‹ Guy Patin [par] Pierre PicChapitre 10 sur 76 · Les citations de Patin que l'on rencontre dans Chéruel · texte numérisé non relu

Les citations de Patin que l'on rencontre dans Chéruel

Hist. de France pendant la minorité de Louis XIV, 3 vol.,

Paris, 1879, et sous le Ministère de Ma^arin. 4 vol., 1882)

sont tirées partie de l'édition de 1718, partie d'une édition

de 171 5.

XXXIV INTRODUCTION

La lettre XXXI de l'édition de la Haye est datée du

2 i janvier [65o et adressée à Monsieur C. S. C. M. D. R.

initiales désignent suffisamment, croyons-nous,

Charles Spon, Collegii Medici Doctor Regens. Cette

lettre occupe deux pages et demie.

Si nous nous reportons à l'édition d'Amsterdam, nous ons qu'à la date du 8 janvier i65o, Patin a écrit à Spon une lettre (n° 5i) de dix pages serrées, correspondante treize ou quatorze pages de l'édition de la Haye.

Ces deux lettres XXXI et 5i ont tant de parties communes qu'on ne peut contester qu'elles ont été bâties toutes deux avec les mêmes matériaux, l'une pouvant être d'ailleurs le document original lui-même.

Édition de ta Haye, i yo~ {Lettre XXXI).

J'ay receu votre belle et bonne lettre ; toutes nos réjouissances de la fête des Rois, ni les vins d'Espagne dont on commence à boire en ce tems ici, ne m'ont pas donné tant de plaisir que sa lecture. Elle m'a réjoui, elle m'a consolé, elle m'a instruit de sorte que je suis content de tout côté. Je suis bien aise de savoir que vous êtes né à Lyon l'an 1609, qui est une année que j'ai considérée comme fatale, car en icelle mourut un des plus savans hommes qui fut jamais, savoir Joseph Scaliger, à Leyden, âgé de 69 ans, le 18 janvier, la veille d'une éclipse.

Édition d'Amsterdam, 1718 (Lettre 5 1).

Enfin j'ai receu votre belle et bonne lettre fort désirée et avidemment attendeue le 5 de janvier, et je puis vous jurer qu'il n'y a point eu ici de vin d'Espagne si agréable en toute la fête des Rois que m'a été la lecture d'icelle ; elle m'a consolé, elle m'a instruit et enseigné, de sorte que j'en suis content de toutes parts. Et pour y répondre je vous dirai que je suis bien aise de sçavoir

INTRODUCTION

que vous êtes nai l'an 1G09 qui est une année que j'ai toujours considérée comme fatale, car en icelle mourut un des plus sçavans hommes qui fut jamais, Joseph Scanner, à Leyden, âgé de 69 ans, le 18 de janvier la veille d'une éclipse.

Si radoteur qu'on veuille supposer que fut Patin, on ne peut admettre qu'il ait écrit à Spon à treize jours d'intervalle deux lettres dont l'une n'est que l'abrégé de l'autre. Comment le plus ancien des deux documents se trouve-t-il le plus concis ? La question est embarrassante, car on ne peut admettre sans preuves positives qu'un éditeur facétieux se soit permis de délayer la prose du plus spirituel des doyens de la P'aculté de médecine; nous ne parlons ici que de la Faculté du dix-huitiéme siècle, bien entendu.

La lettre 5 1 contient d'ailleurs des détails si précis sur des faits survenus en i65o, près de soixantedix ans avant la publication, que ces faits seraient à coup sûr restés inconnus de l'éditeur d'Amsterdam s'il ne les avait trouvés mentionnés dans un document du temps. On serait donc amené ainsi à croire que van Bulderen, l'éditeur de 1707, a fait un résumé de sa façon de documents complets qu'il avait eus en sa possession, qu'il a mis ainsi en pratique la maxime adoptée par lui comme marque d'imprimeur, et dont voici la reproduction : Lege sed elige. Il est facile de vérifier d'ailleurs que cette lettre XXXI

Marque de van Bulderen.

Empruntée à l'Illustre Parisienne , histoire galante el véritable, La Haye, 17 14.

XXXV] INTRODUCTION

de l'édition de van Bulderen est la reproduction intégrale de la lettre XX des deux éditions de Jean Petit et de celle de Reinier Leers, et que, par conséquent, l'auteur du résumé, si résumé il y avait, serait Jean Petit.

Bien qu'il s'agisse donc dans ces quatre éditions de documents abrégés et fournissant par suite des éléments d'appréciation incomplets sur le style original de Patin, on constate facilement que l'esprit général n'a pas été altéré par l'intervention hypothétique des éditeurs successifs.

Poursuivons la comparaison.

La lettre XXXII de l'édition de 1707 est adressée au même Charles Spon, le 4 février i65o. Bien que très courte, elle contient des détails très typiques sur les sentiments de Guy Patin envers son beau-pére.

Il semblerait que l'édition d'Amsterdam doive nous donner sous le n" 52 la même lettre plus complète. Il n'en est rien; la cinquante-deuxième lettre est postérieure, datée seulement du ior avril i65o, et elle ne fait aucune allusion à la maladie du beau-père. La lettre XXXII du 4 février ayant tous les caractères de l'authenticité, il semble donc que l'éditeur des lettres tirées du cabinet de M. Spon s'est cru autorisé à supprimer des paquets de lettres.

Si nous comparons deux lettres à Spon du 24 mai i65o, l'une porte le n° XXXIX dans l'édition de 1 707 et le n° 56 dans celle de 17 18. La première a deux paires, la seconde plus de neuf pages serrées. Les deux lettres n'ont qu'un seul point commun. Guy Patin, dans l'une comme dans l'autre, prie Spon de lui faire envi iver un Calvinus de M. Morus. En dehors de ce détailles deux lettres sont absolument ditférentes. Quelle est des deux l'authentique ? Nous laisserons trancher la question par un plus compétent.

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