V1 INTRODUCTION
parce qu'ils procurent beaucoup de vents et empêchent l'érection. »
Un bibliothécaire de l'École de Santé n'aurait dû rencontrer aucune difficulté à lire ces textes. S'il eût pris la peine de déchiffrer cette huitième pièce, il aurait vu qu'elle est intitulée : Consilium ad frigidos et minime arrigentes. Ce sont des Conseils aux hommes affaiblis.
Patin recommande le bouillon de veau, de poulet, les crêtes et les rognons de coq, les pâtés de pigeons farcis avec des artichauts et de la moelle ; comme légumes il conseille les pois, les fèves fraîches, les carottes, les navets, les raiforts, les choux, les oignons, les châtaignes qui, tant par leur tlatuosité propre que par leur assaisonnement, flatibus penem distendant et ad )'enerem stimulant. Conclusion directement contraire à l'interprétation de Sue.
L'usage du citron doit être évité; il faut assaisonner les mets de vin, de cannelle, de poivre; la racine fraîche de gingembre confite dans le miel produit des effets merveilleux. Le cresson alénois, la ciboule, l'ail et la coriandre sont à recommander.
On rencontre aussi, au milieu de ces soi-disant consultations latines, une note en français sur la syphilis, écrite à ce qu'il semble de la main de Patin et qui est assez intéressante à reproduire '.
« La maladie vénérienne que l'on appelle vérole vient toujours de cause externe à sçavoir d'attouchement et le plus souvent d'attouchement impur : elle a beaucoup de similitude avec l'éléphantie et de nature et de remède; elle n'est maladie simple et solitaire, ains accompagnée de beaucoup d'accidens douloureux et scabieux ; du commencement elle est particulière, mais
i. Voir 5 VI, lettre du 21 juin 1 655. Patin avait fait un traité De Elephantiasi.
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enfin clic se rend, par continuation et propagation du mal, générale à tout le corps.
« Car estant contagieuse, elle se campe premièrement aux parties habituelles et superficielles, et estant vénérienne elle infecte et assèche les parties nobles, mais plus évidemment le foye pour la familiarité et sympathie qui est entre les parties génitales et intestines et en après le cerveau, pour ce que le cerveau est de nature plus spirituelle et cérébrale.
« Le sang, comme les plus altérables des humeurs, sont les premières atteintes de ce mal qui fait que du commencement se montre par efflorescences et pustules tant charneues que crousteuses et tout en la circonférence du corps et qu'il est plus obéissant aux remèdes ; enfin il gaigne l'humeur phlegmatic pour la similitude qu'il a avec le sang, infectant par ce moyen les parties plus solides qui se nourrissent de tel suc et par conséquent se rendent plus rebelles à lacuration.
« Les signes de cette maladie se tirent tant de ce qui a précédé, que de ce qui est survenu, car avoir cerché le mal par accointance impure, fréquente et indiscrète, est signe que l'on l'a trouvé, ce qui est confirmé par la survenue d'ulcères aux parties génitales, qui ou guériront par raison ou ne guériront par raison, ou une fois guéries retourneront sans occasion de quoy davantage, la cheute du poil et exanthèmes par le corps, douleurs nocturnes vagues ou fichées en la substance des os, Liommositez es parties nerveuses, nodositez es osseuses.
« La faim, que d'un mot trop général on appelle diète, n'est pas toujours propre à ce mal, ains fort contraire es corps secs et bilieux tant par la nature que par accidens et imparfaite curation, par quoy le meilleur en ce cas est d'humecter tant en qualité par dehors, qu'en substance par dedans, et comme ce mai est vénéneux aussi requiert-il remèdes spécifiques entre