DROGUES DIVERSES DÉCRIÉES
fois des attractifs puissants, et je ne me ferois saigner que pour la douleur, la lièvre ou la pléthore.
<=S» 27 juin i65i. — Apprenez-moi donc en quelle province est Vichy, à combien de Lyon, et quelles eaux ce sont : vitrioleuses, ferrées, bitumineuses, nitreuses ou sulphurées.
^ 25 novembre iG53. — Les calculeux. dit Pline, doivent s'abstenir de ces eaux métalliques. Pline s'est trompé là aussi bien qu'ailleurs quand il s'est mêlé du métier d'autrui.
Les eaux de .Sp a sont légèrement diurétiques, mais elles ne sont guère ordonnées que contre les chaleurs d'entrailles, qui est fort souvent la vraye et première cause de la pierre. Si bien que les eaux métalliques peuvent être bonnes à la cause du mal, mais non pas au mal qu'elle a produit.
Je suis d'accord avec Pline lorsqu'il dit qu'elles chassent la fièvre tierce, vu que sur la fin de telles maladies, ces eaux peuvent servir après que le malade est très bien purgé et vuidé. Le plus souvent ce remède n'est qu'une amusette pour occuper les convalescens.
<=§=» 3o décembre i653. — Cette poudre de kinkina n'a par deçà aucun crédit. Les toux y ont couru parce qu'on la vendoit bien cher, mais l'effet ayant manqué on s'en moque aujourd'hui.
J'avois traité une fille delà fièvre quarte si heureusement que l'accès étoit réduit à deux heures seulement. Sa mère, impatiente, ayant entendu le
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bruit que faisoit cette poudre des Jésuites, en acheta une prise quarante francs, dont elle avoit grande espérance à cause du grand prix. Le premier accès après cette prise fut de 17 heures et beaucoup plus violent qu'aucun autre qu'elle eut eu auparavant. Aujourd'hui cette mère a peur de la fièvre de sa fille et a grand regret de son argent. Cette poudre est fort chaude et ne purge en aucune façon. Ils disent qu'elle est diaphorétique. Ce sont des fictions aussi bien que tout ce qu'on dit de la chair des vipères, dont peu de gens se servent si ce n'est les suppôts des Apoticaires.
=fo 6 mars 1654. — Hier au matin M. de Gorris trouva sa femme morte dans son lit ; elle avoit 60 ans. Tout l'hiver elle avoit été travaillée d'une triple quarte, pour laquelle chasser elle avoit pris du quinquina, dont elle se croyoit guérie. Je pense que cette poudre Loyolitique lui a abrégé ses jours, ex nimio fervore '.
1. M. Patin a beau dire, le quina-quina est un bon fébrifuge. C'est l'écorce d'un arbre qu'on trouve dans la province de Quito en Amérique : cet arbre n'est pas grand, ses feuilles ressemblent à celles des pruniers : elles n'ont aucune vertu, non plus que le bois. La résine qui en coule et les graines que cet arbre produit chassent la lièvre aussi bien que l'écorce. Les Amériquains découvrirent ce remède l'an iù\£> à la comtesse del Cinchon. femme du vice-roi du Pérou, qui avoit la lièvre : elle fut aussitôt guérie. En 1649. la réputation de ce remède s'est répandue en Espagne, en Italie et à Rome par les soins du cardinal de Lugo et des autres Jésuites, ce qui a fait qu'on rappellepoudre des Jésuites. (Naudœana, p. 120.)
Comme on le voit, l'utilité du quinquina était encore
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<=$fc» ig octobre i655. -Le Roi est à Fontainebleau, malade d'une lièvre continue pour laquelle il a été saigné des hras et du pied. Ce mal a succédé à l'usage des eaux de Forges, desquelles il n'avoit point de besoin; mais les .Médecins de Cour ne savent que (aire pour se faire payer de leurs gages.
«$=> 3 mars i656. — Les eaux de Sainte-Reine ne font point de miracles. Si les médecins de Beaune en ont dit plus de bien qu'il n'y en a, c'est qu'ils tâchent de mettre en crédit les eaux de leur païs.
/" août i656. — Notre M. Alain, paralitique depuis un an, a été à Bourbon et en est revenu aussi malade qu'il y étoit allé.
Je trouve tous les jours des exemples qui me confirment dans l'opinion de feu M. Nicolas Piètre que: aqmv illœ medicatœ plus habent celebritatis quant salubritatis '. Je n'en fais point état: Kallope a eu raison de dire que : Curatio per fontes mctallicos est curatio for tuita et remedium empiricum.
discutée, puisque Patin ne pouvait se mettre d'accord à cesujet avec son bon ami Naudé.
Le 3 lévrier i656, François Boujonier soutenait une thèse concluant : Ergo Febribus intermittentibus inutilis Chinchince pulvis.
Par contre, Louis Gallais concluait dans sa thèse du 3i janvier 1 658 : Ergo febri quartanœ peruvianus cortex.