‹ Guy Patin [par] Pierre PicChapitre 56 sur 76 · Patin en a dc:jà dit autant de Richelieu. Voir plus haut · texte numérisé non relu

Patin en a dc:jà dit autant de Richelieu. Voir plus haut

roy, sans le trafic qu'ils font de tant d'autres marchandises qui payent au roy des sommes immenses.

Les autres provinces ne sont guère mieux traitées. II y a bien des Normans qui chassent leurs entansde la maison, n'ayant point de pain à leur donner. Ce sont des restes du gouvernement Mazarinesque.

2 septembre 1661. — On parle que le roi veut augmenter le prix du sel et les entrées du vin, non seulement à Paris, mais par toute ia France. On dit que c'est M. Fouquet, le surintendant, qui est l'autheur de tous ces malheureux avis, d'autant qu'il ne peut autrement subsister dans sa charge, vu que du temps de Mazarin, il n'avoit qu'à donner au Mazarin, lequel tiroit tant qu'il pouvait ' ; mais aujourd'hui il faut qu'il donne au roi, à la reine, et encore bien plus à la reine-mère, sa bonne patronne qui le maintient et le conserve contre ses ennemis et envieux : on dit même qu'il est obligé de faire de grands présens à ceux qui sont auprès d'elle et surtout à Mme de Beauvais -, qui est une harpie, et à plusieurs autres.

Les pauvres gens n'ont que faire d'attendre du

1. Six jours après, le X septembre. Fouquet était arrêté et conduit prisonnier au château de Nantes. Les scellés étaient mis dans ses maisons de Fontainebleau, de Paris, de Saint- Mandé, au château de Vaux.de même que dans les maisons de tous ses commis.

2. .Mme de Beauvais, femme de chambre de ia Reinemère, qui sut, dit-on, la première attirer le roi dans une voie où il lit merveille par la suite.

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soulagement, aussi meurent-ils par toute la France de maladie, de misère, d'oppression, de pauvreté et de désespoir. Eheu nos miseras ! à miseram Gallia m !

Je pense que les Topinambous sont plus heureux en leur barbarie, que ne sont les paisans de France aujourd'hui : la moisson n'a pas été bonne: le blé sera encore fort cher cette année.

On dit que le Roy a un grand caveau dans lequel il serre volontiers ses pistoles, d'où il n'aime point ne rien tirer. Il dit que quand cecaxeau sera plein, il en fera faire un autre.

<=S~ 6 décembre 1661 . — Le roi prétend par la Chambre de justice ' rentrer dans son domaine : donc je prie Dieu qu'il lui en fasse la grâce afin que le pauvre peuple puisse être soulagé de tant devexations que la guerre a apportées. Le pain est ici si déraisonnablement cher, que l'on craint une sédition du peuple, et ce sera bien pis dans quinze jours s'il ne vient de secours pour l'hôpital général qui n'a plus de blé, et à la nécessité duquel les directeurs ne peuvent trouver du remède. Il est vrai que M. le premier président leur a piété 10.000 écus mais cela ne peut guère durer.

•=$=> y février 1662. — On imprime en Hollande les Mémoires de M. le duc de la Rochefoucault ; la guerre de Paris est dans ce livre, et le Mazarin n'y est point épargné, qui a néanmoins cet avantage

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