyé ses mains encore toutes noires, elle se mit à déployer les draps , hélas ! bien différents de ceux d'Ailie Dinmont ; murmurant tout bas et paraissant , par une morosité habituelle de caractère, regretter même les fournitures qu'on devait lui payer. À 1* fin, pourtant, elle partit en marmottant entre ses dents « qu'elle aimerait mieux monter la garde que d'avoir à servir ces beaux filé si difficiles et si remplis d'idées capricieuses. »

Quand elle fut sortie, Bertram se trouva réduit à l'alternative dé se promener dans son petit appartement pour prendre de l'exercice , ou de contempler la mer, autant que le lui permettaient les carreaux sales et étroits de la fenêtre , et paraissant obscurcis en outre par d'énormes barreaux de fer ; ou de lire les plaisanteries stupides et les grossièretés que le désespoir avait griffonnées sur les murs à demi blanchis. Les sons qui frappaient ses oreilles n'étaient guère plus agréables : c'était le bruit triste de la marée qui se retirait alors , ou , de temps à autre, une porte qui s'ouvrait et se fermait avec tous les accompagnements rauques et discordants des verroux et des gonds dont la musique se mêlait souvent à l'ennuyeuse monotonie des flots. Quelquefois aussi il pouvait entendre l'afireox grognement du geôlier, ou la voix criarde de sa femme, presque toujours montée sur un ton de mécontentement, de colère et d'insolence. D'autres fois , le gros mâtin enchaîné dans la cour répondait par des aboiements furieux aux agaceries des prisonniers oisifs qui se faisaient un jeu de l'irriter.

Enfin , l'ennui de celte solitude fut interrompu par l'entrée d'une servante mal propre qui vint foire quelques préparatifs pour le dîner , en couvrant d'une nappe à moitié sale une table tout-à-fait dégoûtante. Un couteau et une fourchette usés, mais non par le nettoyage , flanquaient une assiette de faïence fêlée ; un moutardier presque vide , placé d'un côté de la table , faisait le pendant d'une salière contenant quelques grains d'un mélange gris ou plutôt blanchâtre, placée de l'autre côté : ces deux meubles, en terre cuite, portaient des marques trop évidentes qu'on venait de s'en servir. Bientôt après , la même Hébé apporta un plat de tranches de bœuf

tUT MAHMAINa. il

ââè . . GUY MÀJNNERING.

çiutes (Jans'l? pôèlè, auxquelles était inèlée une bonne quantité de Çraiwe qui ^upw^eait dao^ un océan d'eau tiède; elle plaça près de çèx^pjtut succulent un gpôrceau de patn nnir 9 et demanda ee 91e monsieur désirait tynra.

; L Carence de ee festin n'était pas fort engageante : aussi Bertram, ççijr sVm dédommager , demaod^-t-il au vin; et un peu de firomage pasçabla* joint à son pain noir, composa presque tout son dîner* Quand ce repas Ait fini, la fille lui présenta les condiments ton jnaitrç f qui sa, proposait de venir, $i tel était le bon plaisir nûpsieur, J'^ider à passer la soirée, Bertram la pria de lui faire cm excuses ♦ et demanda, au lieu de cette agréable compagnie, du papier, des plumés, de l'encre et de la lumière. La lumière arriva jMepMtsnys la forme d'une longue chandelle brisée et s inclinant spr un chandelier d'étain couvert de suif. Quant au papier et aux plumes, on répondit au prïsoanier qu'il n'en pourrait avoir que le lendemain, parce qu'il fallait sortir pour en acheter, j , Bertram chargea alors la fille de lui procurer un livre, et appuya ia. demande d'un scbelling; elle revint quelque temps Après avee 4eux mauvais volumes, le Calendrier de NewgaU , que lui avait frétés Sapa âilverquil , apprenti sâûs maître, qui était alors en prison pour contrefaçon. Elle mit les livres sur la table et se retira, paissant Bertram méditer sur un ouvrage si bien en rapport avec sa triste situation.

CHAftîRE XXV.

St fcar malheur 11 le fallait monter a cette ignoiainieose potenw , ta auras encore vu iftdèfo ami ptfir tlniraf«etoiriit4td«ênwldaaUÉu Sa**»»».

: \ Pibrtcl dans les sombres réflexions qui lui étaient naturellement ^ûspfrêes pàï (Jette dégoûtante lecture et sa triste situation , Berfram ; fioefr ta première fbis de sa vie , crut qu'il allait s'abandonner brti découragement.

-« )é Me suis trouvé dans des Situations pires que celle-ci , dit- 3 , pïus dangereuse* surtout, tar le ne court ici aucun danger; plot alarmantes pour l'avenir, éar Je serai bientôt hors de cette prison; iftéins supportables même , tar ici j'ai du feu , des aliments et os Wi. Pourtant , tpiànd Jfe fis ces Mmglantes annales de crimes et

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