‹ Gymnastique élémentaire, ou cours analytique et gradué d'exercices propres à développer et à fortifier l'organisation humaineChapitre 11 sur 53 · VOLTIGE · texte numérisé non relu

VOLTIGE

Pour augmenter la force des muscles et des articulations des cuisses , des genoux et des pieds, et afin de

(1) En Angleterre , les Ecossais. Dans le canton de Berne (Suisse), Iss habitans du Gougisberg.

5q gymnastique

rendre ces parties plus souples , on fait faire à chaque élève en particulier les exercices suivans. Placé devant le milieu d’un banc ordinaire , qui est à la hauteur du genou ^ on lève un pied que I on pose à moitié dessus ; en portant tout le poids du corps sur la pointe du pied 3 on force le talon à toucher l une des fesses 5 les bras pendent , les épaules sont effacées , les poings sont fermés , et la jambe tendue , qui repose à terre , ne doit point toucher le banc. ( V tab. 3^ fîg. 1.) On exercera alternativement les deux jambes. Quand on est parvenu au point de garder cette position pendant quelques minutes , on peut essayer de se tenir en équilibre , en portant tout le poids du corps sur la pointe du pied , ayant soin de lever le pied qui est à terre , et d’étendre les bras en avant , les poings fermés , pour faciliter l’équilibre, et éviter quelque chute imprévue ( V ’. tab, 3 ? %. 2.)

ier. Exercice. — L'équerre simple.

Quand on est parvenu au point de garder l’équilibre pendant plusieurs minutes, tantôt sur l’une, tantôt sur l’autre jambe , il faut essayer de porter en avant ( en la passant au-dessus du banc , sans changer de position ) la jambe sur laquelle on ne pose pas , et de l’étendre aussi droite que possible , en baissant la pointe du pied. {V. tab. 3,fig. 3.) On la ramènera ensuite à sa première position , sans perdre l’équilibre. Faites la même chose des deux jambes. Quoique facile en apparence , cet exercice est plus important qu’on ne le croirait.

Pour bien exécuter ces mouvemens , et en obtenir les avantages que ion se propose, il faut les répéter souvent 5 et , d’après mon expérience , je puis assurer que c’est la meilleure préparation pour la course et le saut. /

ÉLÉMENTAIRE. gt

Pour faciliter cet équilibre à ceux de mes élèves qui ont les cuisses trop charnues , ou trop peu d’élasticité dans les jointures du coude-pied , des jarrets et des hanches , je me place à cheval sur le banc , et j’aide à leur développement en appuyant avec le bras droit , le long de la cuisse de l’élève , mon coude placé sur sors genou , et ma main ouverte sur la partie supérieure de sa cuisse. Ma main gauche force le talon du pied sur lequel on pose , à ne point trop se lever > ce qui ferait glisser la pointe en arrière , et tomber l’élève le genou sur le banc.

ne. Exercice. — Replier en arrière , toucher des

trois .

Dès que j’aperçois quelque développement dans les parties que j’exerce , je place mon élève le dos tourné au banc ; je prends la jambe opposée au côté où je suis : par exemple , si je suis à la droite de l’élève , c’est la jambe gauche que j’exerce; je place le coudepied de mon éleve , depuis la première articulation du gros orteil , sur le banc ; j’enveloppe de mon bras gauche la partie supérieure des cuisses ; ma main droite dirige les mouvemens des reins que l’on doit plier en avant. Les choses ainsi disposées , je porte mon élève en arrière, jusqu a ce que le talon du pied posé sur le banc vienne toucher la fesse. La jambe qui pose à terre doit plier à proportion du rapprochement du talon vers son but. [y , tab. 3, fig. 4*) Répétez même chose très» souvent sur les deux jambes.

