Méditaiians sur l'état actuel de la religion chrétienne
duction se soit opérée dans un pareil monde, cela est inouï. Dès qu'on a vu fumer une cornue, ou disséquer une articulation, la conception même en devient impossible. Il n'y a plus de lois dans la nature, s'il y a eu jamais un tel renversement des lois de la nature. — Ici, comme ailleurs, il y a eu des transitions, des préparations, des progrès; là intervient l'explication de Lyell et de Darwin, fondée sur l'incommensurable longueur et la prodigieuse durée des périodes géologiques, sur les milliers de milliards de siècles, tels que l'étude de la croûte terrestre les constate aujourd'hui.
De même pour la persistance des espèces. Je crois que M. Guizot n*a consulté qu'un groupe d'avocats; M. Flourens est un si pauvre homme, si peu considéré dans la science, que les hommes spéciaux en font des gorges chaudes. Les naturalistes éminents considèrent aujourd'hui les classifications et les espèces, non comme des données primitives, mais comme des produits. J'indiquerai seulement sur cette question deux mémoires de M. Broca, un des fondateurs de la Société d'anthropologie : 1** Rapport à la Société de biologie sur les animaux ressuscitants, et partant sur la nature de la vie. 2° Mémoires sur rhybridité. Entre autres réfutations de la séparation radicale des espèces, il y a ce fait : un spéculateur d'Angoulême fabrique depuis plusieurs années des métis de lièvre et de lapin, trois quarts lièvre, un quart lapin, les'iuels se re])roduisent indéfiniment, quoique le lièvre et le lapin soient des genres tout à iait différents, bien plus que le loup et le
renard, le cheval et Tâne. — Bref les idées actuelles viennent de tout un ensemble de recherches de physiologie et de zoologie que les réfutations du livre ne me semblent point toucher.
Je n'ai pas besoin de demander pardon de ces objections; je sais que M. Guizot et toi vous êtes franchement et foncièrement libéraux, et que vous admettez la contradiction.