‹ Gymnastique élémentaire, ou cours analytique et gradué d'exercices propres à développer et à fortifier l'organisation humaineChapitre 7 sur 53 · H GYMNASTIQUE · texte numérisé non relu

H GYMNASTIQUE

blics , on les faisait lutter en présence des magistrats et du peuple ; on avait probablement en vue de fortifier leurs corps , de les aguerrir contre les douleurs , de les roidir contre la sensibilité , et la mobilité naturelle h leur sexe-, mais nos institutions et nos sociétés modernes repoussent ces sacrifices surnaturels. Notre but d ailleurs est ici, d’étudier les lois de l’hygiène et de la thérapeutique , si bien d’accords avec les jeux de la palestre. M. jémoros a donc fait sagement d’introduire dans son gymnase la lutte , dont il a admis jusqu’à huit espèces ; nous aurions pu même demander qu elle fût soumise à un plus grand nombre de variétés.

Celles que nous avons vu pratiquer sont la lutte des bras et des épaules • une seconde , qui consiste dans Faction de se serrer entre les bras , de se dégager 5 11110 troisième, où les adversaires étant assis , ont les pieds contre les pieds-, dans celle-ci , chacun des combattans tenait un bâton lié au bâton du lutteur, opposé par une forte sangle : là , s’arcboutant contre les pieds, les bras tendus, le dos courbé , ils faisaient un effort continu et prolongé , jusqu’à ce que l’un d’eux fui emporté par son adversaire. Les vainqueurs combattaient ensuite les vainqueurs, et ce spectacle, aussi curieux que nouveau , devait intéresser vivement et le physiologiste et le simple observateur. Enfin , le gymnasiarque parle de trois autres variétés qui s’exécutent avec des boules ; celles-ci ressemblent aux luttes qui contribuèrent , chez les anciens , à fonder la réputation de Milon de Crotone. Si le directeur ne permet point que les enfans se terrassent en limant debout , c’est qu’il redoute les chutes , n’ayant pas assez d’espace pour destiner un terrain profondément sablé , à cette variété, d’exercices.

Il parait <pe les anciens luttaient, ou debout, ou

étendus sur le sol. Hippocrate recommande , dans le deuxième livre du régime , la lutte qui se fait en opposant seulement les mains aux mains de l’adversaire ; il dit ailleurs qu’elle réchauffe , fortifie et augmente les chairs , (probablement les muscles) (i).

Elle est , selon Cœlius Aurélianus , utile dans les douleurs de tête (2) ; et Oribase (3) nous apprend qu’elle guérit l’hydropisie ; d’autres Font opposée à la mélancolie et aux affections deFestomac.

Quels que soient ses avantages , ils pourraient être balancés par de graves inconvéniens , si elle n’était assujettie à des règles que vous pressentez facilement, et employée avec modération. C’est ainsi qu' Hippocrate (4) blâme fortement Hérodicus d’épuiser les Fébricitans par de trop fortes luttes , et que Galien , ne la jugeant que dans les exercices outrés des athlètes de profession , n’en parle que pour signaler ses dangers -, il racconte , par exemple ^ que le fils de Marc-Aurèle , encore enfant , avait souffert une inflammation de la bouche provoquée par la lutte.

Vous ne trouverez pas déplacé que nous vous entretenions d’un instrument imaginé par M. Amores , pour sauver les enfans des incendies. Il consiste dans un sac de forte toile , bien assujetti sur le dos par des courroies; un sapeur-pompier , élève du gymnase ,y a placé un des enfans de Finstitution , et libre alors de tous ces mouvemens , il a traversé avec aisance , et .au milieu

(1) Wzkn Se /ai rpbjaç rotciv roO’ cwyaroç Trapéyst. p.â).Àov rov 7r ovo'j. @spp ahst Sè râv cap/a /ai çfpsot , /ai aüc'S'rOae Trotss 1 Six rS.Se, Hippo , p. 364- (3) Lib. I , chro. cap, I.

(3) Lib. Vî , c. 28.

(4) Epid. VI.

d obstacles placés à dessein , l'appareil des trois mâts h inclinaisons diverses. Cette invention touche de trop près a 1 humanité pour ne pas intéresser des médecins philantropes et éclai rés.

