‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 209 sur 215 · CHAPITRE LW · texte numérisé non relu

CHAPITRE LW

les wûytm que vwa avez pour la combattre, *i toutefois tous en avez ; mais. .. — Monsieur Pleydell , je suis toiyour* disposé à jowar carte* sur table , et je me flatte de tous expliquer cette affaire en deux mots, Ce jeune homme , qui u'etf autre qu'un fils naturel dit toi laird d'Ellaggowan , parcourt ce pays depuis quelques semaine* sous différents noms , çabalant avec une misérable folle qui , m V t-on dit , vient d'être tuée, ayeo des contrebandiers, des Égyp= tiens , et autres gens de eette espèce , ainsi qu'une grande brute dft fermier du Liddesdale * excitant les fermiers contre leurs propre taires ; et qui , comme sir Robert Hazlewood d'Haie jvood le sajt..< — Pardon de vous interrompre , monsieur Okwm , dit Fteydell * vous disiez qu^ ce jeune homme. . . —Je dis, et je &qw qu'il est, à la connaissance de monsieur ( en se tournant vers Hatterafelç } que c'est un fils naturel du dernier EUangowan et d'une fille appelée Jeannette Lightoheel, laquelle a fini par épouser un nommé Hewit* charpentier , qui demeurait dan* le voisinage d'Annan. Il s'appelle Godefroi Bertram Hevyit , et e'est sous ce nom qu'il est entré d*na l'équipage de la Royale Caroline , yacht dp la douane- — Yoici , dit Pleydell , une histoire twz vraisemblable... Mais , sans parler de certaines différences quant à la couleur des yeux « ayez la bonté d'écouter ceci, monsieur*.. » Un jeune marin fut introduit. « Voiei , continua Pleydell , le véritable Simon Pure. . . voiei Godefroi Bertram Hewit , arrivé hier soir d'Antiqua* par Liverpool j il est lieutenant de vaisseau au service de la compagnie des Indes , et eu bon train de faire son chemin dans le monde , quoiqu'il y soit entré nu peu irrégulièrement. *

Pendant qbe les autres juges de paix échangeaient quelque* p*~ rôles avec ce jeune homme , Pleydell prit sur la table le vieux portefeuille d'Hatteraick. Un regard inquiet échappé au prévenu fit penser au pénétrant magistrat que ce portefeuille contenait quelque document intéressant; il le remit sur la table, parut examiner, quelques papiers, et s'aperçut aussitôt que l'inquiétude du prisonnier était calmée : « Il y a nécessairement , se dit-il en luimême, quelque chose d'important dans ee portefeuille. »IUe reprit, l'ouvrit , le retourna en tous sens ; si bien 9 enfin, qu'il découvrît un petit secret... C'était une ouverture pratiquée entre le carton et la peau... Il en tira trois papiers, Se retournant alors vers GItôsin, il le pria de lui dire s'il avait assisté à la recherche qui avait été faite le jour du meurtre de Kennedy et de la disparition du jeune EUangowau.

c Non. .. c'est-à-dire oui , » répondit Glossin troublé par les remords de sa conscience.

« Il est singulier qu'attaché de si près à la famille d'EUangowan, vous ne vous soyez point présenté devant moi pendant l'instruction de cette affaire. — Je fus obligé, le lendemain même de ce cruel malheur ', de me rendre à Londres pour des affaires importantes. — Greffier, écrivez cette réponse. Je présume, monsieur Glossin, que c'était pour négocier ces trois traites tirées par vous sur MM. Van Beest et Van Bruggen, et acceptées en leur nom par uni certain Dirk Hatteraick , le jour même du crime. Je vous félicite sur l'exactitude avec laquelle a eu lieu le paiement de ces billets. On aurait pu douter qu'il y eût été si bienfait honneur. »

Glossin pâlit.

« Ces pièces, continua M. Pleydell, confirment la déposition d'un nommé Gabriel Faa, qui est maintenant arrêté, et qui a fait connaître tout ce qui s'était passé entre vous et ce digne capitaine. Avez-vous quelque autre explication à donner?

« Monsieur Pleydell, dit Glossin qui avait eu le temps de se remettre , si vous étiez mon conseil , vous ne m'engageriez pas à répondre ex abrupto à une accusation que ces misérables semblent prêts à établir par le parjure. — Mon avis dépendrait de l'opinion que j'aurais de votre innocence ou de votre culpabilité. Dans votre position actuelle, je crois que vous prenez le plus sage parti. Mais je vous préviens que vous allez être arrêté. — Arrêté! pourquoi, monsieur? Est-ce comme prévenu de meurtre? — ^ Non , mais comme instigateur et complice de l'enlèvement d'un enfant. — C'est un délit qui admet caution. — Pardonnez-moi; c'est un plagium, et \t plagium est félonie. — Vous m'excuserez, monsieur Pleydell; rappelez-vous l'affaire Torrence et Waldie. Vous savez que ces deux femmes avaient promis à des élèves en chirurgie de leur procurer un cadavre d'enfant. Pour ne pas manquer à leur engagement et satisfaire les jeunes étudiants , elles volèrent un enfant, le tuèrent , et leur livrèrent son corps pour six shellings et six pences. Elles furent pendues, mais à cause de meurtre et non à cause du plagium ft . Vos lois civiles vous ont emporté un peu trop loin. — Tout cela est fort bien , monsieur, mais M. Mac-Morlan ne doit pas moins vous faire déposer dans la prison du comté , si le témoin qui va paraître persiste dans sa dépo-

I. Les détails et l'issue de ce procès criminel sont conformes à la vérité; seulement , le procès eut lien , non du temps de Pleydell , mais de nos jours. A. h.

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