‹ Guy Patin [par] Pierre PicChapitre 16 sur 76 · LIV 1MR0DUCTI0N · texte numérisé non relu

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défendus, et d'autres qui sont libelles dilfamatoires contre les intérêts du Roi et de l'État. Pour réparation de quoi il a été condamné à faire amende honorable au devant de la principale porte de l'Eglise de Paris; ce fait mené et conduit à la chaîne pour y être attaché et servir le Roi comme forçat en ses galères à perpétuité si pris et appréhendé peut-être; sinon par effigie attaché à une potence qui pour cet effet sera plantée en la place de Grève; tous ses biens acquis et confisqués à qui il appartiendra. »

Le même dossier comprend une pièce qui fait voir Guy Patin sous un aspect très neuf, celui de contrebandier en librairie. C'est un procès-verbal de saisie sur les sieurs Guy et Charles Patin.

Les deux docteurs régens, accompagnés de quelques complices, avaient été en carrosse au Bourget prendre livraison en un cabaret d'un paquet de contrebande. Probablement dénoncés, ils furent arrêtés et conduits à la maison de la Douane, rue Saint-Martin ; on éventra le paquet et l'on constata qu'il s'agissait de livres contrefaits ou défendus. Guy Patin profita d'un moment d'inattention des gens du fisc pour se saisir de 5o exemplaires des premières feuilles de l'Histoire amoureuse des Gaules qu'il alla incontinent jeter dans les latrines; mais il fut surpris.

On fit mander les gens des basses œuvres et ils retirèrent les volumes pleins d'ordure.

Dans le paquet de contrebande se trouvaient, d'après le procès-verbal de saisie, des Lettres Provinciales, du Journal des Savons, 12 exemplaires de l'Histoire des amours de Henri IV, 92 exemplaires de Rabelais en 2 volumes, 100 exemplaires de Rome pleurante, S du Roman comique de Scarron, etc.

Par arrêt du Conseil du 17 juillet [669, les livres saisis furent confisqués pour moitié au profit de la

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Communauté des libraires. On s'explique que Patin dise que «les libraires de deçà sont de misérables bons à rien » et qu'il ne connaît pas « de plus puans menteurs que ces gens-là ' ».

Patin était d'ailleurs un récidiviste, car déjà le i5 septembre [666 en avait saisi « sur les sieurs Guy Patin et Charles Patin des livres de contrebande ».

Le 27 juillet 1667 on avait saisi et confisqué des livres adressés à Guy Patin dont 5o Hoffmanni Opéra Omnia « destinés non pour présens, comme il le dit, mais pour vendre, à son ordinaire».

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Cette parenthèse fermée, poursuivons l'examen du manuscrit 2^7.

A la suite des brouillons des lettres latines de Patin, on trouve dix-neuf pièces autographes que Sue qualifie de consultations et dont certaines paraissent être en effet des copies de consultations contresignées de Piètre, de Riolan, de Courtois, mais parfois de la main de Patin seul.

Sue déclare qu'elles sont très difficiles à déchiffrer et il est très vraisemblable en effet qu'il ne les a pas lues, car beaucoup de ces pièces, aussi lisibles que les 45g lettres, ne sont nullement des consultations, mais de simples notes.

Sue vint à bout, dit-il, d'attraper le sens de quelquesunes.

« Dans la huitième, ajoute-il, il s'agit d'une sorte d'impuissance qui vient a frigidis et minimum arrigentibus. Patin propose à ce sujet plusieurs remèdes échauffans et il donne le conseil d'éviter les farineux

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