‹ Gwendoline; opéra en trois actes [de] Catulle MendèsChapitre 27 sur 34 · SCENE II GWENDOLINE · texte numérisé non relu

SCENE II GWENDOLINE

Je ne puis.

Ne m'interroge pas, et fuis 1

HAliALD très doucement

Chère âme, un fol effroi L'abuse.

Mes vieux compagnons sont en bas ; Contre la vigueur de leurs bras Que pourrait la force ou la ruse ?

Un chant, rude, monte des salles inférieures.

Écoute-les 1

LES UOMMES DANOIS

Après la guerre et les butins Les Coureurs de mer n'ont pas d'heure Meilleure Que Iheure des festins !

à part, pendant le chœur

Sans doute, ils sont nombreux et veillent sur leurmaître; Mon père n'est pas le plus fort ;

Et peut-être Mes alarmes ont-elles tort ?

BARALD

Viens ! quittons les sombres chimères 1 Cueillons les heures éphémères

Du bonheur souriant.

La rougeur sur ton front se lève, Comme l'aurore sur la ^Tève De Torient.

Il la presse entre ses bras.

qui résiste moins, envahie d'une douceur

Harald ! Harald ! j'ai des craintes dans l'âme !

HARALD

aisse-moi respirer le miel de tes cheveux ! Viens sur mon cœur, ô jeune femme !

Violemment

Je le veux !

abandonnée

Tu le veux ?

HARALD

Je ne savais pas que l'on aime.

Je te dois la douceur suprême

Et le ciel d'êlre deux !

Dur glacier qu'un rayon caresse Mon âme défaille en ivresse Sous tes chers yeux !

scÈ.Nt: II Sd

Harald! ce sont les yeux qui sont de flamme!

DARALD

Laisse-moi respirer le miel de tes cheveux ! Viens sur mon cœur, ô jeune femme 1 Je le veux !

Tu le veu.x ?

UARALD, GWENDOLINE enlacés, comme ea rêve

Soir nuptial, délice Profond Où notre âme se pâm:' et glisse Et fond !

Dans le ciel inflni de l'amour pur et beau, Nos deux cœurs sont les deux ailes d'un même oiseau !

Long silence. Puis des cris de détresse s'élèvent des salles inférieures, avec des bruits de luttes et de tables renversées.

LES IIO.MMES DANOIS

Harald ! Harald ! alerte 1 alarmes !

Harald! à moil je suis trahi!

Ils nous frappent avec nos armes, Lâcheté! forfait inouï!

UARALD formidable

Mes amis ! on les lue !

0 mes justes alarmes!

HARALD

se précipitant vers la porte

Me voici! me voici!

S'arrétant.

Grands dieux ! comme eux je suis sans armes.

lui donnant le couteau qu'elle a reçu d'Armel-

Prends celle-ci !

UARALD

Gwendoline, un baiser!

Il l'embrasse éperdument, et se rue au dehors.

GWENDOLINE le suivant de ses bras tendus, puis tombant sur la couche

S'il meurt, mourir aussi !

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