‹ Gymnastique élémentaire, ou cours analytique et gradué d'exercices propres à développer et à fortifier l'organisation humaineChapitre 12 sur 53 · ÉLASTIQUE · texte numérisé non relu

ÉLASTIQUE

jtfin d accoutumer les jeunes gens à marcher sur des oojets mouvons dans plusieurs directions , et à diffërentes hauteurs .

Le désir de prévenir les aecidens qui arrivent tous les jours aux personnes qui se trouvent forcées ( pour ne pas faire un détour de quelques lieues ) de traverser un canal, un torrent , un précipice même, sur des ponts ou des pianches mal assurées , quelquefois très-élevées , et souvent fort étroites , m a donné î idée de construire tir instrument , au moyen duquel on pourrait accoutumer les jeunes gens à marcher sans difficulté sur des objets mobiles , dans tous les sens , d’un très^petit dia-^

(i) L instructeur arrête le mouvement du balanciers

mètre, et élevés à differentes hauteurs. Quoique trèssimple en apparence, je crois pouvoir assurer que mon pont élastique remplit parfaitement le but que je m etais proposé. En effet , aucun de mes instrumens n’est plus propre , en augmentant la force et l’élasticité des extrémités inférieures et des régions dorsales et lombaires en forçant les hanches, ainsi que la poitrine , de se porter en avant à augmenter le courage des jeunes gens , à les préserver ou à les guérir entièrement des vertiges auxquels la plupart des hommes faits sont sujets, quand ils se trouvent sur des objets mouvans à une certaine hauteur. Les exercices que l’on lait sur cet instrument ont encore le grand avantage d’accoutumer à reprendre l’équilibre, quand on tombe inopinément, n’importe de quelle hauteur et dans quelle direction. Ajoutez à tout cela le plaisir qu’il y a à vaincre les difficultés qu’on éprouve la première lois pour traverser notre pont chancelant. Plusieurs enfans 1 ont traversé à la première leçon 5 mais jamais aucun homme fait n'a pu parvenir la première fois jusqu’au milieu, quand il était élevé à six pieds , et les planchettes affaissées de trois pouces ; beaucoup n’ont pas même osé quitter la première marche (1).

Cet instrument est formé de deux poutres parallèles, jointes par des traverses de trois pieds de longueur. Les deux traverses des extrémités sont en bois de chêne :

(1) «Quelles que soient l'énergie et la souplesse fies muscles quise Contractent sur les diverses articulations, leur jeu ne pouvant, dans aucun cas empêcher la chute du corps , lorsque la ligne de propension de son centre de gravité ne porte plus sur la base de sustentation, il est de la dernière nécessité d’apprendre aux jeunes gens a prévenir les chutes , ou à les rendre moins dangereuses , quand elles, Goui inévitables. » Bartiîez.

celles du milieu sont deux verges de fer d’un pouce de circonférence } dont les deux bouts pointus sont fichés dans les poutres. Chacune des poutres est garnie de chevilles de bois dur. Ces chevilles , qui sont à un pied de distance 1 une de l’autre, servent à soutenir les cordes parallèles auxquelles les planchettes ou marches sont assujetties' par le moyen des petits crampons. Les deux bouts de la corde sont fixés dans les poutres à un pied de la première cheville. A l’autre bout , la corde étant assujettie dans un crochet à vis et tourniquet , on peut tendre ou lâcher les cordes a volonté i ce qui rend l’exercice plus ou moins difficile. Le pont dont je me sers a cinquante pieds de longueur, sur trois de largeur; il est soutenu par quatre poulies : ce qui procure le moyen d établir une pente plus ou moins rapide , d’élever ou d abaisser ledit pont , selon les exercices que l’on veut faire. Pour prévenir les accidens , et obtenir de cet instrument tous les avantages que je m’étais promis, je 1 ai placé de maniéré à pouvoir le mettre en mouvement dans toutes les directions , sans qu’il rencontre aucun obstacle. (/^.tab.2, fig. 1 1 .) On conçoit aisément que, ce pont recevant en meme temps par la pression de celui qui marche dessus le balancement perpendiculaire , horizontal en avant et en arrière , et quelquefois de droite à gauche , il serait extrêmement difficile de résister à la secousse que 1 on éprouverait sur le pont , s’il renconttait un objet quelconque lorsqu il est , en mouvement ; voilà pourquoi je 1 ai suspendu dans un espace libre.

Ier. Exercice. — Le pas chancelant.

Pour cet exercice , 1 eleve placé entre les poulies , sur le premier degre , porte le pied droit au milieu de la seconde planchette sur laquelle il prend l’équilibre*

(V. tab. fîg. 1 1 .) Dans les premières leçons , le pont a depuis vingt-cinq jusqu’à trente degrés de pente , et ne doit avoir d’autre mouvement que celui que l’élève lui communique. Les cordes parallèles doivent être assez tendues pour que les planchettes ne s’affaissent pas trop. Pour arriver au point le plus élevé, c’est par la partie basse que l’on doit commencer.

Remarque . Pour aller en avant avec aisance et sûreté , il faut , en prenant l’équilibre avec précaution sur la jambe qui se trouve devant , porter le haut du corps en arrière, avancer les hanches, et ne faire précéder le pied qui se trouvait le dernier, que lorsqu’on est sûr de son équilibre. L’instructeur ne doit jamais permettre que deux élèves soient en meme temps sur le pont. Dans les premières leçons , il ne permettra pas non plus que l’on revienne sur ses pas. Cet exercice est trop difficile pour les commençans *, il faut en outre saisir toutes les occasions qui peuvent se présenter pour les faire sauter de différentes hauteurs et sur des objets en mouvement, dans des directions diverses,

iie. Exercice. — Le pied marin ou fléchir .

Aussitôt que les jeunes gens commencent à marcher avec assurance sur le pont, tandis que l’un des plus adroits fait le trajet, on communique à l’instrument un faible mouvement horizontal , en le poussant tant soit peu dans le centre. On répète la même chose après avoir hissé le pont à différentes hauteurs , sans lui donner de pente. Si on veut rendre l’exercice encore plus difficile, après avoir donné plus de chute aux degrés, on peut hisser le pont horizontalement à douze pieds perpendiculaires, et ensuite communiquer un faible mouvement à la machine. Plusieurs de mes élèves font cet

exercice, le pont étant hissé à quatorze pieds,, et sautent de cette hauteur sans se faire le moindre mal.

iii . Exercice. — - Passage de la poutre isolée.

Dès que mes élèves font avec assurance tous les exer~ «ces précédons , je les accoutume à marcher sur une poutre isolée , suspendue par les bouts dans un espace libre. (Pour les dimensions de la poutre isolée, voyez tab. 2 , fig. ii.)

Dans le commencement , l instructeur , après avoir couvert d’un sable profond l’espace où se meut la poutre , commence par faire marcher ses élèves dessus, en leur donnant le bout du doigt. Il est entendu que 1 instrument doit être fort peu élevé, dans les premières leçons. On augmente en hauteur, à proportion des progrès de Félève.

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