MOUVEMENS PRÉPARATOIRES
Ier. Exercice. - — Courir en place .
Cet exercice sert à donner beaucoup de jeu aux hanches 5 il accoutume les jeunes gens au jet des pieds pendant la course , et donne à l’instructeur les moyens de régulariser les mouvemens de la respiration (1).
Au commandement en avant ! les élèves replient les
(1) Il est très-avantageux d’accoutumer les jeunes gens à faire de grandes inspirations pendant la course. « Le concours soutenu de la contraction du diaphragme , et de Faction de l’air retenu dans les poumons , fait que la répétition des mouvemens de la respiration sont moins fréquens , et en même temps il assure à la poitrine un degré considérable de dilatation et de fixité (Barthez). » On peut voir par là que ce n’est que par un exercice continuel et bien ménagé que l’on peut acquérir ce qu’on appelle communément la force d’haleine.
bras à la hauteur des hanches , les poings fermes , les ongles en dessus» Au commandement marche ! chacun porte en avant la jambe gauche tendue , la pointe plus bas que le talon , et compte un , en posant à terre ; deux} en levant aussitôt la jambe droite , qui exécute le meme mouvement que la première , et continue à compter un , deux , un y deux ^ a temps égaux , jusqu au commandement halte l Dès que l’instructeur s’aperçoit que ses élèves sont bien assurés dans cette allure , il doit les faire passer , à chaque reprise , de l’alluré modérée à l’allure prompte ^ et de celle-ci à l’allure précipitée : ensuite , rétrograder $ c’est-à-dire , revenir à la première allure, en observant la même gradation. C’est la voix de l’instructeur qui dirige les mouvemens.
IIe. Exercice. — Enlever et tomber juste.
Pour accoutumer les jeunes gens à prendre la position de la course , l’instructeur place son élève le pied droit en avant , éloigné d’un pas du pied gauche , le haut du corps un peu penché en avant , les poings fermés , et pour ainsi dire collés le long des hanches , tout le poids du corps portant également sur les deux pieds. Les choses ainsi disposées , l’instructeur fait partir son élève et le suit , en comptant plusieurs fois , un , deux et augmentant de vitesse. 11 veille avec soin à ce que l’écolier tombe et s’enlève toujours sur la plante des pieds , et qu il ait , en courant , le haut du corps un peu penche en a\ant. Les bras sans roideur ni mollesse suivent naturellement l’impulsion communiquée par les autres mouvemens du corps.
ine* Exercice. • — - Course du carré.
Aussitôt que 1 élève peut courir juste sur les deux jambes , c esl-à-dire 3 qu il est d a-plomb sur les han-
6S GYMNASTIQUE
clies et les jarrets, on peut lui faire parcourir un carré , dans le milieu duquel se trouve {instructeur. Pour l’exercer sur les deux jambes , faites -le courir, tantôt l’épaule droite en dedans du carré , tantôt l’épaule
iy. Exercice. — Course en spirale.
Aussitôt que vos élèves feront sur les deux jambes ( tantôt l’épaule gauche , tantôt l’épaule droite en dedans) la course du carré avec facilité , faites -leur parcourir un cercle en augmentant toujours de vitesse , et en diminuant la circonférence du cercle k mesure que l’on accélère la course. Il faut s’accoutumer à exécuter ce mouvement sur les deux jambes ; car on a pour but , en faisant cet exercice 9 d’habituer les élèves à tourner court des deux côtés , même au milieu de la course la plus rapide. Cette grande facilité de tourner court dans une course présente de très-grands avantages aux coureurs : elle les préserve souvent de chutes ou de rencontres dangereuses.
Ve. Exercice. — Course sinueuse .
Les jeux de la queue du loup , et de la course sinueuse , exécutés par plusieurs enfans , sont aussi trèsrecommandables , considérés comme exercices élémentaires de la course. Le premier est trop connu pour que j’aie besoin d’en faire la description. Quanta la course sinueuse , voici en quoi elle diffère des autres courses. On place tous les jeunes gens à la file , à un pas de distance les uns des autres ; le plus agile et le meilleur coureur est ordinairement le conducteur de ses camarades. Les choses ainsi disposées , au commandement de garde à
vous! tous les élèves prennent la position de la course : au commandement ma/’c/ie ! la bande joyeuse se met en mouvement , et suit son conducteur, qui lui fait décrire en courant, tantôt une courbe , tantôt un demicercle , tantôt un cercle } quelquefois il rétrograde , il avance, il va à droite , à gaucîie , et tout cela avec beaucoup de rapidité.
vie. Exercice. — Doubler la ligne.
Pour être en état de juger des progrès que vos élèves auront faits dans les leçons précédentes , choisissez ceux qui sont le mieux développés , et faites-leur doubler la ligne -, c’est-à-dire , pendant la course accélérée tourner court à un point indiqué par l’instructeur, et revenir à celui d’où l’on était parti. On les accoutume ensuite à faire pendant la course un tour entier, puis a tourner plusieurs fois en parcourant une ligne droite de cinquante à soixante pas. Un coureur qui aura fait soigneusement tous les exercices que je viens d indiquer , franchira ou évitera avec la plus grande facilité tous les obstacles qu’il pourrait rencontrer dans sa course.
vne. Exercice. — Course ciu bâton à trois.
