‹ Gymnastique élémentaire, ou cours analytique et gradué d'exercices propres à développer et à fortifier l'organisation humaineChapitre 5 sur 53 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Nous eussions fort mal rempli nos obligations , si , bornant ce rapport à l’analyse d’un manuscrit , nous avions négligé de vous entretenir, et de l’expérience des Français, et des étabîissemens nationaux

Vous aviez appris , avec ce sentiment d intérêt qui vous anime pour tout ce qui concerne la prospérité publique , que l’administration avait fondé un gymnase, dirigé par un maître aussi savant qu’habile} dès lors , il pouvait vous être agréable d’apprécier nos succès , pour y applaudir, et de comparer les objets présens avec les souvenirs que vous aviez conservés de vos lectures , et avec la théorie qui venait de vous être développée dans le manuscrit de l’académicien de Berne.

Du faîte des grandeurs , précipité dans une médiocre condition , M. Amoros a su conserver son impassibilité philosophique, et se rendre heureux. Il a plus fait, il a contribué aux succès de l’éducation physique , en réalisant , dans notre patrie , le plan bien conçu des exercices gymnastiques.

Instruit du projet que nous avions formé de vous rendre compte de ses travaux , il voulut bien être notre guide et préparer pour nous une séance générale. C’est-là que nous avons vu le premier gymnase qui ait été fondé en France sur une grande échelle} il est dû aux soins généreux et à la sollicitude de M. le comte de Chabrol.

Vous êtes avares d’éloges, messieurs, et nous rougirions nous-mêmes de nous traîner sur les traces serviles des courtisans ; mais il est une justice que la voix

ÉLÉMENTAIRE. l()

publique se plaît à proclamer , lorsqu’elle est fondée sur le sentiment de la reconnaissance nationale. Une justice , la plus douce récompense de l’îiomme de bien, et qui fortifie ses penchans à la vertu et aux actions d’utilité générale. Pourrions-nous dès lors refuser notre tribut d’admiration à ce magistrat , qui , fort de sa conscience, et bravant des clameurs inconsidérées, marcha d’un pas ferme et sûr vers le perfectionnement de l’espèce humaine , en prêtant son appui, d’abord à l’enseignement mutuel , qui est la vaccine morale , et ensuite à la gymnastique, qui , appréciée dans ses effets salutaires sur l’économie vivante , est le complément de toutes les nobles et utiles créations.

Près du Jardin des Plantes ( i ) est si tué provisoirement le gymnase 5 quelque étroit que paraisse le local , il faut convenir que le savant professeur en a tiré un parti merveilleux , et qu’il a bien mis le terrain à profit. On y aperçoit un grand nombre de machines établies à grands frais $ un stade, des mâts, des perches, des échek les, des cordages , des fossés remplis de sable , ainsi que des filets pour neutraliser les effets des chutes 5 des appareils de tout genre pour varier les jeux gymnastiques.

Parmi ces instrumens , les plus dispendieux sont dus à la générosité de MM. de Chabrol et Anglès , préfets. Tels sont le grand portique , et un autre appareil composé de trois grands mâts , placés sur des plans différens , l’horizontal , l’ascendant et le descendant. Les deux mats obliques sont disposés de manière à pouvoir augmenter progressivement les dégrés d’inclinaison. Cette disposition permet de les élever jusqu’au point où il ne serait plus possible à l’homme le plus adroit de

(1; Rue d’Orléans , n°. 9, chez M. Durdan , instituteur.

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