L’élève essaiera ensuite tous ces exercices sur un banc , à la hauteur du milieu de sa cuisse. ( F . tab. 3 , fig. 5.) Cela fait ? il essaie , dans l’équilibre de l’exercice onzième. (Z7* . tab, 3 , fig. 2 ) , de se lever droit sur la

jambe , et cela sans élan. Ceci s’exécute en appuyant fortement sur ia pointe du pied ; on porte le haut du corps en avant ^ les bras tendus, les poings fermés; et , pour faciliter l’équilibre , on tend en arrière la jambe sur laquelle 011 ne pose pas. On gardera cette position aussi long-temps que possible. (V. tab. 3, fig. 6.) Pour revenir d’où l’on est parti * il faut plier sur la pointe du pied qui pose , et descendre sans chute.

111e. Exercice. — Le double équerre , ou T angle droit .

L’élève, étant parvenu à faire tous ces exercices avec beaucoup de facilité , essaiera , une fois élevé sur le banc , d’étendre une jambe en avant, aussi droite que possible , jusqu a ce qu’elle forme un angle droit avec l’autre jambe. ( Z7". tab. 3 , fig. 7.) Il tâchera de faire cet exercice alternativement sur les deux jambes. C’est principalement à la suite de tous ces mouvemens que les muscles et les articulations des extrémités inférieures se fortifient et deviennent plus souples.

ive. Exercice. — Toucher du genou .

Le mât de voltige placé à la hauteur du genou , l’élève pose un pied dessus , et , en se tenant au mât avec les deux mains qui sont de chaque côté du pied posé , il glisse son corps , appuyé sur la cuisse levée en avant et en arrière ( V. tab. 4 , fig- n.) En pliant la jambe sur laquelle il repose , il essaie de toucher la terre avec le genou de l’autre jambe ( V \ tab. 4 , fig* 12. ) , et ensuite de revenir à la première position , sans lâcher le mât.

Ve. Exercice. — La chasse en ayant et en arrière .

C’est une répétition des exercices précédens. Ils servent particulièrement à augmenter la force et l’élasticité des muscles et des articulations des extrémités inférieures. La position gênante que l’élève est obligé de

garder pendant la chasse , a l’avantage de le préparer à d’autres exercices plus difficiles encore. Placé sur îe inât comme on l’est à cheval , on lève îe pied ( le droit , par exemple) que l’on pose à plat sur le mât, le talon aussi près de la fesse que possible. On se lève sur la pointe du pied, en portant îe poids du corps en avant, sans toucher au mât avec les mains 5 la jambe gauche doit pendre perpendiculairement , la pointe du pied baissée. Dans cette position, gardez l’équilibre pendant plusieurs minutes : ensuite , tendez la jambe gauche en avant. ( F. tab. 3 , fig. 3. ) Posez le talon sur le milieu du mât ; portez , par le secours de la pointe du pied droit , tout le poids du corps sur l’autre jambe , ayant soin de prendre la même position, et cela alternativement jusqu’au bout du mât.

Parvenu au point de faire plusieurs fois le trajet du mât en avant , sans l’assistance du maître , 1 éleve peut essayer d’aller en arrière , en faisant les mêmes équilibi es qu’à l’exercice précédent. En avant, c’étaient la pointe et le talon qui agissaient : en arrière , ce sont les pointes des pieds qui sont les supports. La jambe qui pend est tendue en arrière , jusqu’à ce que la pointe pose sur le milieu du mât , de sorte qu’on puisse porter sur elle tout le poids du corps.

Pour bien exécuter ce mouvement , et faire en sorte que la pointe du pied puisse bien saisir le milieu du mât, il est indispensable de faire observer à l’élève que sa hanche , son genou et son talon formant un angle droit , la pointe de son pied se trouvera immanquablement au milieu du mât, si son corps est bien placé ? et qu’il ait un équilibre juste (1).

(1) Dans tons ces exercices ; les bras seront tendus en avant , et les poings fermés ; car* si par là on ne prévient pas entièrement

ti . Exercice. — - La marche sur des objets

étroits mobiles.

