‹ Gymnastique élémentaire, ou cours analytique et gradué d'exercices propres à développer et à fortifier l'organisation humaineChapitre 17 sur 53 · SAUTS COMPOSÉS · texte numérisé non relu

SAUTS COMPOSÉS

Il y a trois genres de sauts composés : le saut de voltige droit , le coupe-tête , et le saut à T aide de la perche,

Ier. Exercice. — Les quatre bouts .

Le saut de voltige droit est de tous les sauts en général le plus sûr, le plus utile et le plus agréable. C’est celui dont nous avons le plus souvent besoin. À l aide de ce saut., pour peu que Ion soit exercé, 011 franchit

des objets de sa hauteur sans beaucoup de peine , et sans aucun danger. II s’exécute à l’aide des bras et des mains. Le mât est placé en travers , à la hauteur du milieu de la cuisse de celui qui s’exerce ; l’élève appuie les deux mains sur le mat , s’enlève sur les poignets, en pliant les genoux vers le menton , et essaie de porter ses deux pieds entre ses mains , sans déranger ces dernières.

il . Exercice. Saut de voltige droit .

Bès que l’élève fait l’exercice précédent avec facilité, je lui enseigne le saut de voltige droit. Je me place devant le mât, élevé pour la première fois à la hauteur des hanches ; je pose les mains sur le mât , je me baisse en pliant sur la pointe des pieds 5 ensuite, tirant le corps de toute ma force , je m’élance au-dessus du mât, en passant mon pied gauche entre mes deux mains , et quittant avec la main droite pour faciliter le passage du pied droit. La main gauche sert à guider le corps dans sa chute. Il est necessaire que l’élève s’accoutume à sauter des deux côtés , c’est-à-dire , à droite et à gauche. À droite le pied gauche passe entre les deux mains , et la main gauche dirige le corps lors de sa chute. A gauche c est le pied droit qui passe entre les mains, et la inain droite dirige le corps. Soit avec ou sans élan , en piofondeur ou en largeur , on doit non-seulement être maître de son équilibre , mais on doit aussi pouvoir désigner d avance où 1 on tombera à la suite d un saut quelconque.

ni6. Exercice. — JLe çoupe-téte , ou Lîippias »,

Cet exercice est beaucoup trop connu pour que j’aie besoin d’en donner ici la description • cependant je

ferai observer en passant, i°. que tous les joueurs doivent être à peu près de la même force ; 2°. que ceux qui sont posés doivent rassembler les jambes un pied Fun devant l’autre , à six pouces de distance , les mains placées sur les genoux , les coudes au corps , les épaules un peu hautes. Celui qui saute , sans trop écarter les jambes , s’enlève légèrement au-dessus de son camarade en posant les deux mains dans un seul temps sur les épaules de ce dernier. En tombant , on observe les mêmes règles que j’ai déjà indiquées plus haut.

iye. Exercice. — » Le saut avec la perche .

Description de ce saut dans les différentes directions*

Cette manière de sauter est très-ancienne , et peut être d’une grande ressource dans plusieurs cas. La perche qu’on emploie pour ce genre de saut est faite d’un jeune pin bien sec , auquel on a ôté l’écorce ; sa longueur ordinaire est de sept pieds ; elle a deux pouces de circonférence au plus gros bout qui se trouve en bas , et va en diminuant jusqu’au haut. Pour franchir des fossés larges et profonds , cette perche a depuis dix jusqu’à quinze pieds, et une grosseur proportionnée. Tous les sauts dont j’ai parlé à l’article du saut simple ou franc , peuvent aussi se faire avec la perche. Au moyen des tréteaux , on peut s’exercer en hauteur ; au moyen du banc et du fossé , en largeur*, ensuite , au moyen de l’échelle ou de la butte , en profondeur.

Position. La main droite saisit la perche à hauteur de l’oreille , les ongles tournés du côté de la figure , le pouce en haut , la main gauche à hauteur des hanches , Je pouce en bas , les ongles en dehors. Le pied qui est plus près de la perche donne l’élan. Ici c’est le pied gauche ? parce que c’est la main gauche qui est en bas.

