‹ Gymnastique élémentaire, ou cours analytique et gradué d'exercices propres à développer et à fortifier l'organisation humaineChapitre 6 sur 53 · I GYMNASTIQUE · texte numérisé non relu

I GYMNASTIQUE

îes parcourir eu conservant l’équilibre. ïîs étaient à 26° 12 lorsque nous visitâmes l’établissement.

Le grand portique consiste en une forte poutre carrée; élevée à seize pieds de haut, et placée transversalement sur trois colonnes verticales. Cette poutre est mobile , pour rendre le passage plus difficile. On a fixé au grand portique des échelles de bois , de cordes , des bâtons suspendus verticalement , des câbles avec ou sans nœuds, etc. r?

Après avoir classé tous les élèves par rang d’âge et de taille , pour ne point les épuiser en efforts inutiles , ils ont exécuté devant nous les courses du stade. D’abord libres et sans fardeaux, ils ont couru sur un terrain plane et uni -, chargés ensuite , comme on le pratiquait autrefois à Olympie , on leur a fait parcourir la meme carrière, en portant dans chaque main un sac rempli de sable , et du poids de dix livres : enfin , on a disséminé sur le sol ces mêmes sacs , à distances inégales , mais étroites , et la course a dû se renouveler au milieu de ses nombreux obstacles.

Au pied d’un mur sont de nombreux fossés, au-dessus desquels on a fixé des perches horizontales : là, tous les élèves suspendus , tantôt par les deux mains , tantôt par une seule , ont lutté de ténacité musculaire. Le dernier de chaque classe qui restait accroché aux bâtons était proclamé vainqueur. Vous concevez tout ce que Çeut cet exercice pour déployer l’énergie des forces motrices des mains, du bras et du thorax.

On est sur le point d’ajouter à ce premier appareil des barres de fer carrées , avec ou vsans dentelures aux angles, pour accoutumer les enfans à braver la douleur, et pour rendre îes doigts capables de saisir sans 1crainte des corps anguleux et pointus dans lin danger ruminent.

On placera également une machine en forme octogone , dont les lutteurs devront parcourir le contour en se suspendant par les mains aussi long-temps que les forces des lutteurs les permettent. Cette machine , dont les frais sont faits par M. Lafitte , est de î invention de M. Amoros , comme celle des plans inclinés.

Formés en lignes , nos jeunes gens ont exécuté les trois manières de piaffer 5 pour les rendre plus salutaires , et pour fortifier un plus grand nombre de muscles à la fois , en faisant concourir ceux du thorax et du larynx, le gymnasiarque a introduit le rhythme, dont les Grecs avaient si bien apprécié les avantages. Lors donc qu’ils sont livrés à cet exercice qui , comme nous l’avons vu, agit plus spécialement sur la tête du fémur et la cavité cotyloïde, ils entonnent des chants dont la mesure augmente de vitesse en raison de la rapidité du mouvement , et dont le mode change dès que le sens des couplets l’exige.

Sur la poutre tremblante du grand portique, on les a vu passer debout et avec assurance 5 ils portaient selon leur forces des poids depuis cinq jusqu’à cinquante livres dans chaque main. A cette hauteur, et avec de si nombreuses difficultés à vaincre , ils auraient peutêtre des dangers à courir. La prévoyance du sage directeur y a pourvu , en tendant, au-dessous , des filets de cordes fortement fixées ; et, pour plus grande sûreté, des fossés très- profonds remplis de sable entourent le grand portique.

Ce passage est merveilleusement imaginé pour inspirer de F assurance , de l’intrépidité , pour accoutumer à traverser les précipices de sang-froid , en même-temps qu’il augmente la force de station , et qu’il apprend à trouver l’équilibre.

M.. Clias a également fait construire un appareil qu’il

nomme le pont mouvant, dont le passage est fort difficile , et qui remplit les mêmes indications.

Lorsque toutes ces manœuvres ont été terminées , on a posé une corde transversalement sous le grand portique , mobile et seulement soutenue sur deux fiches, sans y être attachée: les élèves la franchissent les uns

après les autres. On l’élève peu à peu au moyen d’un échelle graduée selon le système métrique. Le saut se fait avec ou sans perches. On a remarqué que de leur propre impulsion , et sans secours d’instrument , ils s’élevaient à un mètre quarante centimètres , et qu’ils franchissaient en largeur un saut de trois à quatre mètres.

a r aide de la perche , ils sautent un fossé de cinq à six mètres de largeur , et s’élèvent facilement à deux mètres. Deux d’entre eux ont même fait un saut de de trois mètres (neuf pieds), en tombant debout et avec grâce dans un fossé rempli de sable.

Quant au saut en profondeur, c’est-à-dire, de baut en bas, il est des enfans de neuf ans, de douze, de quinze , et des hommes de vingt à trente, qui s’élancent habituellement de quatre mètres un tiers (treize pieds.)

Les muscles des lombes et du dos , ceux des extrémités supérieures et inférieures acquièrent dans cette répétition d’une difficulté toujours croissante à vaincre, une augmentation considérable de force et d’énergie \ et le corps est accoutumé à franchir des obstacles, comme à échapper à des dangers dans les circonstances difficiles de la vie. Hippocrate plaçait les sauts au rang des meilleurs exercices ; ils n’échauffent pas , disait-il , mais ils rendent le corps plus leste , et réveillent l ame (1).

(i) T« os àv a/i v r\ p ara /ai ràv pi y erâp/a

^laQspp.atvot'n. Oapociast ci to o’wp.a mi ty,v /al rov Trvsvparoç

v.çvqÙqi, Foës, pag. 36^

Le divin Socrate faisait aussi un cas tout particulier des exercices, et notamment du saut , qu’il pratiquait fréquemment pour entretenir une bonne santé (2).

Toutefois , cette pratique , quelque salutaire qu’elle soit effectivement, doit être placée parmi celles qui ont besoin d’être assujetties à des règles fixes , pour ne pas produire d’effets dangereux. C’est au médecin qu’il appartient de faire ces distinctions , qui n’avaient échappées ni à Hippocrate , ni à Galien , ni à Oribase .

De fort jeunes élèves grimpaient rapidement un mat de douze mètres (trente-six pieds ); arrivés au sommet, ils fixaient à une poutre transversale des câbles , par lesquels ils descendaient avec une prestesse inconcebable. Dans le même temps , d’autres personnes parvenaient à la même hauteur, en grimpant à un câble mobile. Les anciens nommaient scoinobates (3) ces espèces de lutteurs. Mercurialis nous a conservé une peinture fidèle de cet exercice antique , qu’il a copiée sur une pierre précieuse gravée. Nous devons faire le plus grand cas de l’art de grimper, soit à cause de son utilité dans beaucoup de circonstances de la vie , soit parce que , mettant en mouvement tous les muscles du corps d’une manière simultanée , il paraît propre à corriger une foule de difformités ou de lésions , et à fortifier tout l’appareil locomoteur.

Chez les anciens , et notamment chez les Spartiates , la lutte était placée au rang des institutions les plus utiles, puisqu’ils voulaient même que les jeunes filles s’y exerçassent. Dans les spectacles, dans les jeux pu-

(2) Soepius saîtabat . eam exercitationem plurimum ad tuendam bonant valetudinem conducere existintans , sicut et Xenophon iasym posio testatur. Diog. Laert. lib . in vilâ socratis.

(3) 2^oivqêar rçç.

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