G1 ERRE \ L'ANTIMOINE
mauvaise disposition des viscères qu'un vieux et opiniâtre rhumatisme lui avoit laissées et qui n'a pas pu être corrigé par le régime de vivre, les purent ions, ni les eaux minérales.
Il a été visité par M. Brayer et après par Renaudot qui l'a achevé. Ce pauvre homme atténué et desséché n'avoit pas besoin de vin émétique qui lui a coupé la gorge sans épée.
^ // janvier iGji . — On fait voir ici au sot peuple de Paris le cadavre de feu .Mgr l'archevêque, qui y court comme au feu. ou comme s'il y avoit des pardons à gagner d'avoir vu le visage fort bouffi d'un archevêque mort pour avoir pris trois fois du vin émétique.
<=$» 10 août i6yi. — Un de nos médecins, Fabien Perreau, âgé de 33 ans, est mort d'une fièvre continue malicieuse qui lui est venue du mauvais air de l'Hôtel-Dieu où il étoit médecin.
Il a été saigné douze fois, mais ce qui luy a bien aidé à mourir ont été trois jeunes médecins de ses amis qui lui ont fait prendre plusieurs verres d'eaude casse dans lesquels, par une finesse ridicule et même punissable, on faisoit mettre quelque once de vin émétique, pur poison en cette conjoncture '.
<=8» 7 septembre iGji . — M. de Lionne, secré-
i. Comme Patin s'amendait avec l'âge '. Pur poison en cette conjoncture! 11 était donc d'autres conjonctures où le vin émétique n'était pas du poison.
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taire d'État, est mort le premier de septembre avec plusieurs doses de vin émétique. C'est le passe-port de ceux qui ont hâte d'aller en l'autre monde.
«=ft> 6 octobre i6yi. — Eusèbe Renaudot a eu raison d'appeler son livre /' 'Antimoine triomphant ',
car pour triompher il falloit en avoir tué pour le moins 6.000. Ainsi a fait l'antimoine et par delà avec son écrivain et sa séquelle, qui sont plusieurs taux-frères gagnez par les apoiicaires qui enragent que le peuple connoisse la casse, le séné et le sirop de roses pâles, dont il est tort soulagé.
Je ne saurois soulî'rir cette tirannie qui nous fait passer pour des coupeurs de bourses. Pour souffrir cela il faut avoir une âme vénale et aussi mal faite qu'un apoticaire, qui étoit défini par Al. Hautin : Animal fourbissimum, faciens bene partes et lucrans mirabiliter.
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