EXPLICATION DES MOUVEMENS PRÉPARATOIRES
Position (2).
Au commandement placez-vous , tous les élèves s avancent sur une meme ligne, en conservant entre
(1) Barthez.
(2) Lorsque I on est. dans le cas d’instruire beaucoup d’élèves , il est indispensable d’établir une discipline et des commandemens militaires, alîn de pouvoir faire exécuter en meme temps la plupart des exercices élémentaires. Or, quand on se propose de faire ces exercices dans une chambre , il faut se munir de souliers de crins.
ÉLÉMENT A IRE. 45
eux une distance de la longueur du bras. Au commandement alignez-vous , chaque élève pose la main droite sur l’épaule gauche de son camarade, en allongeant ce bras de toute sa longueur , et tourne la tête à droite. Au commandement fixe , tous les bras tombent en même temps le long de la cuisse droite , et la tête reprend sa première position. L’instructeur place ses élèves comme il suit : la tête haute , les épaules effacées , le haut du corps bien d’aplomb sur les hanches , la ceinture rentrée , les jarrets tendus , les talons sur la même ligne , la pointe des pieds un peu en dehors. Les choses ainsi disposées , l’instructeur , placé devant le centre de la troupe , annonce l’exercice qu’il va commander , ayant soin surtout d’expliquer avec clarté les mouvemens que chaque élève doit faire. Par exemple ; Pas ordinaire en place . Explication. Au mot d’avertissement en avant y chaque élève place ses mains sur les côtés, les doigts allongés sur le bas ventre, elle pouce sur les reins , et reste la (i)«
Au commandement marche , chaque élève porte le pied gauche en avant, le jarret tendu, la pointe du pied inclinée vers la terre, et compte un , deux, en posant le pied à terre , la pointe avant le talon, et levant l’autre aussitôt 5 puis il continue de compter tout bas, à temps égaux, jusqu’au commandement halte. Tous les mouvemens cessent alors , et les bras tombent le long des cuisses. Après cette explication , l’instructeur, placé devant le centre de la troupe , fait lui-même , avec précision } l’exercice qu’il propose , afin que cha-
(1) Par cette pression des mains contre les os du bassin , on augmente de beaucoup la force des extrémités inférieures , et on maintient son corps dans une contenance plus assurée que si les bras pendaient le long du corps.
cun puisse l’imiter. Dès qu’il a fait exécuter à chacun de ses élèves , en particulier , l’exercice qu’il vient de faire devant eux, il le fait répéter à deux ou trois élèves à la fois , à quatre, à six , ensuite à tous , exigeant surtout qu’il y ait beaucoup d’ensemble , c’est-à-dire , que tous lèvent et posent la jambe gauche en même temps. L’instructeur doit veiller avec soin à ce que ses élèves exécutent ce pas avec aisance et légèreté; il doit aussi exiger strictement qu’ils conservent pendant tous leurs mouvemens , la position de corps indiquée plus haut.
11e. Exercice. — Convei'sions en place.
Dès que l’instructeur s’aperçoitque ses élèves prennent de l’aplomb , il leur fait exécuter , en marchant en place , des conversions , tantôt à droite , tantôt à gauche ; ensuite il les fait marcher au pas ordinaire en avançant sur une même ligne , en colonne simple ou double (i), observant toujours l’ensemble et la position du corps.
ine. Exercice — Pas redoublé .
Dans le pas redoublé , il faut que les pieds agissent avec une fois plus de vitesse qu’au pas ordinaire. L’instructeur doit observer la même progression que dans l’exercice précédent; c’est-à-dire qu’il fera marcher et exécuter lçs conversions en place ? jusqu’à ce que ses élèves soient bien assurés dans cette allure ; ensuite il les fait marcher en avant , en arrière , tantôt en colonne, tantôt de front.
(i) Deux files Tune sur l’autre.
iv€. Exercice. — Pas accéléré.
Celui-ci ne diffère du pas redoublé que par la grande rapidité avec laquelle les pas doivent se succéder. On observe les mêmes règles qu’aux précédens,
ve. Exercice. — Pas oblique.