Pour apprécier les forces employées, et mesurer leur accroissement progressif , le savant gymnasiarque termine assez souvent ses séances par diverses épreuves du dynamomètre ; et voici les plus importantes de celles qui se sont passées sous nos yeux.

Les élèves de six a dix ans font un effort égal à soixante* dix ou quatre-vingt-dix livres ; ceux de dix à quatorze, un de cent dix à cent quarante -, ceux de quatorze à dix-huit , un de cent quatre-vingt à deux cent quarante, enfin , ceux de dix-huit ans et au-dessus emploient une force de deux cent soixante à trois cent quatre-vingt-dix.

En plaçant un dinamomètre entre deux lignes de vingtcinq élèves d’âge différent , et dont chaque ligne tire en sens contraire , par le moyen de deux cordes , l’instrument marque de mille à douze cents livres.

Si on le fixe à un point d’appui solide , et que les cinquante eleves agissent dans le meme sens , leurs efforts combinés portent l’aiguille à trois mille et à trois mille deux cents , enfin . et ceci est bien digne d’attention , si on ajoute un rhythme ou un chant à ces mouvemens de traction désordonnée , l’effort mieux réglé , plus simultané 3 est de quatre nulle huit cents avec le même nombre de bras.

Vous voyez combien de muscles déploient leur énergie dans cette manœuvre, et combien la force de traction est susceptible d’accroissement par l’influence cîc 1 habitude. Nous avons pensé aussi que ces détails ne seraient pas indifférens au physiologiste , appelé à établir des calculs sur la dynamique musculaire. Les anciens ne nous avaient rien laissé dans ce genre • leurs

instrumens de physique n’étaient point assez perfectionnés , et leur notions physiologiques point assez exactes. Il est probable que par la suite on obtiendra une appréciation plus juste des puissances musculaiies évaluées , soit dans les âges , soit dans les sexes. Cette appréciation nous manque , malgré les utiles travaux de quelques physiciens observateurs.

Dans la course , l’un des gymnastes a parcouru en dix-huit secondes le stade , qui est de trois cents pieds, et le neveux de M. de Gérando , ce respectable philantrope qui consacre une vie laborieuse et active à des actes de bienfaisance , et à protéger les institutions cjui ont pour but Futilité publique , a franchi ce meme espace en vingt-une secondes ; par conséquent , le ptemier a employé une vélocité égalé à quatorze minutes vingt-quatre secondes par lieue ; et le deuxième , une vélocité égale à seize minutes vingt-quatre secondes.

On a obtenu et évalué d’autres grands résultats. Les hommes faits ont généralement gagné un quart de force; et, dans ce sens , quatre d entre eux valent aujourd hui autant que cinq.

D’autres observations qui intéressent plus directement F hygiène et la thérapeutique , ont constaté les bons effets de la méthode. Les enfans moroses ont repris l’expansion , l’hilarité naturelles à leur âge ; cjuelqnes lymphatiques ont acquis une physionomie express sive, un coloris animé; et les faibles ont vu se développer rapidement leurs forces. Rien n’est plus commun que ces remarques; nous avons été nous-mêmes les témoins de la révolution heureuse opérée sur le teint olivâtre de deux adoîescens ^ qui Font promptement échangé contre des traits plus expressifs , et des couleurs plus fraîches , F1 us fondues.

L’un des fds du gymnasiarque était presque toujours

à Finfîrmene du college de Louis-le-Grand , fréquemment îe dernier de sa classe , atteint d’une apathie, d’un dégoût pour l’étude , insurmontables ; il joignait à cela des tumeurs glanduleuses , des engorgemens lymphatiques, des maux d’yeux. Dix mois de la palestre ont dissipe son état valétudinaire , et l’ont rendu , en lui restituant l’énergie et l’émulation , aussi fort dans sa classe , qu’il était faible précédemment.

Le jeune Cau... éprouvait depuis long-temps un amaigrissement considérable qui n’avait pu céder à aucun moyen ; il était pâle , débile , et avait une telle faiblesse dans les jambes qu’à peine pouvait-il soutenir une marche de quinze minutes. Envoyé dans la pasestre par un de nos confrères , il épouva une amélioration aussi prompte que sensible 5 et , après trente leçons , il put faire deux lieues à pied.

