‹ Guy Patin [par] Pierre PicChapitre 39 sur 76 · V. Documents d'ordre médical · texte numérisé non relu

V. Documents d'ordre médical

(La Faculté — Autopsies ' — La Taille)

21 avril 1643. — Julian Paumier étoit un Normand dessalé qui se vantoit que Ferncl en mourant lui avoit commis force secrets. Vous sçavez mieux que moi qu'un homme qui est Normand de nation et médecin de profession a deux puissans degrés pour devenir charlatan.

Le cidre, vulgo pomaceum, n'étoit pas une chose fort connue à Paris de son temps, ou tout le monde beuvoit du vin à fort grand marché. Du temps de Henri III on croyoit à Paris que c'étoit une espèce de punition aux Normands qu'ils ne heuvoient que du cidre.

1. Il est curieux de noter dans la correspondance de Patin combien fréquemment les autopsies étaient pratiquées au xvii- siècle. Était-ce, comme me le disait Farabeuf, pour rechercher les cas d"empoisonnements que l'on soupçonnait, mais qu'on était alors hors d'état de constater scientifiquement?

Ce Normand rafiné, voyant que le peuple ne connaissoit pas cette liqueur, en faisoit venir par bouteilles en cette ville, dans lequel il faisoit tremper du séné, et ainsi en faisoit des Apozèmes laxatifs et de petites médecines qu'il vendoit un écu pièce comme un grand secret.

i (j juin 1643. — Le roi défunt mourut à Saint-Germain le jeudi, jour de l'Ascension, à deux heures trois quarts après midi.

Il fut ouvert le lendemain sur les dix heures du matin : on lui trouva le foye tout desséché comme aussi étoit toute l'habitude du corps ; un abcès crevé dans le mésentère, de îa largeur d'un fond de chapeau, avec quantité de pus épandu dans le cœcum, côlon et rectum, qui en étoient tout gangrenez. Le pus en étoit un peu verdàtre et fort puant.

Il avoit vuidé quelques vers durant sa maladie ; on en trouva encore un grand dans son ventricule, avec cinq petits qui s'y étoient engendrez depuis peu par le lair, avec horrible quantité du sucre qu'il a pris durant sa maladie, reclamantibus licet et repugnantibus medicis, auxquels il n'a presque point cru en toute cette dernière maladie. Il avoit aussi les deux poumons adherans aux côtes, et un abcès dans le gauche avec beaucoup de serositez dans la poitrine.

Voilà tout ce qui s'en est dit et dont tout habile homme peut mourir.

<=§» 12 décembre 164.3. — Rien n'est arrivé ici

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