‹ H. Taine: sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 28 sur 131 · A M. HATZFELD · texte numérisé non relu

A M. HATZFELD

Paris, 16 décembre 1854 Mon cher Monsieur, qu'avez-vous pensé de moi en me voyant rompre la discussion que vous me proposiez si obligeamment?' Ce qu'il fallait en penser sans doute,, c'est-à-dire que j'étais malade, dégoûté, fatigué, et que j'avais plus besoin de remuer mes jambes que mes idées. C'est la vérité ; j'ai passé près de trois mois aux Pyrénées dans l'oisiveté la plus complète, essayant de refaire ma cervelle malade, et de guérir mon gosier. Il va mieux, mais je serai obhgé d'y retourner l'an prochain. Tâchez de n'être jamais malade; vous n'avez pas cette mauvaise habitude, et j'espère que vous ne l'avez pas prise là-bas.

Du reste, ce que je vous écrivais me parait encore vrai. La sensation du Beau, comme toute sensation, est au-dessus de la discussion. C'est un fait que chacun peut cherchera formuler, voilà tout; telles causes la pro-

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