‹ H. Taine; sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 16 sur 140 · Voir p · texte numérisé non relu

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vant allemand m'a prêté la Logique de Trendelenburg- • . C*est une métaphysique et une critique de Hegel. Voici le fonds en deux mots : l'élément primitif, irréductible, qui seul compose toutes les idées et toutes les formes d'existence, est le Mouvement. Avec cela il construit le monde. — Son livre est clair, et ne casse pas la tête comme le monstre que j'ai mis six mois à digérer à Nevers*. Mais cela n'est pas gigantesque comme le monstre. — Les Allemands unissent toujours logique et métaphysique et, depuis Kant, subordonnent toute question à cette recherche : prouver que la Connaissance est certaine et possible.

J'ai vu enfin le Ministre, pendant quatre minutes et demie. Défense de rester chez M. Jaulfrot, toutes mes raisons n'ont fait que blanchir. Mais il m'a dit de lui adresser une demande en traitement de disponibilité. La demande mourra-t-elle dans les bureaux, interceptée par M. Lesieur? Si je n'obtiens rien, il sera toujours assez temps de reprendre une pension, et de me faire destituer l'an prochain. Edmond hier a quitté M. Jaufîret. Cela le gênait pour ses soirées, il n'aime pas à être asservi. Là-dessus je me demande si nous sommes des imbéciles, nous qui faisons tout le contraire. Dans dix ans on verra qui aura raison et, sur ma foi, je ne sais qui l'aura. Au fond, cela est nécessaire, on ne contrarie pas sa nature. Nous suivons notre pen-

1. Trendelenburg (Frédéric-Adolphe), philosophe allemand, 1802-

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