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présenter un ensemble suffisant qui permette de juger du mode prédominant à chaque époque, l'ignore même si le sarcophage de forme cubique y a jamais été nettement observé, ce qui s'explique par le fait que les objets de Tftge de la pierre, provenant des sépultures, y sont d'une extrême rareté, malgré le grand nombre de ces pièces découvertes récemment dans les lacs * . Le bronze se trouve parfois à côté du squelette inhumé; il doit en être ainsi vu la nombreuse population qui occupait les rives des lac« pendant le premier âge, mais je ne puis dire jusques à quel point l'incinération a été usitée avant l'âge du fer. Quoi qu'il en soit, les découvertes d'antiquités, au point où elles en sont actuellement, montrent que les habitations sur pilotis ont cessé d'exister avant l'introduction générale du bronze. Cet abandon, qui ne peut provenir uniquement de sinistres accidentels, s'expliqae tout naturellement par l'invasion d'une tribu celtique , devant laquelle auraient succombé les bourgades lacustres. Il est probable qu'à la suite de cette lutte, l'envahisseur s'est établi dans l'Helvétie orientale, et que l'indigène n'a pas pu relever les cités détruites, qui ont généralemait disparu, à l'exception toutefois de celle du lâe de Sempach et vraisemblablement de tel autre point dont on n'a pas encore retrouvé les traces.
* On ne peut donc pas dire que l'attitude repliée n'existe point dans la Suisse allemande , pendant le premier âge , aussi longtemps qu'on n'a pas constaté les sépultures primitives. On ne tardera pas à les découvrir sur les hauteurs voisines des habitations lacustres. Il est, du reste, à remarquer que les sépultures , à elles seules , donnent une idée fort incomplète de la population d'un pays. Si Ton ne possédait que les tombeaux de l'époque romaine, on ne se ferait pas une idée de la grandeur des établissements de cette époque. C'est en partant de ces considérations que j'ai pu constater, longtemps avant la découverte des habitations lacustres, l'existence de l'âge de la pierre en Suisse, d'après les tombes du canton de Vaud.
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Peul-élre faul-il attribuer & cette invasion la destrucUon des premiers élablissemenls de CoDcîse, d'Ettarayer, de Corbïères el du Pont de la Thiële ; dans tous les cas, les trois premiers ont été reconstruits pendant l'Age du bronze, mais à une plus grande disianee de la rive, comme si l'on avait voulu se placer bors de la portée des projectiles incendiaires. Aussi longtemps que l'homme n'avait à redouter que les attaques des bètes sauvages, il suffisait de laisser, entre la rive et la demeure, un espace que l'animal ne put pas franchir d'un bond, mais lorsqu'on eut à se défendre contre de» tribus ennemies, il devint prudent de s'éloigner du bord autant que la profondeur du blanc-fond le permettait. Ces reconstructions furent d'ailleurs facilitées dès qu'on posséda le bronze ; cependant, le soin qu'on mit à rendre l'abord moins facile avait évidemment la défense pour but*. Il est difficile de dire si les bourgades deCbevroux, de Bevaiz, de Cortaillod, de Colombier et de Nidau, sur l'emplocemait desquelles on retrouve des instruments en pierre, ont été saccagées en même temps que Concise. S'il en fut ainsi, il est certain qu'on les reconstruisit sur les mêmes emplacements, vu qu'ils ont été occupés pendant la deuxième période.
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Turne cinéraire dans le canton de Vaud, avant l'introduction du fer, p^mei de conclure que l'envahisseur ne s'y est point établi pendant le deuxième âge. S'il en eût été autrement, et que ce fût le Celte qui eût relevé les bourgades lacustres des lacs deBienne» de Neudiàtcl et du Léman, on ne comprendrait pas pourquoi il n'aurait pas agi de même dans les autres parties de la Suisse.
