‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernes (volume 2)Chapitre 49 sur 94 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

dans les sépullures, passés aut jambes du défunt, aax poigaels, au-dessus du coude, autour du cou et même sur la léle comme des diadèmes '. Les épingles à chevmx sont aussi fort oombreuses; quelques-unes ont des dimensions surprraïaiiles et plusieurs portent des gravures exécutées avec beaucoup de goût. Les fibules sont assez rares. Des boutons ûroples ou doubles, en bronze, foisaient sans donle partie du vêtement. Des débris de petites cb^netles et des pendeloques, qui deviendrool beaucoup [dus communes dans l'Age du fer, se retrouvent sur quelques poinis, mais le principal ornement de la toilette oonûstait dans l'anneau et dans l'épingle A cbeveux.

La dettination de [duûeurs objets est difficile à déterminer. L« uns paraissent avoir servi au jeu, comme les pierres discoïdes ; d'autres étaient peut-être des amulettes: pluûeurs ont pu répendre A des usages qui ne sont pas parvenus jusqu'A nous.

Les armes en bronze, découvertes dans les lacs, sont essentiellement l'épée, le poignard, la lance et la flèche. Cette dernière est assez rare. Il n'en est pas de même de la lance et du javelot. La lame du poignard, qu'on trouve plus fré-

lalion de l'âge du broDze devait avoir une main plus effilée que celle des peuples qui ont envahi postérieurement TOccident. Cette particularité est propre aux Hindous, aux an* dens Mexicains et à d'autres peuples. Elle explique le peu d'ouverture des bracelets destinés au poignet, et probablement aussi les petites dimensions des instruments des deux premiers âges. Ces pièces indiquent plus de dextérité que de force physique de la part de ceux qui les maniaient. L'épée, propre à frapper de taille» mais surtout d'estoc, demandait une certaine connaissance de l'escrime. On a pas encore découvert dans les lacs de la Suisse des boucliers en bronze, ni les grands cors de guerre des tourbières Scandinaves, mais ces contrées, de même que l'Irlande, ont eu un dévelo|fement tout particulier pendant l'âge du bronze, et bien qoe la plupart des objets rentrent dans le type général, certaines pièces ne se retrouvent guère que dans ces pays. Il en est du reste de même dans la Suisse occidentale, où la bourgade lacustre du Stdnberg, près Nidau, offre une richesse et une variété d'antiquités qu'on n'a pas encore constatées au même degré sur d'autres emplacements. — Les moyens de défense ou d'attaque n'étaient certainement pas limités aux armes qui viennent d'être énumérées. La hache domestique devenait bache-d'armes. La massue, la fronde et des projectiles divers jouaient aussi leur rôle dans le combat.

L'or, employé avec une véritable prodigalité dans le nord de l'Europe, est très rare en Suisse à la même époque. Les objets de ce métal, trouvés sur le Steinberg, consistent en petites tiges enroulées en tire-bouchon pour l'ornement d'un collier, et en une fine lamelle cannelée, qui indique l'emploi du laminoir, connu à une haute antiquité, comme on peut s'en convaincre en examinant les riches dépouilles des tom-

314 INDtSTHIE

beaux de la Crimée, réunies dans le palais de l'Hermilage, ft Saint-Pétersbourg ' .

On envisage en général l'aident comme étant tout à Cait étranger & t'ftge du bronze, on comprend qu'il ait été rare h cause des difficultés que présente l'affinage du minrrai. Mais quand on le trouvait à l'état natif, ce qui n'était pas fréquent, il est vrai, il suffisait d'une simple fusion pour l'employer & des ornements. Telle est sans doute l'origine dès deux bracelets en argent, découverts sur le mont de Charpigny près d'Aigle, avec des celts, des poignards et divers ornements tous ea bronze. Quant au plomb et au zinc, on parait avoir renoncé & les employer, soit parce que le premier était trop mou, BÙt parce que le second, se sublimant aisémait, ne pouvait éUrt allié au cuivre par les procédés connus à cette époque.

La poterie présente, dans sa composition, les mimes caractères que celle du premier Age, les grains siliceux sont toujours mélangés à l'argile, ainsi que dans l'Age suivant * ; mais les vases, de formes et de dimensions plus variées, trahissent le développement de l'art du potier. Le lour était connu. Le grapbite recouvrait la poterie d'un vernis noir

ceux des instruments en bronze. Des vases de 2 à 3 pieds de de diamètre ont servi aux provisions de lait et d*eau potable, car on ne pouvait boire celle des lacs à cause de toutes les immondices qui tombaient des habitations. D'autres ont fait l'of&ce de pot à feu, comme il est facile de s'en convaincre par la couche de suie qui recouvre encore les parois extérieures. Des poteries sont parfois tombées à l'eau avec les provisions de noisettes et de firuils à pépin qu'elles renfermaient. On y déposait même des instruments et des ornements, comme c'était le cas à Gortailiod où un vase contenait plusieurs faucilles avec des bracelets. On retrouve la gamelle, la tasse, la soucoupe et le gobelet. Quelques pièces sont de vrais joujoux d'enfant. La forme de l'urne n'est point rare, mais l'un des traits caractéristiques de cette poterie est le grand nombre de vases de grandeur moyenne, dont le fond arrondi ou terminé en pointe exigeait un support. Telle était la destination de ces nombreux anneaux d'argile, qui ne commencent à être* d'un usage général que dans l'âge du bronze. Quelques supports reproduisent en creux la forme inférieure du vase, mais ils ont été beaucoup moins usités que les anneaux. Ceux-ci portent parfois les traces du feu, et servaient ainsi à cuire ou à« maintenir chaud l'aliment qui y était contenu. La destination de ces anneaux ne peut être douteuse quand on les voit employés pour le même usage dans quelques contrées de l'Espagne et chez les Indiens des environs de Madras \ qui les placent sur le foyer ou sur la table pour y déposer celles de leurs poteries, dont le fond est arrondi ou sans pied. L'argile cuite était aussi utilisée pour des grains de colliers, des pesons de fuseau, des poids de

* Communication de M. Charles Verdan et de M. le général Elliott.

316 INDUSTME DK i'aQB DU BROÎIZB.

fitet et, plus tard, pour des objets da culte crainie les croissants du Steinberg.

La plupart des bourgades lacustres avûeut leur Eeibrique de poterie, ce qui ressort des pièoes déformées par la cuite, qn'oD retrouve souvent sur tes emplacements de pilotis, et que le commerce ne peut avoir mises en circulation. Quant au four ou foyer destiné à cuire les vases, il devait être sur la rive, ainsi que les fonderies, usage conservé chez les Papous de la Nouvelle Guinée, parce qu'un feu intense aurait présenté trop de dangers sur l'esplanade, au milieu de constnictîtHis en bois.

L'industrie prit un grand développement, grâces fc l'introductioD du bronze qui présente une supériorité incoateslable sur les matières employées précédemm^it. La divinoo du travail, en faisant de nouveaux progrès, contribua k perfectionner la EabricaUon. Chaque funille ne pouvait exploiter le minenû, le fondre , l'aSiDer et mettre le métal en œuvre, mais, dans chaque pays, il existait des ateliers dont en retrouve des traces.

Bien que la bâche ait conservé ses petites dimenùons, la coupe du bois devint plus facile. Quand on rapproche les en-

Page 1