Quand c'est la main droite qui est en bas , c’est alors le pied droit qui donne l’élan. Dans le même moment où l’on pose la perche , les pieds s’enlèvent pour franchir l’objet. L’éloignement où l’on doit se trouver de la perche, quand l’ascension du corps a lieu , est toujours proportionné à la hauteur que l’on veut franchir. Les jambes passent du côté opposé au pied qui donne léîan ; si c’est le gauche , elles passent à droite de la perche. Au passage , elles doivent être jointes et horizontales. Dans de grands sauts eu hauteur , les pieds sont même souvent plus haut que la tête. Pour obtenir cette position , il faut appuyer fortement sur la main qui est en bas , et tirer de toutes les forces avec la main qui est en haut. On peut indifféremment tomber la face tournée du côté où l’on saute . ou bien changer de face , c’est-à-dire , faire face en tombant à l’endroit d’où l’on est parti. Pour faciliter à mes élèves ce genre de saut , j’en fais placer plusieurs le long d’une muraille, à un pas de distance les uns des autres 5 chacun , tenant sa perche comme je viens de 1 indiquer, pose le bout supérieur de cet instrument contre la muraille , ayant soin de laisser entre sa perche et le mur assez de place pour s’enlever. Au commandement enlevez à droite , chaque élève en appuyant fortement sur le bras gauche, tâche d’enlever le poids du corps avec le bras droit 5 les jambes bien réunies sont tendues horizontalement dans cette position. ( pr, pi. 10 , fig. n 1 . ) Il faut éviter soigneusement de toucher à la perche avec la poitrine. Enlevez à gauche est le mouvement contraire. C’est alors la main droite qui soutient , et la main gauche qui enlève» Dès que mes élèves sont en état de garder cette position pendant quelques secondes , nous passons au saut en

largeur sans élan , puis au même saut avec élan, à celui en hauteur sans élan, avec élan (i); enfin en profondeur toujours sans élan : mais quand la profondeur est considérable et qu il y a des obstacles qui nous empêchent de glisser le long de la perche , alors il vaut mieux sauter de pied franc , et surtout avec une volonté bien déterminée. Il vaut mieux, dis-je, sauter hardiment , plutôt que de s’abandonner à un faux équilibre qui pourrait avoir des suites fâcheuses. Il faut non-seulement habituer les jeunes gens à emporter la perche avec eux dans le saut , mais on doit encore exiger d’eux qu’ils ne touchent point avec la perche les objets qu’ils franchissent, même en sautant de toute leur hauteur et plus,

v'. Exercice. — • Le grand saut avec la corde .

Cet exercice habitue à franchir un espace considérable , en se tenant fixé à la corde par le moyen des mains. Pour ce genre de saut , on peut se servir de la corde indiquée à la course volante. Pour franchir en largeur, on prend la corde à hauteur du nombril, on recule jusqu’à ce qu’elle se trouve tendue. Dans cette position , le corps, qui est soutenu par les mains, repose faiblement sur la pointe des pieds , et décrit une ligne diagonale don! la pente est rapide ; on se donne alors un petit élan par le moyen des pieds et des mains et l’on franchit. Pendant le saut , les bras soutiennent tout le poids, et les jambes sont tendues en avant. Dès que le corps a reçu une impulsion assez forte pour arri-

0) N’importe dans quelle direction que Ion saute, il faut avoir smn de bien placer la perche droit devant soi , à une distance proportionnée s ha hauteur ou a la largeur que Fou veut franchir»

ELEMENTAIRE. S9

ter jusqu'au but, les mains lâchent, et Fou tombe à terre , le haut du corps penché en avant.

\ie. Exercice. =— Saisir au passage , ou se Jixer

au but .

Il s'agit dans cet exercice d accoutumer à se rete^ nir à un objet à la suite d’un saut prémédité ou d’une chute imprévue, en s’attachant fortement par les mains ou par les jarrets (1). Il est assurément très-avantageux d’habituer les jeunes gens â se retenir en sautant ou en tombant dans plusieurs directions. Pour se fixer en hauteur, nous employons la corde isolée ou la croix mouvante , et des cordes parallèles du dévidoir (PL 1 , fig. 2 et 3.) Ces deux instrumens , à dix-huit pieds de distance l’un de l’autre , nous pro curent par leurs dimensions beaucoup de facilité pour exécuter ce saut en hauteur et en largeur. Les cordes parallèles du dévidoir présentent des points forts, corn» modes pour se fixer , tantôt par les mains, tantôt parles jarrets. Pour se fixer en sautant en profondeur, une corde tendue horizontalement à vingt pieds de la butte, et haute de dix dans les commencemens , est ce qui convient le mieux , parce que son élasticité adoucit la secousse que Fou éprouverait en se fixant sur un corps immobile. Quelle que soit la distance ou la hauteur que l’on veut franchir, il faut toujours avoir soin d’arquer les bras avec force dans le moment où les mains se fixent. Pendant le saut, les genoux sont repliés vers la figure ; mais la pointe des pieds, au lieu d’être inclinée

(ï) Quand la dimension de l’objet permet d’employer les jarrets , on doit préférer cette manière, parce que la secousse est beaucoup plus douce et l’action de se fixer plus assurée.

9o GYMNASTIQUE

ters la terre , doit être relevée et former un angle droit avec le genou. Cette position a le double avantage, premièrement de ralentir un peu la chute, en second lieu, d éloigner le corps qui se froisserait quand on saisit à faux. Lorsqu’on répète souvent ces exercices , ces secousses violentes , et pour ainsi dire involontaires , familiarisent les jeunes gens avec l une des sensations les plus capables de faire perdre la présence d esprit aux hommes même courageux , parce que ce transport rapide d’un lieu vers un autre, agissant puissamment sur les sens, peut occasioner une frayeur assez grande pour rendre la chute inévitable*

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