‹ H. TaineChapitre 29 sur 160 · Voir Gréard, ibicL, p · texte numérisé non relu

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2. Il s'agit d'un proche parent de M. Taine, qui plus tard lui fit prisent des œuvres complètes du célèbre phalanstèrien.

Tu comprends que je ne vais pas t'en envoyer la réfutation ; il faudrait faire de la métaphysique et tu n'en veux pas ; ni moi non plus ; car présentement, j'ai fort mal à la tête et je suis incapable de penser sérieusement; je vais même prendre quelques jours de repos. Je veux simplement t'écrire quelque chose sur l'histoire de la philosophie, et sur le point précis où en est ton esprit; comme la lumière et la chaleur, la pensée a ses lois nécessaires, et l'on peut tracer d'avance son mouvement.

Il y a trois moments dans la philosophie ' ; tu es au premier, je souhaite de tout mon cœur que tu passes au second pour arriver au troisième; je vais l'expliquer ce que j'entends par là.

La première philosophie est la philosophie sonsualiste, matérialiste, celle de Lucrèce, de Thaïes, de Fourier, d'ilelvétius. L'homme considère ce monde sans avoir encore réfléchi sur lui-même i)ar la conscience, sans avoir le sens net de ce qui est matériel et spii'ituel; il voit les choses avec les notions conuuunes qui viennent de l'imagination ; l'Être ou la Vie pour lui, c'est un air subtil, un })eu fluide, ou toute autre chose qui court par tout le monde (!t qui, se combinant en diverses façons, produit les diverses organisations. Le Bien c'est la jouissance, et l'émotion sensible, ou le plaisir. Cette philosophie ne voit guère que l'apparence extérieure des objets, et n'a au fond nulle rigueur, et nulle notion claire; elle succède immédiatement au scepticisme né de

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