D'Orsay où Xladame Taine avait rejoint sa fille aînée
LA GUERRE il
A M. ALEXANDRE DENUELLE i
Tours, 30 août 1870 i
Nous avons loué hier un appartement et des meubles, place du Palais-de-Justice ; nous ne pouvions, rester à riiôtel, nous étions très mal, très à Télroit, table d'hôte encombrée, et l'on ne voulait pas nous garder si nous ne nous engagions pour un temps déterminé ; on y a refusé hier deux cents personnes; tous les appartements sont pris, il a fallu nous presser, sans quoi nous étions sur le pavé.
Quant à votre idée, nous ne l'acceptons pas ; vivre avec des malades, des blessés, des mourants, votre état de santé ne s*en accommoderait pas ; c*est moi qui dois être à Châlenay et attitré par l'Internationale * ; j'entends l'allemand, j'ai quelque connaissance des mœurs et des idées de ces gens-là ; je suis plus jeune que vous, vous savez que j'ai assez d'empire sur mes paroles et sur mes gestes; je vous prie donc sérieusement et instamment de me laisser la place. Venez ici, où l'on aura besoin de quelqu'un. Si Mac-Mahon et Bazaine sont battus, les Prussiens reviendront, et je tâcherai d'être utile aux blessés et au pays. — C'est déjà trop que d'être exempt de la garde nationale; laissez-moi donc faire quelque chose.