Publié dans la Liberté de penser de décembre
4. Notes inlerfobées dans son exemplaire de Spinoza et numérotées de A à Z. Quelques-unes sont perdues. Ce sont parfois des réfutations. Ex. : note B : « Voici le point faible du système (proposition 28). Il y a là une double impossibiUté. Le mouvcmeut chez Spinoza manque de cause. Le premier moteur d'ArisLole n'existe pas. » Note Y : <( L'erreur fondamentale de Spiuoza est d'avoir détruit le monde. Au fond, il l'engloutit en Dieu. Sa philosophie aboutit à cette proposition que les choses particulières ne sont distinctes qu'au regard de l'esprit et non en soi. »
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Hegel. Sa ciiriosilé se portait sur tous les sujets, et nous voyons par les analyses de ses lectures qu'il étudiait alors Hobbes et Burdach* avec la même ardeur que Creutzer, Pascal ou les Pères de l'Église. — Ses camarades, moins studieux, le « feuilletaient » comme un répertoire vivant-, et ifs étaient émerveillés de l'étendue et de la profondeur de son information.
La suite des lettres à Prévost-Paradol nous éclairera mieux que tous les commentaires sur l'état d'esprit et les études d'Ilippolyte ïaine pendant cette première année d'École normale.
A FREVÛST-PARADOI
Paris, 22 février 1849 Mon cher Prévost, je viens d'avoir le plaisir le plus vif que j'aie eu depuis longtemps; ta lettre si affectueuse, si remplie de confidences, m'a rendu heureux, et m'a donné un si grand besoin de causer avec toi, que je veux employer toute cette soirée à t'écrire. Il y a bien longtemps que j'en ai le désir; mais toujours le temps me manque; et puis (je te l'avoue) je compte toujours me dédommager Tan prochain. Travaille, cher ami, le grec et le latin, si ce n'est pour toi, du moins pour moi. J'ai besoin de toi; tous les jours je sens ce besoin plus fortement parce qu'à l'École je n'ai aucun ami, ni pour les choses d'esprit, ni pour les choses de cœur; tout ce Ilot de pensées et de sentiments qui s'agitent en moi, ne pouvant déborder au dehors,