Tels sont les détails des remarques que nous avons faites dans une institution qui nous a paru un champ de féerie et de métamorphoses salutaires.

Un jour viendra où , les circonstances le permettant, on établira un bassin pour la natation , une salle d’escrime , et un manège pour l’équitation. A ces améliorations indispensables, on ajoutera une foule d’instmmens que réclame encore cet établissement , si bien en rapport avec les vrais principes de l’éducation physique. Alors, nous n’aurons plus rien à envier, ni à nos voisins , ni aux siècles antiques.

C’est une grande conception que d’avoir fondé une palestre dans une de ces enceintes où l’on renferme les en fa ns pour cultiver lebr intelligence. Si cet exemple était imité dans ces grand cloîtres , ctu’oh désigne sous les noms de lycées ou de collèges , on rendrait au corps ce que les entraves lui ravissent ; et les maladies si communes à ces nombreuses réunions , telles que les

fièvres cérébrales , pourraient diminuer dans une proportion fort étendue 5 et au lieu de cbétives marionnettes , ou rendrait à la société des individus sains de corps et d’esprit.

Nos observations nous portent donc à reconnaître que les jeux palestriques doivent développer l’énergie musculaire , et augmenter la force de la fibre motrice , en la rendant durable. Ils agrandissent la capacité de la poitrine , et favorisent ainsi le libre exercice des fonctions importantes dont elle est le siège. L appareil des organes digestifs conserve toute la plénitude de son activité , et la nutrition s’opère par conséquent d’une manière plus parfaite. Si la gymnastique bornait là ses effets , elle manquerait une partie de son but , puisqu’elle n’embrasserait point l’ensemble de la constitution physique de l’homme. Mais on a fait 1 importante observation quelle étendait son influence sur les sens dont elle perfectionne la justesse et augmente la force ainsi que la finesse.

A ces effets si désirables , nous pouvons ajouter ce que nous avons fait si souvent pressentir qu’elle corrige beaucoup de vices de conformation , quelle s’oppose puissamment à la fausse direction que peuvent prendre , soit la colonne épinière , soit les os des extrémités -, enfin les propriétés vitales et organiques en reçoivent une activité plus salutaire , une énergie plus constante , et elle devient ainsi la source d une plus grande longévité.

L’art de la palestrique , convenablement dirigé , s’ap* pliquera aussi à fortifier les fonctions qui sont en souffrance , ou les parties de l’appareil locomoteur qui ont une débilité relative. Vous savez que les enfans ont une inclination toute particulière à se servir des membres qui répondent le plus activement à leur volonté 5 et

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cette fausse direction concourt encore à augmenter FL négale répartition des forces ; car, pour répondre à son objet final , l’art cherche à établir l’harmonie entre les forces locomotrices , en perfectionnant sans cesse les parties les plus faibles. Ici Fart et les penchans sont en opposition manifeste. Platon , qui , par la profondeur de son génie , avait fait de si grands rapprochemens , et découvert tant de vérités utiles , voulait que les guerriers s’habituassent à être ambidextres , afin de ne pas avoir une bonne et mauvaise main. iJéjà M. Amo~ vos s’est soumis à l’observation de cet utile précepte , en employant de préférence la main gauche dans plusieurs exercices, et il se propose de compléter le développement des extrémités gauches, en les faisant travailler autant et plus que les droites , jusqu’à ce que l’équilibre soit établi.

Si nous dirigeons nos regards sur d’autres points importans de 1 hygiène et de la pathologie, nous concevrons l’espérance fondée de voir affaiblir cette mobilité nerveuse, cette sensibilité morbide, si communes parmi nous. INées de la mollesse , elles enfantent ellesmêmes, et les maladies hystériques, et les maladies vaporeuses, et les affections hypocondriaques. Corroborez l’économie vivante, vous les verrez disparaître.

Aux terribles effets de ses affections, se joignent des effets plus redoutables encore. L’agacement 'nerveux produit l’agacement de certains organes délicats et irritables; alors s’annonce, vers lage de la puberté , ce fatal et cruel défaut qui attaque la vie dans ses propres sources; mais on sait que la prédominance de l’appareil musculaire s’acquiert toujours aux dépens d’une sensibilité excessive et vicieuse. D’ailleurs l’exercice fait naître la lassitude, et la lassitude le sommeil» Si l’adolescent , succombant au besoin de repos , dort

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profondément, il n’est et ne peut être réveillé parles fantômes d une imagination déréglée.

