‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernes (volume 2)Chapitre 48 sur 94 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

Dève, existait aussi à Dovaine, près'de Thonon *, dur la rive opposée du Léman, et je possède les culots en cuivre avec plusieurs celts d'un atelier découvert à Ecballens. Ces derniers objets ne sont pas sans intérêt au point de vue de l'industrie, parce qu'ils montrent que le fondeur faisait sur place l'alliage du cuivre et de l'élain. Les culotf sont en eCT^ de cuivre rouge, tandis que le métal des cetts est un bronze jaune. Je dois cependant ajouter que le cuivre rouge contient quelques atomes d'étain, ce qui provient des débris d'objets en bronze qu'on fondait de nouveau. C'est aioà qu'un fragment de bracelet est pris dans l'un de ces culots, ayant été jeté dans le creuset au moment où la fonte commençait & se refroidir. Pluâeurs celts portent encore les bavures du moule; d'antm sont des échantillons manques k la suite de soufflures qui ont endommagé le tranchant ou quelque autre partie de l'instrument. On voit donc que le cuivre et l'élain étaient importés séparément, et l'on aurait sans doute retrouvé les lingots de ce dernier métal si la découverte avait été foile avec plus de soin. La petite barre d'étain que MM. Rey et de Vevey ont sortie du milieu des pilotis d'Estavayer, ne laisse du reste aucun doute sur rini)iortation de ce métal

DE l'âge du bronze. 341

refroidissement lent, on ajoutait encore au mordant du tranchant en le martelant, ce qu'il est facile de reconnaître sur plusieurs pièces qui portent nettement l'empreinte des coups de marteau. Cet instrument était parfois en bronze, mais ceux que H. le colonel Schwab a retrouvés sur le Steinberg sont de petites dimensions (PI. X, i) ; le manche, entrant dans une douille longitudinale, devait être coudé comme celui du celt.

Plusieurs pièces ont servi de ciseau. Les couteaux étaient de forme élégante. Des pièces cannelées, en bronze coulé, paraissent avoir fait l'office de limes. Des tranchets et des poinçons nombreux servaient, entre autres, au travail des cuirs. Les aiguillettes, les aiguilles, les navettes à filel eH les nombreux pesons de fuseau en argile témoignent que l^rt de tisser, de coudre et d'employer le fil à des usages divers a fait de grands progrès depuis le premier ftge. Vhameçon reproduit déjà les formes modernes. Le fil de bronze, souvent d'une grande ténuité, employé pour différents objets, n'a pu être obtenu que par la tréfilerie. La faucille était destinée à l'agriculture ', déjà connue précédemment, et les meules servaient à broyer le grain, de même que d'autres pierres, sur lesquelles on avait creusé un petit bassin, faisaient l'office de mortier.

L'habitant des cités lacustres de l'âge du bronze partageait le goût général des ornements personnels. Les anneaux destinés à la parure étaient nombreux et variés. On les retrouve,

« On en a fait souvent la faucille du druide ; mais, s'il faut en croire Pline, celle-ci était en or. Dans tous les cas la faucille en bronze est trop commune pour avoir été exclusivement un instrument du culte. On a retrouvé en Allemagne des enfouissements de 51 et de 90 faucilles sur le même point. Elles ont partout les mêmes formes et les mêmes dimensions.

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