Patin était bien curieux de s'instruire en voyageant
■2. Il faut croire que l'avortement provoqué sévissait d é j à au dix-septième siècle, du moins dans la haute classe. Nil xub sole novum.
DOCUMEN IS HISTORIQUES
hier une pilule de la main d'un gentilhomme nommé de Plainville, avec laquelle il a dormi trois heures. Il est fort dégoûté des médecins, mais il a autour de soi en récompense six docteurs de Sorbonne qui lui font connaître les voies du ciel et lui parlent du Paradis.
Il ne prend plus de lait, ni de bouillon, ni de gelée, mais seulement des consommés faits d'une douzaine de perdrix à la fois, qui coûtent quatre francs la pièce, car elles sont fort rares ici.
<=§» 4 mars 1 661 . — Je n'ay encore rien ouï dire des religieuses d'Auxonne, mais il y a environ deux mois que je donnai des mémoires pour un médecin de Dijon contre quelque prétendue possession démoniaque de ces païs là. Je hais tort l'imposture en quelque rencontre que ce soit, mais surtout celle qui se fait en matière de religion. Le diable n'est pas à Auxonne plus qu'ailleurs.
Ceux qui se plaignent ici du cardinal Mazarin disent que le diable est au bois de Yincennes, mais qu'il se meurt.
7 mars 1661. — On dit ici qu'il y a plus de 4 jours que le diable auroit emporté le Mazarin, mais qu'il ne sçait par où le prendre tant il pue et que l'autre a peur que le Mazarin lui donne la peste par la puanteur de son corps s'il le touche. Ce serait bien pis s'il étoit informé de la puanteur de son àme.
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o mare /6'6'/. — On ne parle plus de la mort de Mazarin.
Il est passé, il a plie bagage Il est en plomb l'éminent personnage ■
.Mais on parle de son testament et de ses écus, et on est en peine de celui qui lui succédera en sa toute-puissance politique et financière.
On dit qu'il a légué deux millions pour faire bâtir un grand collège dans lequel seront instruits les pauvres gentilhommes des quatre Nations (je pense que c'est comme l'Université à Paris ou à Nevers), qu'il sera enterré dans l'église de ce collège.
Peu importe où on l'enterre pourvu qu'il ne dérobe plus et qu'il ne tyrannise plus le monde comme il a fait trop longtemps.
<s§o /er avril 1661 . — On fera demain dans les Augustins le service pour le repos de l'âme de Mazarin. Ce filou à rouge bonnet en avoit-il une ?
<^» i y juin 1661. — Les pauvres Normans ont envoyé deux députés à la Cour, pour faire très humbles remontrances au roy sur l'énormité de leurs tailles. Cette province n'en peut plus tant elle est opprimée d'impôts et de gabelles. Pour la taille seuieelle paye tous les ans huit millions au