Bibliothèque universelle
6. Parus dans le Moniteur universel, 9 et 16 mars 1857 ; et Causeries du Lundi, tome XIII.
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94 CORRESPONDANCK
A EDOUARD DE SUCKAU
Paris, janvier 1855 Mon cher Edouard, tu mérites de grands reproches. Tu mirais bien dû venir me voir au jour de Tan. Je n'ai pu aller chez toi, j'étais malade. Névralgies, fluxions, clous énormes sur les nerfs du cou, je suis depuis un mois tout éclopé. J'étudie l'influence du physique sur le moral, cher ami, et j'en suis à me demander quelle est l'ulilité des nerfs sensitifs, non sensoriels, si abondninment répandus dans notre machine, sinon à nous faire souffrir inutilement, pour la plus grande gloire de Dieu.
Comme distractions, j'ai écrit un grand article dans le jom-rial d'Hachette* que tu verras jeudi ou vendredi. J'en vais faire quelques-uns afin de me conserver une portL^ ouverte de ce côté. Aussitôt ma machine un peu remise, j'irai frapper à celle de la Revue des Deux Mondes avec deux articles, mais avec à peine un grain d'espérance'. Je tente toutes les chances, afin de bien me persuader qu'il est inutile d'agir, et que le mieux i*st de tisonner mon feu, et de fabriquer des bacheliers ijiiîuid la matière donnera. Il a passé devant mes yeux comme qui dirait l'espérance d'un livre' valant la peine d'éhe fijiit. J'en suis fâché. Ces illusions momentanées
1, Vok" p. 87, note 2.
a. hî p. 89, note 1.