De ces données importantes, nous pouvons conclure que la gymnastique va devenir le remède unique d’un fléau dont on n’avait point trouvé le préservatif, et contre lequel il est toujours dangereux d’en proposer \ car en parler, c’est provoquer des explications, c’est faire réfléchir sur ce qu’on doit ignorer , c’est ouvrir la porte au vice lui-même.

Les anciens ne concevaient pas une bonne institution sans l’aide de la musique : et M. Amoros connaît trop bien l’histoire de ce peuple chez qui nous allons chercher tous nos grands modèles , pour ne pas faire avec ses exercices une combinaison dont il devait at« tendre les plus heureux résultats : il ne s’est pas borné à introduire le rhythme pour maintenir l’ordre , la régularité , et obtenir la précision \ il a porté plus loin la profondeur de ses vues , en donnant un but moral à tous les mouvemens , à tous les succès de ses élèves : ils apprennent donc chaque jour qu’ils seront utiles à leurs semblables dans mille circonstances critiques , si les manœuvres du gymnase leur deviennent familières. On s’étudie aussi à leur inspirer des idées de courage , de constance , de fermeté , d’élévation dans les sentimens ; et ces préceptes, fortifiés par les leçons orales , se retrouvent sans cesse dans les cantiques composés et publiés à cet effet. Ceci explique pourquoi chacune des vertus a obtenu une récompense particulière et sa couronne, le jour de la distribution solennelle des prix.

Indépendamment des effets du rhythme sur l’harmonie et la précision des mouvemens , la musique a cet autre avantage qu elle rend les pratiques , et moins monotones et plus agréables ; l’ennui ne les accompagne

p<ts; clîes s exécutent, au contraire, avec joie, et tou-* jours avec un nouveau plaisir.

La musique adoucit, et c’était l’opinion des philosophes de la Grèce , ce que l’accroissement rapide des forces peut développer d’âpre dans les moeurs , de farouche dans le caractère. Aussi Platon et Aristote prescrivaient-ils de l’enseigner aux eitfans dans les états le plus sagement constitués : elle est d’ailleurs, ce nous semble , convenable au génie d’une nation qui aime la gaieté et mêle les chants aux choses les plus sérieuses.

Vous anticipez, par la pensée , sur ce que nous avions à dire concernant l’influence hygiénique de la voix, et vous apercevez déjà qu’en agissant ainsi sur ses organes , en même temps qu’on le fait sur l’appareil locomoteur des extrémités , la poitrine doit recueillir plus de force, plus d’énergie 5 ainsi donc , vous applaudirez à ce concours bien entendu du chant et du mouvement, harmonie de deux combinaisons qu’on peut, dans nos temps modernes, considérer comme un perfectionnement du a notre savant gymnasiarque.

Si nous invoquons le témoignage de l’antiquité et celui des médecins modernes les plus illustres, nous serons convaincus de cette vérité , savoir que l’exercice delà voix, considéré dans toutes ses modifications est un moyen hygiénique et thérapeutique. Hippocrate le recommande expressément après le souper (1) et Celse indique à ceux qui ont des maux d’estomac , de faire une lecture , et après l’avoir achevée , de se promener , de jouer de la balle , de faire des armes ou

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ton te autre espèce de mouvement qui agite les parties supérieures (i). Le même précepte est donné, par Ætius à ceux qui souffrent de l’estomac , et qui sont sujets à des rapports acides. Il leur indique les exercices de la voix comme éminemment salutaires (2) • l’anaphonèse (3) est également approuvée par Cœlius Aurélianias contre la céphalalgie et autres maladies. Dès le temps de cet auteur , on avait établi des réglés très— minutieuses pour la cure de quelques affections , par ce procédé ; et , si nous les passons sous silence , c’est qu’elles seraient déplacées dans un simple rapport.

Il semblait que Baglwi n établissait aucun doute sur l’efficacité d’un semblable moyen , lorsqu’il conseille aux goutteux , qui ne peuvent jouir de la libre locomotion, de s’exercer par la voix, soit en lisant tout haut, soit en causant avec des amis, soit en chantant 5 car ajoute-t-il , la lecture et le chant sont classés par Plutarque dans le rang des exercices (4).