Cette habitude peut nous être d’une grande utilité . et nous tirer de mille dangers,surtout dans certains pays, où souvent une poutre , un arbre , ou une planche mal assurée, sont les seuls ponts au moyen desquels on puisse traverser des torrens et des précipices. Il est donc important d accoutumer les jeunes gens à ce genre de mar* che. C est sur le mât de voltige que nous les préparons à franchir beaucoup d’obstacles sans le moindre danger* Le mât de voltige est un sapin dépouillé de son écorce 9 de ia longueur de cinquante â quatre-vingts pieds, ayant dix pouces de circonférence à son plus gros bout(^r.tab. 2, hg. 10.) Les deux tiers de sa longueur sont placés sur des tréteaux de six pieds de hauteur , à coulisses , et percés dans leur largeur de trous , à trois pouces de distance les uns des autres , au moyen desquels , avec l aide de deux chevilles de fer, une dans chaque tréteau, on peut hausser et abaisser le mât de voltige. J’appelle cet instrument mat de voltige , parce que la partie qui pose entre les tréteaux me sert pour la voltige élémentaire ( V. tab. 2 , fig. 10. ) La partie immobile fixée sur les tiéteaux est proprement le mât de voltige j l’autre tiers s’appelle balancier .

Les exercices que i on fait sur cet instrument sont en grand nombre , et fort variés. Pour les enfans de huit à dix ans , les premières leçons sont la marche en avant et en arriéré j le balancier n’est alors fixé qu’à deux

une chute , on l’empeche du moins d’être dangereuse. Les épaules seront toujours bien effacées. L’instructeur se trouvera à coté de î élève an commencement de cette leçon , moins pour le rassurer % P°ur veiller a la justesse de l’exécution des mouvemen?.

pieds de terre. On le hausse ensuite graduellement , pour accoutumer les enfans à ne plus s’effrayer de la hauteur où ils se trouvent. La tête haute , les épaules effacées , les poings fermés , et les bras étendus horizontalement des deux côtés du corps , contribuent beaucoup à maintenir l’équilibre, et donnent à l’élève une contenance gracieuse et assurée.

Nos premiers exercices sur le mat sont la marche en avant et en arrière , faire un demi-tour et retourner à l’endroit d’où l’on est parti , sans tomber -, courir en avant , en arrière , et garder l’équilibre , tandis que le mât balance 5 changer de place avec un camarade qui vient à votre rencontre , c’est-à-dire , que chacun continue sa marche en évitant son camarade , et cela sans tomber à terre.

Laf chasse en avant et en arrière , dont nous avons parlé précédemment , fait aussi partie des équilibres sur le mât.

Tous ces exercices deviennent très - difficiles quand on augmente le balancement du mât. On peut aussi exécuter plusieurs équilibres debout : par exemple , l’élève essaiera de se poser alternativement sur chaque jambe, et défaire toutes sortes demouvemens avec celle qui est levée. Il essaiera aussi de porter à son front le pied sur lequel il ne pose pas } ensuite , deux élèves à peu près de la même force , placés dans le milieu du mât , essaieront, en se donnant de petits coups sur les mains et les épaules , à qui gardera l’équilibre le plus long-temps. Aussitôt que mes élèves ont acquis, par les différens exercices que je viens d’indiquer, la faculté d’exécuter avec promptitude et dans un parfait équilibre , toutes les manoeuvres que je leur fais faire , je les accoutume à courir en avant et en arrière sur des objets extrêmement étroits , premièrement immobiles 3 dans la

suite mobiles : par exemple , sur Fépaisseur d’une plan* die de deux pouces , et même dffin. La facilité avec laquelle des jeunes gens bien exercés courent avec assurance sur des objets aussi étroits fixés à différentes hauleurs , et a la fin mobiles , doit leur procurer des moyens surs de franchir mille obstacles ^ auxquels la plupart des autres hommes n’auraient à opposer que le découd ragement ou la terreur.

Remarque. Quand, dans les exercices sur le balancier, on se propose de sauter, après avoir atteint le bout du mât , il faut se lancer aussi loin que possible , soit en avant ou de côté , afin que 1 extrémité du mât ne puisse pas nous atteindre en se relevant (i),

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