RELATIONS COMMERCIALES
la coupe des récoltes. Le travail descairs, Tartdu tisseraDd» la confection des vêtements, en un mot toutes les branches de rindttstrie gagnèrent à l'emploi du bronze, parce que tout pouvait se foire plus rapidement et mieux que dans la période précédmite.
Commerce.
Plus l'industrie se développe, plus le commerce prend d'extension. Les mines de cuivre exploitées sur un grand nombre de points, n'étant pas également riches partout, l'abondance des unes devait suppléer à Tindigence des autres, et contribuer à multiplier les rapports commerciaux. Quant à rétain, indispensable pour l'alliage du bronze antique, ses gisements, peu nombreux sur la surface du globe, ne se trouvent en Europe qu'en Saxe ou en Ciomouailles*. Il est difficile de dire si les mines de la Saxe ont été exploitées avant l'âge du fer ; dans tous les cas , l'étain de l'Angleterre, connu des anciens Phéniciens, a été un important article de commerce dès un âge fort reculé.
On comprend que le Celte, qui avait acquis en Asie une grande habileté à travailler le bronze et certainement aussi à exploiter les métaux dont il se compose, n'ait pas tardé à tirer parti des mines de TOccident ; toutefois il a dû s'écouler un temps assez long avant qu'il se soit établi dans les Iles Britanniques, qu'il y ait découvert l'étain et qu'il ait ouvert des voies commerciales qui permissent d'approvisionner la plupart des tribus dispersées en Europe. Il semblerait donc
* U n'est question ici que des mines assez riches pour valoir l'exploitation. — C'est par erreur que quelques auteurs anciens parlent de mines d'étal n exploitées en Espagne.
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que pendant un cerlaio temps la population ait dû se contenter d'instruments en cuivre ; cependant ces pièces sont tellement rares qu'on ne saurait les envisager comme carsc- (élisant une époque de transition entre la pierre et le bronze. 11 est possible qu'on ait tiré l'étain de l'Aue, avant la découverte des mines de Cornouailles , mais encore comment affirmer qu'un commerce ait existé à cette époque avec les régions les plus méridionales de ce vaste continent, dans lesquelles se trouvent d'abondantes mines de ce métaK connues fort anciennement. Reste à savoir s'il n'en existe pas dans des contrées beaucoup plus rapprocbéesdel'Europe, et si elles n'ontpasétéabandonnéespeuà peu après l'exploitation lies mines de l'Ânglelerre. Peut-être oifin que plus d'une famille du peuple envahisseur dut recourir momentanément à l'industrie primitive, ce qui expliquerait la présence d'instruments en pierre avec l'urne cinéraire. Quoiqu'il en soit, le bronze antique, dont on retrouve partout de nombreux restes, montre que le commerce a répandu l'étain a^sez abondamment, malgré la rareté de ses gisements, pour satisfaire aux besoins de l'industrie, et l'on ne peut douter de l'importance que durent acquérir, dans une haute antiquité, les ri-
les mêmes proportions d'alliage naturel que celui de qoak ques mines de TOural. Il en résulte que des voies de communications étaient ouvertes entre le nord de l'Europe et de l'Asie» et l'on sait d'autre part que les mines de l'Espagne n'étaient pas les seules à verser leurs richesses dans l'antiquité. L'exploitation de l'or, recherché pour son éclat, n'est pas moins ancienne que celle du cuivre. Il servait sans doute aux échanges comme tous les autres produits de l'industrie» mais» la monnaie n'étant pas encore connue, on le réservait de préférence pour les ornements personnels. Les métaux précieux accumulés dans les palais des rois homériques» Tétaient certainement aussi dans les demeures de bien des chefs ; toutefois ce genre de richesse parait avoir été inconnu des populations lacustres de la Suisse.
L*ambre» retrouvé dans quelques sépultures de l'âge du bronze» montre que les anciens rapports avec les cAtes de la mer Baltique n'ont pas cessé d'exister dans le deuxième âge. Le graphite» dont on vernissait les vases * devait être aussi importé dans l'ancienne Helvétie, qui se procurait probablement les produits de Tindustrie étrangère, avec les ressources que présentaient les troupeaux d'animaux domestiques.
Le commerce, toujours limité dans ses transactions pour les échanges» n'en a pas moins pris un certain développement pendant Tàge du bronze. Il en fut nécessairement de même des professions diverses qui ne pouvaient se multi-
pag. 48 et 52. — Les tombeaux de la Sibérie renferment aussi des ornements d'une grande richesse métallique. L'or a été répandu avec profusion en Crimée pendant le premier âge du fer. On évalue à 130 livres le poids des pièces de ce métal , découvertes dans un seul tumulus des environs de Kertsch.
* Le graphite n'est pas sans rapport avec l'anthracithe. Celui-ci se trouve dans le Valais , cependant il est douteux qu'il ait servi à vernir la poterie.
