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être la raison de ce silence ? Le motif de la condamnation ne pouvait être infamant, car les accusateurs n'auraient pas manqué en tel cas de le rendre public. Il faut même penser qu'il n'y avait aucune chance de pouvoir égarer l'opinion sur ce point, car on n'eût pas failli à le tenter.
N'est-il pas plausible que le beau Carolus, vrai miroir à précieuses, osa un jour lever les yeux sur un objet interdit, de par la faveur royale dont jouissait cet objet ? Cela donnerait une explication de ce silence que ne rompit jamais l'exilé et de la grâce que quelques années plus tard, en 1681 (l'objet avait peut-être alors cessé de plaire), Louis XIV fit offrir à Charles Patin.
Cette grâce n'avait pas été sollicitée ; elle se vit fièrement refusée : « De quelle grâce veut-on me parler, répondit le jeune professeur de Padoue ? Je ne connais pas mon crime. »
Est-il vraisemblable que si le Roi-Soleil n'avait pas été intéressé personnellement en cette affaire, il se fût préoccupé d'offrir cette grâce ?
Quand il s'agissait du pouvoir royal, l'impitoyable satirique montrait la prudence du serpent. « Aujourd'hui au matin, ce 22 septembre, écrit-il à Falconet quelques mois après le départ de son fils, M. de Montespan, gendre de M. le marquis de Mortemart, a été par le commandement du Roi mené prisonnier dans le For l'Evèque, pour avoir désapprouvé le choix que le Roi a fait de M. de Montozier pour être gouverneur de M . le Dauphin. »
Guy Patin semble ici faire bien inutilement la bête. Tout Paris connaissait les motifs de l'arrestation du mari de la favorite, coupable seulement d'un surprenant et tardif défaut de complaisance.
Si l'on pouvait tirer quelque déduction de la personnalité du metteur en scène de l'inique condamnation
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INTRODUCTION LUI
de Charles Patin, Colhert, il ne serait peut-être pas hors de propos de rappeler une circonstance que <Juy Patin signale dans une lettre du 18 mars [671. « Mad. La Vallière s'étoit retirée dans une Religion de filles à Chaïlot ; mais le Roy l'a envoyé quérir par trois fois; enfin elle en est sortie et c'est M. Colbert, qui l'a été quérir de la part du Rov, qui l'a ramenée à la Cour. Avant lui c'étoit M. le Marquis de Bellefonds, et M. de Créqui, qui n'avoient pas eu le crédit de la tirer et faire sortir du Monastère de la Visitation. Elle est donc maintenant à la Cour. »
Si Colbert était à l'occasion chargé de missions de ce genre, c'est peut-être dans un cas de même nature qu'il s'était acharné après le beau Carolus. L'hypothèse d'une histoire de femme ne parait donc nullement absurde. Remarquons d'ailleurs que l'exil de Charles Patin coïncide avec le début de la faveur de la Montespan (1668) et que l'offre de sa grâce s'est produite exactement à l'époque où la favorite dut baisser définitivement pavillon devant la veuve Scarron (1681).
Charles Patin avait quitté la France en février 1668. La sentence du Châtelet qui le condamna ne sortit définitivement que le 14 août; mais elle confirmait la condamnation du 25 mars 1668.
Mon ancien confrère, Paul Delalain, qui dirige avec tant de zèle et d'érudition la Bibliothèque technique du Cercle de la Librairie, a eu l'obligeance de me communiquer les extraits d'un dossier de la Bibliothèque Nationale. La pièce 177 du dossier Ms.fr. 220.S7 est la Sentence de la Police du Châtelet contre le Sieur Patin : sans surcharger notre texte du libellé de cet arrêt dont la plus grande partie est de forme, signalons que « Charles Patin y est déclaré dûment atteint et convaincu d'avoir fait venir des pays étrangers et fait commerce de plusieurs exemplaires de livres, aucuns contrefaits, d'autres