M. Taine désigne sous ce nom la Croix-Rougc
coRREs^oNOA^c^;
Tours, 2 septembre 1870 moment l'émigralion de Paris est ralentie ; ! reprend, vous ne trouveriez place dans au- DJ ici, ni dans aucune autre ville de l'Ouest i. Un monsieur de Fontainebleau avec qui ;Iiez le tapissier et qui est venu avec ses six femme et quatre bonnes, a mis dix-liuit r arriver à TtKirs, a passé la première nuit ics dans la gare, la seconde dans un apparie, sur des serviettes, la troisième sur de itelas .
)résenté au bibliothécaire qui me prête des Sensier, frère de celui de Barbizon, qui me Ibums anglais ' ; et je vais me mettre au traluis....
lison de Chàtenay court grand risque, si ■es vaincus dans le Nord, où les grandes it se décider. M. Denuelle a renoncé à s'y me infirmier, et je ne pense pas y aller à sa ux est un quartier central pour l'Iulertiale maire de Châleuay, M. Sédille, en sera le ant.
)urnaux anglais nous sont défavorables et . — Ici l'on dilque HaisMahon est parti avec
250000 hommes, et qu'il y a 400000 Français dans le Nord. Si cela est, et qu'il n'y ait pas de trop grosses fautes stratégiques, nous pouvons avoir bon espoir.
A SA MERE
Tours, 4 septembre 1870
Vous avez reçu la terrible nouvelle, Mac-Mahon blessé et défait, 40000 Français prisonniers, l'Empereur pris ; elle est officielle, l'ennemi va être dans quelr ques jours sous les murs de Paris. Partez vite soit pour Brest, soit pour ici. Bien entendu, en aucun cas n'allez à Paris; voyez comme les Prussiens bombardent et brûlent Strasbourg; à Orsay, ce serait la famine et tout le désordre d'une occupation; mais pour Dieu, pas de retard.
... Il est probable que M. Denuelle ou moi nous retournerons à Paris pour tâcher d'être utiles en quelque chose.... J'ai le cœur serré, comme vous; si j'étais à Paris, je ne pourrais servir qu'aux écritures dans un bureau quelconque ; mon pouls bat trop vite pour que je puisse servir physiquement et de mes bras. Mais je suis mal à l'aise d'être ici, inutile, dans un grand danger public.
OIIX DURAND
Tonrs, 7 seplcmbre 1870
ieur Durand',
n'esl arrivée, nos malheurs jnt Tait quemulliplier et granlemi esl sous Paris, el il me vous répondre: la prcoccupai grands qu'on passe tout son ire des journaux, à, songer à
à Cliàlenay, près de Sceaux, beau-père; nous venons d'emmàre, ma sœur, ma nièce, ma ime vous le voyi'i par la dale ivons mises en sûreté à Tours.
mt bien malveillants; je m'en n compte dans le monde; nous le vous; la France a aidé les Prusse n'a rien fait pour vous.
ernemenl peut paraître l'agrcsparé, mal conduit; son imprudes calamités effroyables el il e véritable agresseur est celui
qui rend la guerre inévitable; nous n'avions que 500000 soldats, et la Prusse H 00 000; quand vous voyez quatre fusils braques sur vous, vous êtes en droit de tirer le vôtre, surtout lorsque, visiblement, on essaie d*en armer un cinquième contre vous, ce qui était l'intention manifeste de la Prusse par son candidat au trône d'Espagne. Le roi Guillaume et M. de Bismarck avec leur énorme armée, le fanatisme de leurs sujets, leurs annexions et leurs procédés violents, jouent en ce moment le rôle de Napoléon I®'' en Europe, rôle détestable et qui aboutira peut-être un jour pour eux comme pour Napoléon I*"" à une grande chute, lorsque l'Europe reconnaîtra, comme en 18 15, que le voisin ambitieux, tyrannique et prépondérant est l'ennemi commun. La sottise de nos gouvernants est inexprimable. Ils ignoraient tout, ils ne savaient ni le chiffre des soldats prussiens, ni l'état et la préparation de cette immense armée, ni la passion nationale des Allemands. A dire vrai, ceux-ci sont plus orgueilleux encore que les Français de 4807; ils se croient le peuple élu, la race privilégiée, supérieure, et depuis cinquante ans tous leurs professeurs, tous leurs savants leur prêchent cet oi^ueil intraitable et inhumain. Par un mélange monstrueux, ils le consacrent, et se croient appelés d'en haut pour régenter l'Europe; c'est ce qu'ils appellent (( la mission historique de l'Allemagne » ; selon eux, elle leur a été donnée parce qu'ils sont « plus vertueux » ; vous n'imaginez pas à quel point ils méconnaissent et difTament les mœurs françaises.
J'étais à Dresde, quand la guerre s'est annoncée; j'étudiais le pays, je prenais des notes; au retour, le 12, j'ai écrit à une personne influente*, pour lui dire que nous allions avoir contre nous les passions de 1813, que la guerre était imprudente; presque tous les hommes cultivés pensaient comme moi. — Mais nous étions aux mains d'un joueur qui a fait de la guerre sa dernière carte, qui a perdu, et qui nous a perdus.
J'espère que nous aurons toujours un pot-au-feu à vous oftrir quand vous viendrez à Paris; ma mère va bien, ainsi que tous les miens; pour mon compte je suis assez souffrant, et en ce moment hors d'état de rien faire. C'est probablement le chagrin et l'anxiété qui me donnent la fièvre. — J'ai commencé à rédiger des Notes sur V Angleterre, d'après le journal des voyages que j'y ai faits. Les comptes rendus qu'on a donnés de V Intelligence sont bienveillants; le suffrage de M. Stuart Mill entre autres m'a été très précieux. En France on a vendu en un mois la première édition ; la seconde est en train ; j'aurai quelques additions à faire à la troisième. Si ma santé est suffisante, j'entreprendrai un travail semblable sur les Émotions et la Volonté. — Quant aux détails que vous me donnez sur nos traductions, je ne puis rien dire sinon que tout est très bien entre vos mains. J'espère que dans votre nouvelle campagne vous êtes heureux et indépendant. Vivre avec des