‹ Guy Patin [par] Pierre PicChapitre 11 sur 76 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

Dans l'édition de 1707, une lettre à Spon (n° XLII1 , datée du 16 août i65o,lui fait part delamortdela bellemère de Patin. «Gardez-vous bien de pleurer sa mort. ditil. elle ne l'a pas mérité, (tétait une femme fort riche et fort avaritieuse qui ne craignait rien tant que la mort. »

La lettre 61 du 26 juillet iG5o de l'édition de 1718 annonce également à Spon la mort de la belle-mére, mais avec bien plus de formes. En voici de longs fragments, car ils sont tout à fait caractéristiques de la manière de Patin.

« Ce même jour au soir, ma belle-mére. âgée de 82 ans. tomba en trois horribles accidens qui Pont mise au tombeau. Elle perdit le mouvement et sentiment de la moitié du corps du côté droit, et tôt après cette paralysie devient apoplexie.

« On accourut aussitôt à Paris me demander du secours, mais je trouvay la bonne femme aux abois, qui n'en pouvoit plus. Elle avait été saignée et vantousée en attendant ma venue, par le chirurgien du lieu, de telle sorte qu'il ne me restoit plus rien à ordonner1; aussi n'avoitelle point de force; elle était sans pouls avec un petit râlement qui étoit le combat de la nature que la violence du mal emportoit. Pugnatum est artc medendi ; exitium superavit opem, quœ victa jacebat.

« Enfin elle mourut sur le soir, fut enterrée dans l'église dudit lieu le lendemain avec beaucoup de cérémonies, ut fit apud nos2 fort inutiles, et superllues, utpote quœ potins ad morem, quam ad rempertineant'6.

1. Guy Patin approuvant la thérapeutique d'un chirurgien '. On voit bien qu'il s'agit ici d'un frater de village ne gênant pas les docteurs parisiens, et d'ailleurs il ne soignait que la belle-mère et celle-ci meurt. Tout était donc pour le mieux.

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