‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 34 sur 215 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

« Popr l'amour de la vie , Ellangowan , lui dit-il, montai au cbàt$W ! vous verr^ ce vieux renard de Pirjt Hatt^raick, et les limier^ de Sa IVJajesté ep pleine chasse après lui. > En par)anf ainsi , il jefcj la bride de son cheval à un enfant, et monta ep courant y ers le yjeuç château , suivi du laird et d'autres personnes (le la maison , alarmées par Je bruit du canon qu'on entendait alors distinctement de la mer.

En gagnant cette partie des ruines qui dominait un horizon immense, Us aperçurent un lougre, avec toutes ses yoiles déployées, en travers de la baie , poursuivi de près par un sloop de guerre qijj tirait sur lui avec ses canoïjs de l'avant , tandis que je lougre ripos~ tait avec ses canons de derrière. « Ils ne jouent aux boules que 4e loin, s'écria Kennedy au comble de la joie, mais ils vont s'approcher. Diable soif de lui! il jette à la mer sa cargaison! je vois la bonne Nancy passer par-dessus le bord 9 baril après baril ! c'est unç vilaine chose, une chose damnable de la part de M. Hatteraick, et je le lui ferai savoir en passant. Maintenant, maintenant ils put le vent sur lui! c'est cela, c'est celai allons ferme sur lui! allons} maintenant, mes chiens! maintenant , mes chiens! ferme sur le pirate , allons ! 3

< Je pense , dit le vieux jardinier à Tune des servantes, que le j augeur est fers; » terme par lequel le bas peuple exprime cette agitation d'esprit qu'il regarde comme un présage de mort.

Pendant ce temps la chasse continuait toujours. Le lougre manœuvrait avçc une grande habileté et avait recours à toutes le$ roses navales pour s'échapper ; il venait d'atteindre et U était près de doubler le promontoire que formait la pointe de terre du côtl gauche de la baie , lorsqu'un boulet frappa la vergue dans les élingués , et fit tomber la grande voile sur le pont. La conséquence dp cet accident parut inévitable, mais les spectateurs ne purent la voir ; car le vaisseau , qui venait de doubler la pointe , perdit son sillage, et disparut à leur vue derrière le promontoire. Le sloop de guerrf mit toutes ses voiles dehors pour le poursuivre -, mais il s'approcha trop du cap et fut obligé de virer de bord , de peur de briser à la c 0te , et de prendre le large , affy devoir açsç? d'eau pour doubler le prqmontoire.

< Us le laisseront échapper , par Dieu ! ils perdront la cargaison ou le lougre , ou tous les deux à la fois ! dit Kennedy ; U faut que je galope jusqu'à la ppintf 0e Warix^b (c'#att le prop^itove do?t

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7§ GUY MANNERlftG.

pour une heure , Ellangowan ; préparez le bowl de punch et une grande quantité de citrons. Je vous apporterai la marchandise française en revenant , et nous boirons à la santé du jeune laird un bowl où pourrait flotter la yole du collecteur. » A ces mots il monta à cheval et partit au galop.

Environ à un mille du château et sur la lisière des bois qui couvraient, comme nous l'avons dit, le promontoire terminé par la pointe de Warroch, Kennedy rencontra le jeune Henri Bertram, accompagné de son précepteur Dominie Sampson. Il avait souvent promis à l'enfant de le faire monter sur son galloway ; et comme il chantait , dansait et faisait le polichinelle pour l'amuser , il était son grand favori. L'enfant ne l'eut pas plus tôt vu gravissant le sentier, qu'il réclama à grands cris l'exécution de sa promesse ; et Kennedy, qui ne voyait point de danger à le satisfaire, et qui de plus voulait tourmenter Dominie, sur la figure duquel il lisait une remontrance, souleva de terre Henri, le plaça devant lui et continua sa route. Le — par aventure, monsieur Kennedy, — de Sampson se perdit dans le bruit du galop du cheval. Le pédagogue hésita un moment s'il devait les suivre ; mais , comme Kennedy avait la confiance entière de la famille , et que lui Sampson ne se souciait pas d'aller dans sa société , parce qu'il se livrait à des plaisanteries profanes et bouffonnes , il continua sa promenade du même pas , jusqu'à ce qu'il fût arrivé à la Place d'EUangowan.

Les spectateurs qui étaient sur les ruines du vieux château regardaient encore le sloop de guerre , qui , à la fin , mais après une perte de temps considérable , gagna le large , doubla la pointe de Warroch , et disparut à leurs yeux derrière les bois qui couvraient ce promontoire. Quelque temps après on entendit plusieurs coups de canon dans le lointain , et puis une explosion plus forte, comme celle d'un vaisseau qui saute , et l'on vit un nuage de fumée s'élever au dessus des arbres et se mêler au firmament. Les spectateurs se séparèrent, augurant différemment du sort du lougre, mais la plus grande partie persuadée que sa capture était inévitable , s'il n'était pas déjà coulé à fond.

« Il est bientôt l'heure de dîner , mon ami, dit mistriss Bertram à son mari; M. Kennedy sera-t-il long-temps à revenir? — Je l'attends à chaque minute, ma chère; peut-être amènera-t-il avec lui quelques officiers du sloop. — Mon Dieu ! monsieur Bertram! pourquoi ne pas me dire cela plus tôt? j'aurais fait mettre la grande table ronde. Et puis ils sont las de viandes salées , et à vous dire

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