‹ GUY MANNERING OU L'ASTROLOGUEChapitre 46 sur 215 · CHAPITRE XÏL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XÏL

que je n'ai jamais osé ouvrir, vous aurez quelque idée de ee qui arriva. Je parle de mes pensées ; mes actions , grand Dieu ! ne sont pas si criminelles. Il y avait un autre cadet qui briguait la première commission vacante. II appela mon attention sur ce qu'il m'amena à nommer coquetterie de la part de ma femme envers ce jeune homme. Sophie était vertueuse, mais fière de sa vertu; et irritée de ma jalousie , elle fut assez imprudente pour encourager et redoubler une intimité qu'elle voyait que je désapprouvais et que je regardais avec soupçon. Il existait entre Brown et moi une sorte de haine cachée. Il fit un ou deux efforts pour détruire mes préjugés ; mais prévenu comme je Tétais , je leur donnai un motif criminel et les repoussai avec dédain.

c Je souffre toutes les douleurs de la torture en vous écrivant cette lettre. Néanmoins, je suis disposé à aller jusqu'au bout, comme si ma résignation pouvait faire disparaître la catastrophe qui a depuis si long-temps empoisonné ma vie. Mais il faut continuer et en peu de mots.

« Quoiqu'elle ne fut plus de la première jeunesse , ma femme était encore très belle, et, il faut que je le dise pour ma justification, elle aimait à passer pour telle. Je répète ce que j'ai déjà dit, je n'ai jamais douté un instant de sa vertu; mais poussé par les insinuations artificieuses d'Archer, je pensais qu'elle se souciait peu de la paix de mon cœur, et que le jeune Brown n'avait ces attentions que pour me provoquer et me braver. Peut-être me considérait-il, de son côté , comme un aristocrate oppresseur, qui profitait de son rang dans la société et dans l'armée , pour tourmenter ceux que les circonstances avaient placés sous ses ordres ; et s'il découvrit ma sotte jalousie , il voulut quelquefois , en m'inquiétant sur ce point, se venger des petites vexations auxquelles mon pouvoir le soumettait. Un ami prudent chercha à me faire envisager ces assiduités sous un jour plus favorable et moins offensif; il pensait que ma fille Julia en était l'objet , quoiqu'elles pussent présentement s'adresser à sa mère pour gagner son influence. C'eût une audace peu flatteuse et même fort désagréable pour moi , de la part d'un jeune homme sans naissance et sans nom ; mais je ne m'en serais pas offensé comme je le fus par mes soupçons. Quoi qu'il en soit, je considérai mon offense comme mortelle.

« Une seule étincelle suffit pour allumer un incendie , lorsque rien àe s'y oppose. Je ne songeais nullement à mon insulte, lorsqu'une bagatelle , dans une partie de jeu, amena de gros mots et un

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les remparts et l'esplanade de la forteresse où jç coiproapdais aigri , SJjr j^3 [[mites de pwn terrjtojrç. jVpus ayjops cboisjce Ijeu pour)* f^t^ de Browfi, si je suççopbajj*. Je Jç désirais presque 5 mai§ i| fftpba au premier fe^f. Npus epuripns ? son secours , Jprsque quelques ups de ces (ooties, çspècç de prigapdi* du prçys qui soûl \o\\jpprs aux aguçts, vinrent tomber sur nous. Arpher et moi UQUf eppes de la peipç à regagpj?r nos chevaux , et ce ne fut qu'après pp combat sanglant , dans lequel jl peçpt plusieurs blesspr$s (jangççppses , que npus paryîprpes ^ nou§ ouvrir up cfteipp. Pour pommier les malheurs de ce jour affrjçpx , ma femme , qui soupçonnait dans quel dessein j'avais quitté la forteresse , p'^yqit £pjv| ep ps^ lanquip. Elle fuf, surprise et presque faite prisonnière par ppe autre troupe de ces piflards. {Jn 4étacf}eraept dp notre cçyalerje )a délivra prf|wpt|çipept ; pais je rçe puis me ^ïssiïppjçf que jes évtfpepents de cette fatale ipatipée pqf tèrçpt Ufl r ude coup à sa pantg déjà délicate. L'aveu que fit Archer à son lit de mort, qu'il ayftit ipvepté quelques pjj-cqnstanc^ , <fan$ pop ptérêt, et qu'il a*ajt aggravé le$ autres , l'explication franche que j'eus avec pa femrpq , lç pa; don putuel de nos erreurs , ne purept arrêter les progrès 4u mal. Elle poufut environ }pij; mois après cet accidept, pe pe Jajss^nt qu'une fjllç dont la bonne miss Mervyp a biep vpulp pe charger ippmenfanément. Julia fut aussj attaquée d'une ipaladie sj dangçreusç que je me yis obligé de donner ma 4épissiop > $t dç rpyçnir ep Europe , où l'air natal , le temps , et la nouveauté pes objçt? , ppt ppptribué à dissiper son chagrjp et % rétablir sa sauté.

« Maintenant que vous connaissez mou histoire, yqps pe pç dçmanderez plus la cause de ma mélancplie, yops ipe laisserez m'y livrer autant quç je le yp^f}™*- E* certainement si les éyéperoepfi ci-dessqs (jétail)és p'ppt pajf emprisonné |ç çaîicg que la forfppe et la renpmmée ip ont préparé ppur mes anpéçs 4e repps, jjs l'put bien rempli d'amertume .

t Je pourrais ajouter (('autres circonstances que notre yicux professeur eût citées comme des exemples dunjoqr de fatale. Yqu* ririez si je vous faisais connaître certaines particularités, sprtput juchant qpe je n'y ajoute aucune foi. Et cepenjlaqt , depuis mon arrivée dans la maison d'où je vous écris , j'ai appris une circonstance bierç singulière, qui nous servira de mature ppur Ppe discussion curieuse , si je m'assure de la véracité 4e ce qu'op m'a dit- Mai; en voilà qssez pour le présent. J'attepds une personne gui 4oit pe 4pq-

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