Pour empêcher de replier en courant les jambes contre le haut des cuisses , et afin de réformer ceux de mes élèves qui ont de la peine à se corriger de ce défaut , en les forçant à détaler malgré eux , deux d’entre les meilleurs coureurs prennent, l’un de la main droite, l’autre de la main gauche , le bout d’un bâton de quatre à cinq pieds de longueur. L’élève que l’on veut exercer prend ce bâton dans le milieu avec les mains , les ongles en dessous. Les deux conducteurs se placent dans îa
position du départ ( le pied droit un pas en avant du pied gauche) *, l’élève qu’on exerce se place aussi de la sorte (Z7". tab. io,fig. 67.) Au commandement de l'instructeur, ils partent ensemble, et les conducteurs ont soin de ne pas forcer le camarade qui leur est confié.
vnr» Exercice. — - La galère ,
Pour exercer à la course rapide jusqu’à dix élèves à la fois , un petit cheval destiné pour la voltige tire , en trottant, ensuite en galopant, toute la troupe joyeuse ( V . tab. io,fig. 68.) C’est un des exercices qui amusent le plus les jeunes gens , et c’est en même temps le plus simple pour former de bons coureurs.
Comme la continuité et la rapidité de la course dépendent absolument de la force des poumons, de la sou-* plesse des hanches ^ de l’agilité et de la force des pieds , des jambes et des cuisses , j’astreins mes élèves à beaucoup d’exercices préparatoires qui développent ces parties , avant de leur faire entreprendre des choses trop pénibles , parce que je suis convaincu que 9 les forces une fois bien développées , les jeunes gens peuvent faire sans inconvéniens beaucoup d’exercices violens qui leur seraient nuisibles i si on leur permettait trop tôt de s’y livrer.
Suffisamment préparés par tons les exercices précédons , les jeunes gens peuvent maintenant ^ sans aucun danger , être exercés aux difïerens genres de course»
i°. La course se divise en course modérée , confia nue , ou de longue haleine 5 a°, en course prompte ou (accélérée 5 3°, en course rapide ou précipitée,.
ÉLÉMENTAIRE. y*
ixe. exercice. Course modérée .
Comme il s’agit ici de résister long-temps à îa même allure , il est très-avantageux de courir doucement , à temps égaux , de fixer l’espace que Ton veut parcourir, afin de savoir au juste le temps que Ton emploie pour arriver au but ; ensuite de bien exécuter tous les mou» vemens , et observer la position du corps pendant que la course dure. Par exemple , par un beau jour d’automne, lorsque le temps est frais, faites parcourir à vos élèves un quart de lieue en sept minutes ; répétez cette leçon, jusqu’à ce que vous vous aperceviez qu’ils sont un peu échauffés quand ils arrivent au but ; ensuite faitesleur doubler la distance , sans leur permettre de s’arrêter , ce qu’ils feront facilement , s’ils sont bien préparés. Plusieurs de mes élèves parcourent , à cette allure ? l’espace de deux lieues en cinquante minutes.
xe. exercice. — Course prompte .
Dans cette allure , que l’on ne peut pas prolonger long-temps, parce que les mouvemens s’exécutent avec une fois plus de vitesse que dans la course modérée % il s’agit de parcourir les distances déjà indiquées en moins de temps que dans îa course continue -9 par exemple , un quart de lieue dans trois minutes , et dans la suite , en moins. Plusieurs de mes élèves parcourent , sans beaucoup s’échauffer , mille pas en deux minutes.
xie. exercice. » — Course précipitée .
Il s’agit ici de franchir un court espace en très-peu de temps • c’est pourquoi l’on ne saurait trop recommander aux élèves de faire succéder le simple pas à la phm
grande rapidité. Quoique cet exercice présente beau» coup de difficultés, on peut néanmoins , en le répétant souvent, parvenir à un degré de perfection vraiment étonnant. Au dernier examen quej’obtms, en septembre ï8 1 8 ,-un de mes élèves , âgé de quinze ans , a franchi 1 espace de sept cents pas dans une minute et deux secondes. Il est bon d’observer que les coureurs éprouvent beaucoup plus de difficultés dans le palestre , qu’ils n’en rencontrent ailleurs ; premièrement, parce qu’ils sont obligés de tourner souvent , et en second lieu , parce que la carrière est recouverte d’un sable prolond, ce qui doit nécessairement ralentir la course.
xii . Exercice. ~ Course volante , au moyen d'une
corde.
Cet exercice consiste, i°. a se tenir par le moyen des mains a une corde de dix-huit à vingt pieds de longueur, fixée par en haut à un crochet tournant; 2°. à se communiquer un grand mouvement d’impulsion , et cà décrire un cercle , en courant par bonds. Cet exercice est. préparatoire pour le grand saut, dont je parferai dans la suite.
Il est très-utile , en ce qu’il accoutume les jeunes gens*,à se tenir fermes avec les mains à un objet qui éprouve de grandes secousses. Pour obliger le coureur à tenir plus long-temps qu’il ne ferait sans stimulation , on le fait poursuivre par un de ses camarades , pendant qu’il est en mouvement.
La course par bonds , et le même exercice en arrières peuvent aussi servir d’études élémentaires,
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