Il est possible que les observations auxquelles viennent de donner lieu les antiquités de la Suisse trouvent leur application et leur justiBcation dans d'autres pays. On arrivera, par des recherches ultérieures, à constater que les cités lacustres ont été essentiellement propres à la population primitive, dont on découvrira sans doute les sépultures là où ces habitations ont subsisté dans les âges postérieurs. Quel que soit, du reste, le résultat des travaux qu'on est en droit d'attendre, il n'en est pas moins remarquable qu'un pays d'aussi peu d'étendue que la Suisse, dans lequel on retrouve, de Genève à Constance, les antiquités des trois périodes qui ont précédé la domination romaine, présente, dans l'âge du bronze, l'abandon général des constructions lacustres à l'orient et leur conservation à l'occident, de telle sorte que les démarcations fixées de nos jours par les langues allemande et française soient les mêmes que celles du deuxième âge ; le bronze est abondant du Léman au lac de Bienne ; Inkwyl ^ et Moosseedorf appartiennent à l'&ge de la pierre. Cet abandon dans la Suisse de langue allemande est d'autant plus significatif que les usages de la première période ont été les mêmes dans
* D'après une tradition de pêcheur, on aurait sorti du lac d'Inkwyl un vase en bronze. Quelques objets en fer, peut-être romains, ont été trouvés sur niot. Quoi qu'il en soit, ce crannoge n'a laissé de traces positives de son occupation que celles de l'Age de la pierre.
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tout le pays jusqu'à l'inlroduction du bnmze. Pour qu'une révolution de ce genre se soit opérée dans la partie orientale, il faut qu'un nouveau peuple y ait imposé d'autres usages et que les riverains des lacs de l'occident aieut échappé k sa domination. U viendra du reste un moment où l'invanon d'uD autre peuple se répandra sur toua les pointa du pays connu plus tard sous le nom d'Helvélie.
Industrie.
L'industrie de TSige du bronze présente de tels rapports dans toute l'Europe, qu'on en a plus d'une fois cherché la raison dans le commerce que la Grèce et l'Italie auraient entretenu avec les autres pays, mais, à l'époque où le bronze a été introduit dans le Nord, le développement industriel du Midi n'était pas suffisant pour approvisionner l'Europe entière, et depuis qu'on a découvert, sur des points nombreux, des restes de fonderies en Suisse, en Franco, en Angleterre, en Allemagne, en Danemark et en Suéde, on est obligé d'abandonner cette explication et de reconnaître que chaque
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renié qu'on ne saurait méconnaître. Dès l'apparition du bronze» les formes élégantes et les dessins striés sont les mêmes qu'à la fin de cette période. Le couteau de Concise et le ceit de Meilen ont déjà atteint la perfection du genre. C'est donc en Asie qu'il faut chercher Torigine et les prototypes de cette industrie, qui se répandit de là sur toute l'Europe. Le peuple qui l'importa exploita les mines de TOc* cident» et les débris de la première population ne restèrent pas étrangers à ces nouvelles connaissances.
Bien que les tribus de la Suisse occidentale fussent isolées entre le Jura et les Alpes, ces remparts naturels n'avaient point été un obstacle au commerce primitif, ils n'empêchèrent pas davantage d'établir des rapports avec le nouvel arri van t, pour obtenir par des échanges les produits de soiitiidustrie. Ces tribus s'approprièrent même ce genre d'art, et dles eurent aussi leurs fonderies dont il subsiste des restes, mais, subissant l'influence d'un peuple plus civilisé, elles reproduisirent, avec habileté cependant, les formes et les ornements celtiques sans leur imprimer de caractère particulier.
De même que la hache en pierre, de petites dimensions, avait été le principal instrument dans la première période, la hachette en bronze, connue sous le nom de ceIt, devint d'un usage très général. Elle présente, dans chaque pays, plusieurs variétés de forme ; celle qui prédominait chez les habitants de la Suisse occidentale exigeait un manche fendu pris dans les espèces d'ailerons du ceIt qui se recourbaient sur le bois.
H. Forel a retrouvé à Horges un moule de hache (PI. X, 45), d'après lequel on voit que les habitants de cette cité lacustre fabriquaient eux-mêmes ces instruments. Une fonderie, dont les restes sont conservés dans le musée de Ge~