SCENE II GWENDOLINE
Je ne puis.
Ne m'interroge pas, et fuis 1
HAliALD très doucement
Chère âme, un fol effroi L'abuse.
Mes vieux compagnons sont en bas ; Contre la vigueur de leurs bras Que pourrait la force ou la ruse ?
Un chant, rude, monte des salles inférieures.
Écoute-les 1
LES UOMMES DANOIS
Après la guerre et les butins Les Coureurs de mer n'ont pas d'heure Meilleure Que Iheure des festins !
à part, pendant le chœur
Sans doute, ils sont nombreux et veillent sur leurmaître; Mon père n'est pas le plus fort ;
Et peut-être Mes alarmes ont-elles tort ?
BARALD
Viens ! quittons les sombres chimères 1 Cueillons les heures éphémères
Du bonheur souriant.
La rougeur sur ton front se lève, Comme l'aurore sur la ^Tève De Torient.
Il la presse entre ses bras.
qui résiste moins, envahie d'une douceur
Harald ! Harald ! j'ai des craintes dans l'âme !
HARALD
aisse-moi respirer le miel de tes cheveux ! Viens sur mon cœur, ô jeune femme !
Violemment
Je le veux !
abandonnée
Tu le veux ?
HARALD
Je ne savais pas que l'on aime.
Je te dois la douceur suprême
Et le ciel d'êlre deux !
Dur glacier qu'un rayon caresse Mon âme défaille en ivresse Sous tes chers yeux !
scÈ.Nt: II Sd
Harald! ce sont les yeux qui sont de flamme!
DARALD
Laisse-moi respirer le miel de tes cheveux ! Viens sur mon cœur, ô jeune femme 1 Je le veux !
Tu le veu.x ?
UARALD, GWENDOLINE enlacés, comme ea rêve
Soir nuptial, délice Profond Où notre âme se pâm:' et glisse Et fond !
Dans le ciel inflni de l'amour pur et beau, Nos deux cœurs sont les deux ailes d'un même oiseau !
Long silence. Puis des cris de détresse s'élèvent des salles inférieures, avec des bruits de luttes et de tables renversées.
LES IIO.MMES DANOIS
Harald ! Harald ! alerte 1 alarmes !
Harald! à moil je suis trahi!
Ils nous frappent avec nos armes, Lâcheté! forfait inouï!
UARALD formidable
Mes amis ! on les lue !
0 mes justes alarmes!
HARALD
se précipitant vers la porte
Me voici! me voici!
S'arrétant.
Grands dieux ! comme eux je suis sans armes.
lui donnant le couteau qu'elle a reçu d'Armel-
Prends celle-ci !
UARALD
Gwendoline, un baiser!
Il l'embrasse éperdument, et se rue au dehors.
GWENDOLINE le suivant de ses bras tendus, puis tombant sur la couche
S'il meurt, mourir aussi !