A ces observations , nous joindrons celle de M. Tissot, qui conseille judicieusement défaire apprendre la musique de bonne heure à ceux qui sont atteints du bégaiement 5 en les accoutumant à la belle prononciation du chant, ce serait les habituer insensiblement à une bonne manière d’articuler (5).

(ï) Si quis veto stomacho laboratpost lectionem ambulare ; ïiimpilâ velarniis alloue quogepere, quo superiorpars movetur , exerçai , etc. Lib. I , chap. II , sect. V.

(2) V ox egregiè convenu stomacho laboranlibas et aciduni eruc~ tantibus.

(3) De àvà, par, et de ? voix.

(4) Podagrici , si aliter ex eroeri non possint, exerceanlur voce scili cet, vel libres alta voce legendo , vel cum amicis colloque ndo , vel canendo , qssidua namque lectio et cantus recensentur a Plutarcho inter généra excrctlii. Baglivi , lib. I , cap. IX , t. 1, p. 160.

(5) Gymnastique nae'dicale , p. 307 et 3 1 1 .

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Plusieurs gens de Fart lui ont assuré avoir vu dans des couveos de jeunes pensionnaires très-délicates menacées de pulmonie , dont Fexistenee paraissait prête à s’éteindre , et dont la mauvaise constitution a changé en se livrant à la musique vocale. On les instruisait sans les contraindre t on paraissait ne vouloir que les amuser, et par ce moyen on réussissait à améliorer leur constitution , et à former leur talent.

Depuis long-temps ,. on agite parmi les médecins une question de la plus haute importance. Il s’agit de savoir s’il faut interrompre le chant vers le développement de la puberté. Cette proposition, trop générale pour être soumise à une solution exacte , n’est cependant pas hors de la sphère des calculs de l’analyse. Il nous semble en conséquence qu’elle est subordonnée à la force de l’adolescent , au degré d’imperfection des organes pulmonaires , et même du genre de voix qu’il

En prenant ces données pour base , et en limitant avec rigueur le temps consacré à la musique , il nous semble utile de faire chanter chaque jour, à moins de lésions graves dans les voies aériennes, ou dans le cœur et l’aorte *, mais on diminuera la somme totale du chant , soit dans la durée, soit dans la répétition , et on ne permettra que les tons graves. S’il nous était permis, après de si grandes autorités, d’appeler notre expérience en témoignage, nous dirions que nous avons eu quelquefois à nous applaudir d’une semblable méthode , conforme aux lois de la prudence et aux règles de Fhy-U giène.

Quelques observations générales, et qui sont d’un grand intérêt, trouveront ici leur place , pour ajoutera l’idée que uous concevons de la méthode de M. Amo ros. Parmi ces remarques , nous placerons la marche

graduelle des exercices ; la relation qui leur est donnée pour multiplier les opérations , en faisant descendre les élèves par des routes différentes de celles qui leur avaient servi à monter ; l’émulation établie par des comparaisons continuelles entre deux ou plusieurs antagonistes 5 le frein imposé à l’orgueil qui naîtrait des éloges , par le blâme attaché à la violation des règles et à la mauvaise exécution des exercices.

On n’oubliera pas aussi la hardiesse de plusieurs de ces manoeuvres , si propre à vaincre la faiblesse d’esprit et la lâcheté, qui sont le fruit d’une mauvaise éducation; il faut aussi considérer la prudence avec laquelle sont ménagés les momens de repos , et la manière utile d’employer ce repos , en expliquant les élémens ou les principes de notre organisation et de nos mouvemens.

Enfin , il convient également de fixer nos idées sur l’observation exacte d’un règlement , bien conçu par M. Amoros , règlement où tous les principes d’ordre et de subordination se trouvent réunis ; sur le jury, composé des enfans les plus sages et les plus appliqués , et sur les moniteurs de ces mêmes élèves , pour diriger et commander les autres. Nous espérons que cette dernière partie de l’organisation du gymnase recevra un jour tout le développement dont elle est susceptible , car nous avons l’intime conviction que l’enseignement des exercices peut être , sans réserve aucune , soumis à la méthode mutuelle.

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