Spon était huguenot. Nos désigne les catholiques
3. Ad morem quam ad rem. Patin joue plus volontiers sur les mots en latin qu'en français.
VWYIII INTRODUCTION
«. Nous ramenâmes ici le lendemain le bon homme son mari, qui est plus décrépit qu'elle, combien qu'il soit de plusieurs années moins vieux; ad dementiam senilem propè reductus, miseram vitam trahit. On nous fait espérer qu'après sa mort nous aurons une grosse succession. Quod utinam tandem contingat !
« On nous fait ici de grands habits de deuil à la bourgeoise, quod invitus patior, mais c'est qu'il faut hurler avec les loups et badiner avec les autres. Non minima pars est humanœ sapientiœ posse pati ineptias humanas, et ceux qui ne peuvent s'y accoutumer ou ranger n'ont qu'à faire comme ma belle-mère, eo migrandum est undè negant redire quemquam.
« C'étoit une excellente femme dans le soin du ménage et dans la peine qu'elle y a prise. Pour sa grande économie il eut mieux valu que son mari fût allé le premier, mais sic plaçait super is, quœrere plura nefas. Je ne me sçaurais donner la peine de la pleurer beaucoup, vu qu'elle étoit trop vieille et trop souvent malade. »
Cette lettre est, avons-nous dit, du 26 juillet. Il est logique de penser que Spon a répondu par le retour du courrier pour envoyer ses condoléances au gendre et que Patin a répliqué le 16 août : « Gardez-vous, etc.. » Or cette lettre du 16 août est absente de l'édition d'Amsterdam.
Par contre, on en trouve une du 12 août, qui ne fait pas d'allusion aux condoléances de Spon ; elles n'auraient pas eu le temps de parvenir à Paris. La lettre suivante n'est pas datée, mais elle dit expressément que la dernière envoyée est du 12 août, et ne souille pas mot de la mort delà belle-mère. La lettre du 16 août (n° XLIII) serait-elle apocryphe ? En tout cas, l'éditeur de 1707 la donne bien comme adressée à Charles Spon et non à un autre, tel que Falconet.
INTRODUCTION XXXIX
Les lettres XVI de l'édition de 1707 et 36 de l'édition de 1718, adressées l'une et l'autre à Spon le 14 may 1649, portent sur les mêmes sujets, mais sont cependant tout à fait différentes. La lettre XVII de l'édition de la Hâve, très importante, manque dans l'édition d'Amsterdam.
En poursuivant cette comparaison, je crus un instant avoir mis la main sur la preuve d'altérations singulières dans l'édition de van Bulderen.
Dans sa lettre du 21 septembre 1666, Patin fait part à Falconet de la mort du lieutenant civil de la Ville et Vicomte de Paris, D'Aubray, tué par deux prises de vin émétique.
Le 18 juin 1670, Patin annonce de nouveau au même Falconet, dans des termes presque identiques, que le lieutenant civil de la Ville et Vicomte de Paris, D'Aubray, vient de mourir de la main des Antimoniaux.
Cette coïncidence était si curieuse -que je crus d'abord à l'existence de ce que les imprimeurs appellent un doublon. J'allais donc conclure à la transposition d'une même lettre, transposition qui dénonçait une supercherie, tout au moins une négligence de l'éditeur. Mais je fus pris de scrupules et j'exposai mon cas à AL Paul Cottin, bibliothécaire à l'Arsenal, en le priant d'éclairer ma lanterne avec sa coutumière obligeance.
Voici la lettre que j'ai reçue de lui aussitôt.
« Cher Monsieur,
« Je lis dans la Galette de France :
1666. — Le sieur Dreux d'Aubray, conseiller du Roi, maître des Requêtes honoraire, et lieutenant Civil en la Prévôté et Vicomte de Paris, mort le 16 sep-
XL INTRODUCTION
tembre 1666, après irois jours dé maladie, âgé de
- \ ans.
1(170.— Antoine d'Aubray, comte d'Offemont,
maître des requêtes et Lieutenant Civil en la Prévôté et
»mté de Paris, mort le 17 juin après i5 jours de
maladie, âgé de trente-sept ans et six mois.
C'est ainsi qu'en histoire les choses invraisemblables se trouvent quelquefois être vraies. »
Je suis fort reconnaissant à M. Paul Cottin de m'avoir gardé de formuler une conclusion qui m'aurait valu peut-être des brocards.
Rencontre bien curieuse ! C'est le Gazettier, c'est E. Renaudot, c'est l'ennemi juré du vieux doyen, qui vient ici prendre la parole pour disculper l'éditeur de sa correspondance d'une apparente supercherie !
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J'en étais là de mes hésitations lorsque j'appris, grâce à l'obligeance du docteur Lucien Hahn. que la Bibliothèque de la Faculté de Médecine possédait en manuscrit toute une série de lettres de son ancien doyen.
J'entrevis aussitôt le moyen de juger sur pièces si l'original avait été châtré ou dilaté.
Vain espoir! Le manuscrit n° 237 contient bien, comme pièce de résistance, 459 lettres de Patin, mais ce sont des lettres latines adressées, entre le 26 mars [652 et le 4 avril 1660, à des savants étrangers, dont les plus notables sont Thomas Bartholin de Copenhague, Meibomïus et Van der Linden de Leyde, Scheffer de Francfort, Gaspard Bauhin de Bâle, Wolkamer de Nuremberg.
THOMAS BARTHOLINUS, Casp.Iu. D.
MED. itANATOM. IN ACADEM. HAFNIENSI
PROFESS. REGIUS. Mtatls 35. A". lo'ji.
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Voici le fac-similé de la première page de ce recueil manuscrit.
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