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3. Ibid., p. 143 : « ...U est un fluide que nous désignons sous les divers noms de lumière, chaleur, électricité, magnétisme, galvanisme, attraction, effets divers d'une même cause, noms variés de ce principe universel qui est la vie de l'univers.... Voilà mon univers. Si Dieu existe... cela ne m'embarrasse nullement; car ce monde tout matériel, si tu veux, où l'homme n'est que la première des a^éatures, ne me semble en rien indigne de lui.... »
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âce dans la nature rélectricitè ^ — Je conclus de là que tu as si peu examiné la nature de Dieu, de la loi morale et de la liberté, que tu n'étais pas convaincu dé leur existence, et que tu as pu les sacrifier sans peine aux créations de ton imagination. C'est pour cela que je t'ai conseillé et que je te conseille de lire Kant sur la loi morale', Descartes sur l'existence de Dieu, Maine de Biran' et, Cousin* sur la liberté, afin d'y croire. Quant à présent, ne songe pas à la conciliation des termes opposés. Pour concilier, il faut des termes contraires, en l'existence desquels on croie invinciblement. Or, maintenant tu n'as qu'un terme, par conséquent ce qui est à faire en ce moment c'est de poser avec conviction le second.
Remarque en passant que cette loi de génération des systèmes, dont tu t'es moqué, est fort simple. Elle se réduit à ceci : avant de concilier et d'expliquer les oppositions, ce qui est le but de toute science, poser les
1. Gréard, ibid,, p. 146 : « Si j'osais entrer en lice avec toi, je nierais que ce que tu appeUes spirituel te représente réellement quelque chose. Ce mot lui-même veut dire souffle, force, électricité.... Ta pensée franchit-elle le monde en moins de temps qi'^e ce grand fluide? Agit-eUe sur ton corps plus vite et par une puissance plus mystérieuse que le grand fluide sur la matière? Les Cartésiens, les Malebranche, ne peuvent se décider à faire agir la volonté sur le corps : qu'ils voient le fluide remuer les montagnes et qu'ils l'expliquent.... Craignons que cette grande querelle du matériel et du spirituel ne soit qu'un malentendu.... Cette distinction rend inexplicable et inconcevable cette vie universelle, ce grand fluide suspendu alors entre la matière et l'esprit pur. »