11 s’exécute de droite à gauche, ou de gauche à droite. Au commandement de l’instructeur , oblique à gauche ou à droite , toute la troupe se met en mouvement du côté indiqué , en levant la jambe ( soit la droite ) , sans déranger la position du corps -, puis elle la pose à plat, en comptant un, deux. Un, c’est écarter la jambe droite; deux, c’est rassembler, c’est-à-dire, ramener la jambe gauche sur laquelle on reposait, vers la droite qui est écartée.
vie. Exercice. — Pas croisé.
Le pas croisé sert à assouplir les hanches et les jarrets , à assurer le haut du corps sur les hanches , et à donner de la grâce aux épaules. Il s’exécute en deux mouvemens , de droite à gauche, ou de gauche à droite; Quand on croise à droite, la jambe gauche opère le premier mouvement en passant vers la droite , et celle-cî opère le second , en s’écartant du corps , dont le centre de gravité se porte sur la jambe gauche. L’inverse a lieu lorsque le pas s’exécute du côté opposé.
Cet exercice peutêtrefait d’une manière différente, en faisant passer la jambe qui croise par-devant l’autre , au lieu de la faire passer par-derrière.
vue. Exercice. — Le pas français , ou la marche sur la pointe des pieds.
Cet exercice peut être regardé comme préparatoire pour la course et le saut, parce qu’il développe puis-
samment les muscles internes des cuisses , ceux des mollets , et fortifie particulièrement les fléchisseurs des orteils. En contribuant à donner à la marche beaucoup d’aplomb et d’élégance , il a encore l’avantage d’habituer les élèves à garder l’équilibre sur des bases étroites. Les élèves sont placés sur une même lisiie dans la position et l’alignement indiqués plus haut. A l’avertissement de l’instructeur, sur la pointe des pieds en place , chaque élève pose les mains sur les hanches, et reste là ; au commandement enlevez , chacun s’enlève doucement sur la pointe des pieds , en joignant les talons , les jarrets tendus , et reste dans cette position jusqu’au commandement repos , auquel tous les élèves appuient légèrement sur les talons , et les mains tombent dans les rangs.
Viennent ensuite , dans la même position , le pas redoublé, le pas accéléré , le pas oblique , le pas croisé en avant , en reculant et en allant de côté.
vnie. Exercice. — La marche sur les talons .
Cette marche a aussi l’avantage de fortifier les extrémités inférieures : elle s’exécute en avançant et en reculant. Pendant cet exercice , les jarrets sont toujours tendus , et le haut du corps penché en avant.
ixe. Exercice. — Lancer en avant , ou le jet des
pieds en place.
On entend par cette dénomination l’action de jeter droit devant soi les pieds qu’on lève alternativement. Le mouvement s’exécute comme si l’on voulait lancer un coup de pied sec contre un objet quelconque» On peut aussi faire cet exercice en avançant et en reculant ; quand ce mouvement est bien exécuté, il agir
ÉLÉMENTAIRE, 4 g
puissamment sur la région dorsale , et sur les muscles du bas-ventre. Ce mouvement est aussi très - utile pour se défendre contre un animal , ou même contre plusieurs ennemis. Les habitans des montagnes de plusieurs contrées de l’Europe (1) se battent de la sorte ^ sans faire usage de leurs mains , qu’ils placent dans leurs bretelles à hauteur des aisselles , ou sur leur dos.
xe. Exercice. — Le pas rompu .
Dans le pas ou la course rompue , on fait trois pas accélérés et trois pas au petit trot , en comptant un , deux , trois *, un , deux , trois.
Cette allure présente de très-grands avantages dans les marches forcées, où l’on doit faire beaucoup de cbe-# min en peu de temps , sans avoir égard aux obstacles locaux. Pour peu que l’on y soit habitué, on peut faire deux lieues par heure , et soutenir cette allure pendant plusieurs heures de suite , sans se fatiguer beaucoup 5 car ce changement alternatif du pas accéléré, au trot-, donne aux poumons le temps de se dilater sans beaucoup d’efforts. Pendant les pas accélérés , les muscles et les articulations des extrémités inférieures jouissent d’un repos momentané , et acquièrent de nouvelles forces.
. w «vvmivvvvvm a/v% vvv vx-i w%jvv vvwvti.4/Y»