‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 33 sur 215 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

par la maison de Glengubble. Le dernier laird de Glengubble aurait donné son bien à la branche d'Ellangowan ; mais étant allé par hasard à Harrigate , il y rencontra miss Jeanne Hadaway , et remarquons , en passant , que le Dragon vert est la meilleure auberge des deux qui sont à Harrigate; mais pour revenir à Frank Kennedy , il était gentilhomme d'un côté, et c'eût été une honte de ne point le soutenir contre ces brigands de contrebandiers. »

Lorsque cette ligue eut été concertée, mais non encore mise à exécution , il arriva que le capitaine Dirk Hatteraick débarqua des spiritueux et d'autres articles de contrebande sur le rivage , non loin d'Ellangowan , et se confiant dans l'indifférence avec laquelle jusqu'alors le laird avait vu cette infraction aux lois , il s'inquiéta peu de cacher ou d'expédier sa marchandise ; mais il en résulta que Frank Kennedy , armé d'un mandat d'Ellangowan , et soutenu par quelques domestiques du laird qui connaissaient le pays , et par une troupe de soldats, fit main basse sur les barils, les caisses et les ballots , et après un combat désespéré , où plusieurs blessures forent laites et reçues, il parvint à mettre la grande flèche ' sur ces articles , et à les apporter en triomphe dans la douane voisine. Dirk Hatteraick jura en hollandais, en allemand et en anglais , de tirer une entière et sanglante vengeance du jaugeur et de ses complices; et tous ceux qui le connaissaient pensèrent qu'il tiendrait parole.

Quelques jours après l'expulsion de la tribu égyptienne, M. Bertram demanda à son épouse , un matin en déjeunant , si ce n'était point l'anniversaire de la naissance du petit Henri.

< Il a aujourd'hui cinq ans révolus , répondit sa femme ; ainsi flous pouvons regarder le papier du jeune gentleman anglais. »

M. Bertram aimait à montrer son autorité dans les bagatelles* «Non, ma chère amie, non, pas avant demain. La dernière fois que je suis allé à la session trimestrielle , le shérif nous dit que aies, que dies... incœptus ; bref, vous n'entendez pas le latin, mais cela signifie qu'un jour de terme n'est commencé que quand il est fini. — Cela ressemble à une absurdité, mon cher ami. — Cela peut être, ma chère; mais ce peut être une très bonne loi après tout. En parlant des jours devenue , je voudrais bien , comme dit Frank Kennedy , que la Pentecôte tuât la Saint-Martin, et qu'on la peudît pour ce meurtre , car j'ai pour cette époque une lettre à l'ordre de Jenny Cairns -, et aucun diable de tenancier n'a encore été et n'ira avant la Chandeleur payer un sou de rente à Ellàn-

J* Marque de la douane* a. m.

gowan : mais en parlant de Frank Kennedy, j'ose dire qu'il sera aujourd'hui ici , car il est allé à Wigton avertir un vaisseau du roi qiii es} $ J'ocre dan* fa f>aie, que le lougre ! de Djrk Hatteraick est de nouveau sur la côte , et il reviendra ici aujourd'hui ; ainsi il feuf, ifpu$ préparejr fine bqufeille de Bordeaux, ptnpii* bpfrp^ à I# sgpté du petit Jljenrj. —Je ypqdrais l)ieq, répondit soji épouse , que Frank Kennedy laissât pirk Hatferajck tranquille. Qu'a-t-il besoin <}&$£ montrer plus empressé que Jç$ autre»? Ne peut-il chanter sa cJ}?nson f boire sa bpuipf llp ? et {recevoir son salaire comme te collecteur Snail , cet bopnÇtp bpïume qui ne ftcbp jamais persopne ? Ètjfljfl'étpnue que ypirç f qui êtes le laifd, vous yous alliez de <$?? (tf flP? vou* e 9 fesste? autant que Jui. Ayions-pous besoin d'en- Vpyçjr chercher flu th£ #jj de î'eau-de-vie à Borpijghtowu * lops- <pe pirk HattejwJf wa$ l'habitude de débarquer tranquillement q#ns ia l>aiç? — Mfctriçs Berffam, yoqs ne connaissez rien à cel*. Pensez-vous qq'il convienne 9 un magistrat de prêter sa maison pour eç fajre nxx magasin de marchandises dç contrebande ? frânk $çpnedy vous montrera dans la loi \a peine qu'où encourt , et vous SjiY£? p?* yous-mêpae qu'ils avaienf coutume auparavant de dépos^p leur carçaiçpn jd$q§ la vieille Place d'Ellangow?n. — Quel ipal y ayait-i) , ppnsieur Pertram , que les murs et }es voûtes 4u vieux château pon|tiu$$ept de temps en temps quelques barils d'eau-deyi£? Je suis sflîre qui? yoqi n'étiez pas obligé d'en savoir quelque çfcpe; çt quel mal cefa fcrait-il au roi que les Jairds pussent boire leur bouteille , et leurs dames prendre ïeiif thé à un prix raisopp$Je? C'est ppe boute d'avoir mis des taxes si fortes! Et n'éfais-je pas bien ipipjix avec ces bonnets de Flandre que Dirk ïïatferaicjÉ m'envoyait d'Anvers? Il se passera du jtemps avilit que lp roi m'enyoie quelque chose, non plus que ftenpedy. Et pub vous ?Uez aussi yops faire upe querelle avec ces Egyptiens ! Je m'attends chaque jour à apprendre que la grange est ruinée, — Je yoqs di? encore une fci$ , ma chère, que vous n'entendez rien à toutes ces choses. Et yoici Kennedy qui arrive au galop dans 1'avemie, — Eh bien; eh bien! Ellangowan , lui dit-elle en élevant la ypix comme il quit- {3itla chambre, je souhaite que vous les entendiez vous-même, jet voilà tout ! »

Après cet entretien conjugal , le laird courut tout joyeux à la rencontre de soç ft dè !«Ç apu > ^f- Kenuedy, qui arrivait tppt essouffla

|. Sorte 4e navire marchand, a. *•

S, Nom actif qui lignifie Tille yoUine on bourg yoitin. a* m.

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