‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernes (volume 2)Chapitre 41 sur 94 · DES CABANIS · texte numérisé non relu

DES CABANIS

des bommes du peuple, dans la Nouvelle-Zeelande, construites de pieux et de branches entrelacées, ont rarement plus de 7 à 8 pieds de longueur, sur K à 6 de largeur et & ou B de bauteur ; celles des chefe, bautes de 6 pieds, atteignent quelquefois 18 & 18 pieds de longueur, sur 8 à 10 de largeur. Un petit creux carré, parfois environné de pierre, indique la place du foyer, et la fumée n'a d'autre issue que la fénélre, ou la porte si la fenêtre manque. Le lit consiste en un tas de feuilles ; des nattes servent de couverture. Quand les cbefs ont une famille, ils possèdent plusieurs cases, en* tourées d'une seule palissade * .

Les débris de petits brancbages et de roseaux, pris dans le Umon ou dans la tourbe des emplacements lacustres de la Suisse, proviennent sans doute de la toiture dont la forme était nécessairement conique. Dans ces constructions en bois, le foyer, en dalles brutes, devait occuper le centre. Peutêtre le toit était-il ouvert à son sommet pour laisser écbapper la fumée. La paille ou les feuilles accumulées contre la paroi servaient délit, et Ton employait sans doute comme couvertures les toisons des moutons, les peaux de divers animauxtués à la chasse ou les grossiers tissus retrouvés à Wangen.

Du temps de Posidonius, les Gaulois avaient pour sièges et pour tables des bottes de foin et des troncs d'arbre ; peutêtre que dans l'âge de la pierre le plancher en tenait lieu, de même que chez les Papous de la Nouvelle-Guinée. Quelques vases étaient suspendus par des cordons ; d'autres, servant de pot à feu , reposaient vers la cendre. Les armes et une partie des instruments domestiques étaient fixés contre les parois. Tel était sans doute l'ameublement de la cabane

* L'Unmrê. Océanie, Tom. III, pag. 151,

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lacustre. Cependant, quaad on voit le nombre considérable de bois de cerf, d'ossements et de pierres d'usages divers, accumulés sur certains points, il fallait que ces provisions, auxquelles s'ajoutaient celles du ménage, fussent abritées par quelque hangar fermé, complément nécessaire de l'babitatioD.

Si la forme circulaire des demeures parait avoir prédominé dans l'antiquité, comme c'est encore le cas chez beaucoup de populations sauvages, les constructions carrées n'en ont pas moins été connues fort aaciennemrait en Europe, et il se peut que ces deux genres de cabane se soi«il souvent trouvés réunis sur la même esplanade. La hutte carrée a été usitée dès le premier Age sur plus d'un point du Nord. On eo a découvert une, à quelque distance de Stockholm , en creusant le canal qui conduit & Gothembourg' . Une autre, propre à l'Irlande, était sous Ik pieds de tourbe, dans le marais de Drumkellin, dans le comté de Donegal. D'après la desmption du capitaine Mudge, cette cabane mesurait 12 pieds en carré, sur une hauteur de 9 pieds, divisée en 3 étages, hauts de k pieds chacun. Les montants de la charpente avaient pour assise des troncs couchés horizontalement , la toiture

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des traces de compartiments, séparés par des rangées de pieux revêtus de plateaux ou de planches ^

Les cabanes, quelles que fussent leurs formes, devaient se grouper en assez grand nombre sur les esplanades, dont la construction était trop laborieuse pour ne pas en utiliser toute l'étendue. On ne réservait sans doute que des couloirs peu spacieux et que les places d'entrepôt les plus indispensables. L'accroissement de la population avait pour consé* quence l'agrandissement de la plate-forme, pour autant que le blanc-fond s'y prétait. Les habitants du crannoge, resserrés en général sur un ilôt de petites dimensions , entouré d'eaux profondes, n'avaient pas la même facilité, à moins de recourir aux demeures flottantes. Dans tous les cas, ceux qui occupèrent des bassins de peu d'étendue, ne tardèrent pas à avoir des colonies sur terre ferme, où l'on continua sans doute, pendant un certain temps, à élever les cabanes sur des pilotis, à en juger du moins par ce qui se passe encore de nos jours dans l'intérieur de plusieurs lies de l'Océanie. Si ce mode de construction n'était plus général chez les Gaulois du temps de César, c'est que le cours des siècles et l'invasion de nouveaux peuples avaient introduit bien des usages étrangers aux temps primitifs.

Malgré ces variétés de constructions, résultant soit de la nature physique, soit de l'origine des peuples, on est frappé des analogies que présentent les habitations lacustres des âges et des pays les plus divers. Partout le même emploi des pieux, des claies et des plateaux pour des bâtiments carrés ou circulaires ; la même exiguité des cabanes antiques et des huttes modernes ; partout la même indigence d'ameu-

• On take-4welUngt ofthe early période, by W.-M. Wylie. — Archœologia. toU XXVI, pi. Mi.

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blement. Le développement de l'induslrie, dans les parties de l'Europe étrangères à la civilisation des Grecs et des RomaÎDS, a pu amener quelque perfeclioanemeot dans la manière d'ajuster et de consolider les pièces de bois ; le mêlai a focilité la coupe, permis de foire plus et mieux, mais la bourgade lacustre du premier âge du fer n'en est pas moins très pareille & celle des Iges antérieurs ; ses pilotis présentent dans lenr distribution la même irrégularité que précédemment, et ils n'occupent pas des emplacements plus considérables que ceux de l'âge de la pierre. La demeure du Gaulois, décrite par Strabon, était encore conblniite de claies garnies d'argiles. Enfin, les habitations des Pieoniens et des Papous reproduisent tous les traits caractéristiques de celles des temps les plus andens.

Si la manière de b&tir diffère peu dans les premiers âges et ne laisse guère apprécier la marche de rinduslrie primitive, il n'en est pas de même des instruments domestiques dont la matière et le genre de travail permettent de suivre pas à pas les divers degrés du développement humain. C'est d'après ces derniers vestiges des temps antéhisloriqnes qu'Mi litc relative des habitations lacustres

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