CHAPITRE LVI
sition. Constables, emmenez M. Glossin et Hatteraick, et gardezles dans des appartements séparés. »
On amena l'Égyptien Gabriel : il raconta en détail comment il avait déserté du vaisseau du capitaine Pritcbard , et comment, pendant le combat , il avait passé du côté des contrebandiers. Il déclara que Dirk Hatteraick avait mis le feu à son. vaisseau, quand il eut perdu ses agrès , et qu'à la faveur de la fumée , ils s'étaient sauvés , lui et son équipage , emportant une partie de leur cargaison , dans la caverne où ils se proposaient de rester cachés jusqu'à la nuit ; qu'Hatteraick , son lieutenant Van Beest Brown, et trois autres parmi lesquels il était lui-même, se rendirent dans le bois voisin pour communiquer avec quelques amis du voisinage ; que le hasard leur avait fait rencontrer Kennedy; qu'Hatteraick et Brown, sachant qu'il était l'auteur de leur désastre, résolurent de l'assassiner. Il assura qu'il les avait vus se saisir par force du douanier et le traîner à travers le bois , mais qu'il n'avait point pris part à cette attaque , ni vu comment elle s'était terminée. Etant retourné à la caverne par un chemin différent , il y avait retrouvé Hatteraick et ses complices. Là le capitaine racontait comment, après avoir précipité Kennedy du haut du promontoire, il était parvenu, avec l'aide de Brown , à détacher et à foire rouler sur le corps du doua r nier un gros fragment de rocher, lorsque tout-à-coup ils virent Glossin entrer dans la caverne. Par quel moyen Hatteraick avait acheté son silence ? c'est ce que le déposant expliqua en détail. Relativement au jeune Bertram , Gabriel déclara l'avoir constamment suivi des yeux jusqu'au moment de son arrivée dans les Indes ; que là il l'avait perdu de vue, et ne l'avait plus rencontré que par hasard , depuis quelques semaines , dans le Liddesdale ; qu'il en avait donné avis à sa tante Meg Merrilies ainsi qu'à Hatteraick , qu'il savait sur la côte ; mais qu'il avait été sévèrement blâmé par sa tante, pour avoir donné cet avis à Dirk ; qu'elle lui avait déclaré qu'elle ne négligerait rien pour faire rentrer le jeune Ellangowan dans ses biens , fallùt-il déposer contre Hatteraick lui-même ; que beaucoup de gens de sa bande l'avaient aidée, comme il l'avait fait lui-même, dans la croyance qu'elle était douée d'un pouvoir surnaturel; que, par suite de ses desseins , Meg avait donné au jeune Ellangowan le trésor de la tribu dont elle avait la garde ; que par son ordre , trois ou quatre Bohémiens s'étaient mêlés à la foule pendant l'attaque de la maison de la douane, afin de délivrer Bertram, ce que lui-même , Gabriel Faa , avait exécuté. Il termina en disant que les gens de sa
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tr9m se conformaient toujours aux ordres de Meg Merrflies, *ans examiner ni leur convenance , ni ienr utilité ; la grande vénération dont elle jouissait parmi eux ne leur laissant pas te choix entre obéir titi résisté*. Su)* d'antres questions à lui faites , le témoin déclara avùir souvent entendu dire à sa tante qu'Henri Bertram portait antour du oon quelque éhose qui ferait reconnaître sa naissance ; que c'était un talisman composé pour lui par un savant d'Oxford , et qu'elle avait persuadé aux contrebandiers que le «dut de leur vaisseau dépendait de la conservation de ce talisman . Ici Bertram montra à rassemblée un petit sac de velours qu'A portait autour du cou , depuis sa plus tendre enfacfce ; B l'avait conservé , dit-il , d'abord par superstition, et ensuite dans l'espérance que ce aérait peut-être on moyen de faire connaître sa naissance. Ce sac ayant été ouvert , on y trouva un morceau de aoie sur lequel était tracé un thème de nativité; Mannerinç, dès la première vue, s'en déclara l'auteur, avouant que la première fois qu'il était venu dans le pays il s'était amusé 1 fouer le rôle d'astrologue. Cette déclaratif établit irréveéabiement ou faveur de Bertram la qualité d'héritier d13iangowan. • Maintenant , fit M. WeydeH , dresser les mandats d'arrêt contre lfajtterJricfc: <ft contre Glossin : Us resteront en prison jusqu'à leur jugement. J'en suis ftcbé pour Glossm. — Quant à moi , dit Mannerfng , il me semble moins digne de pitié que «on compagnon; celui-ci, du moins, sH est un firtK scélérat , ne manque pas de <xrarage. — Il ert tant naturel , «elonel , que vous vous intéressiez au brigand, et moi au fripon ; chacun prend les «oMs de son métier... liais je vous assure que Glossin eût fi* un jo« avocat , $H uXJt peinteu trop d'inclination pour le cdté le moins honorable de la profestion. — La médisance dirait qu'il n'en aurait pas été plus mauvais avocat pour cela. — La médisance mentirait comme de eoutame. La Im est comme le laudanum : il est plus fecilede l'employer domine un ebariatan que comme un habile médecin. »
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