Un jeune élève de M. Denuelle
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là. Ils ont avec eux beaucoup d'étrangers. Italiens, Anglais, Allemands même et autres affiliés de la Jacquerie universelle.
Cliâtenay hier était bien triste; il faudra bien du temps, bien de Targent qu'on n'a pas, pour réparer ces pauvres maisons. Quelle misère! Et les bois sont si beaux, pleins de fleurs bleues, d'anémones, les bouleaux sont déjà verts !
Le canon a cessé de tirer ce soir à 4 heures et demie.
Le chemin de fer d'Orsay ne va plus, je ne sais quand je pourrai retourner à Ghâtenay.
A MADAME H. TAINE
Jeudi 6 avril, Orsay
A Versailles, Libon m'a dit que toutes les lettres de province faisaient encore un monceau dans une chambre encombrée, et qu'on ne pourrait rien avoir avant deux jours au moins. Aujourd'hui nous sommes partis à trois dans une voiture empruntée, avec une rosse. J'ai déjeuné chez M. Questel, vu Libon, passé deux heures avec Guillaume Guizot, rencontré Levasseur l'économiste, du Mesnil, le chef de division, et Saint-René-Taillandier de l'Instruction publique ; en outre diverses personnes. — Vous aurez lu, avant de recevoir cette lettre, la dépêche de Thiers affichée à 4 heures. L'ordre rétabli à Marseille, troublé à Limoges, mais ce dernier accident
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est peu iiiipoiiant. Od estime à soixanlc-dii mille hommes los troupes de Versailles; excellent esprit, les municipaux et sergents de ville sur la place d'armes ont la plus l)elle tenue. Eu causant avec un artilleur, je lui dis que les insurgés sont les Prussiens de l'inlérieur : « C'est bien pis, monsieur a. Des troupes arrivent de tous côtés, entre autres la garnison de Bitche'. — Le chemin de fer de l'Ouest est encombré d'arlillene, je vois défiler de grosses pièces de 12 et de 24, et des quantités de mitrailleuses. Campements, tentes, chevaux, soldats partout et sur la route Jusqu'à Jouy. Versailles entier ressemble au boulevard Montmartre un beau dimanche; on s'élouffe aux restaurants et aux cafés. — Confiance complète chez tous (les dépéclies de Tliiers sont exactes, très légèrement chargées en beau). Libon, autrefois optimiste, voit maintenant en noir, et pense qu'on n'aura pas fini avant un mois. Mais il est seul de cette opinion, — Mes amis comptent sur des divisions h Paris, le bruit courait que Delescluze* avait coffré tous les autres et s'était proclamé dictateur. J'ai appris sous main qu'une mdtnœwiTe particulière allait jouer pour provoquer à Paris des défections. Les insurgés jouent le jeu extrême, ont arrêté M- de Guerry* et l'archevêque', pillé le
1. Bojnbardéc dés le tO septembre 1S70,la petite forterease de Bitche tint tête aux envahisseurs jusqu'à la paii.
i. Delescluze [Louis-Charles], membre de la Commune né en 1809, tué le 28 mai 1871.
Z. Curé de la Madeleine, né en 1797, fusillé par les insurgés te 27 mai.