320 FAVNK DE l'âge DU BBONZS.
pbw sans resserrer les liens de l'orgaRisation sociale ou tout au nuNDS les rapports indispensables pour fadliter à ducnn les moyens de subsistanoe.
Animaux domestiques et sauvages.
La plupart des animaai domeetiqœs ayant d^& été introduits en Suisse dans l'Âge de la pierre, il n'est pas étonnant de les retrouver en assez grand nombre à l'époque du bronze sur les emplacements lacustres de la Suisse occidentale. Le cheval et le mouton, rares auparavant, se sont multipliés. D'après quelques dents, le cheval parait avoir été de petite taille, toutefois cette observation a besoin d'être confirmée pour pouvoir être posée comme répondant à un fait général. On a vu que le chien seul se retrouve dans les dépôts de cuisine du Danemaric, où les autres animaux domestiques n'^paraissent que dans la période suivante. D'après H. le professeur Steenstrup, ilssonl déplus petite taille que ceux de r&ge du fer, pendant lequel des races plus tortes oDtété introduites. En Irlande, les animaux domestiques
COUP d'oeil sur l'agb du bronzb. 321
quêtes sur U^ terre qu'au détriment du r^ne animal. Iodé* pendamment de la guerre faite directement aux animaux par la chasse, plus l'homme défriche de forêts, plus il extirpe les broussailles et cultive le sol, plus il enlève les moyens d'existence à une foule d'êtres qui ne tardent pas à disparaître ou à se retirer dans d'autres contrées. La terre ayant été donnée à l'homme, une partie des êtres qui l'ont précédé dans la création sont destinés à lui céder la place à mesure qu'il se répand sur la surface du globe et se multiplie en raison de sa civilisation. Quand on aura établi la disparition graduelle des animaux sauvages dans une contrée, on pourra aussi se foire une idée par le résultat de cette étude du développement progressif de la population qui l'a occupée.
Coup d'œil sur l'âge du bronze , «a durée et
sa fin.
Un développement général de l'industrie caractérise l'âge du bronze en Europe , où un nouveau peuple importe un élément nouveau de civilisation. La première population, livrée à elle-même, eût progressé plus lentement et peut-être eût-elle fini par dégénérer, quoiqu'elle ne fût point stationnaire. Généralement vaincue, elle est soumise au conquérant, refoulée sur quelques points ou protégée par la configuration du sol qu'elle occupe. Elle ne tarde pas à être au bénéfice des connaissances importées, mais il est difficile de relever sa part d'influence dans le second âge. L'agriculture, qui lui était déjà propre sur quelques points, se répand plus au nord avec l'invasion celtique. D'après les tradition? landaises, c'est un homme armé de cuivre, qui défri
533 COUP d'oeil
sol A le livre à la culture. Elle pourrait encore ajouter quece fui lui qui introduisit les animaux domestiques sans lesquels l'agriculture est incomplète.
Le midi de l'Europe fit des progrès plus rapides que le nord, grâces à un sol plus fertile et à des communications plus faciles avec les centres de la civilisation en Orient. La forme des armes offensives, en Italie et en Grèce, est la même que dans le Nord, et dans les pays intermédiaires *, mais l'armure est plus complète. Le casque, la cuirasse et les jambières ne se trouvent pas moins dans les sépultures des Etrusques et des Hellènes que dans les poèmes d'Homère.
Au début, les éléments de Tari sont les mêmes. Le bronze et la poterie se couvrent de dessins identiques. Les disques, les chevrons et les fines stries ornent plusieurs pièces de l'Italie, ainsi que celles d'autres pays. L'ondulation des lames, les petites poignées et les tiacbettes fixées à des manches fendus se retrouvent partout; mais l'homme du Midi ne se borne pas & reproduire les prototypes importés de l'Orient, il perfectionne les instruments d'usage domestique ; sensible à tout ce qui est beau, il cherche à imiter par le dessin la nature animée et prélude aux chefs-d'œuvre de
SUR l'âge du bronze. 323
Au nord des Âlpes , ces représentations n'apparaissent guère qu'avec l'introduction du fer. En Amérique, les Mexicains et les Péruviens en étaient encore à Tàge du bronze, lors de la découverte de Colomb, et, quand on voit leurs basreliefs et leurs constructions, les détails d'Homère sur les palais et les richesses artistiques des anciens rois de la Grèce acquièrent plus de vraisemblance, bien que le poète ait emprunté à son époque plus d'un trait dont il a enrichi la description d'un âge qui n'était pas le sien ^ Cette période conserve jusqu'à la fin la plupart des formes introduites lors de l'invasion des Celtes ; mais , dans quelques contrées , d'autres sont ajoutées, et le métal travaillé par des mains plus habiles répond à de nouveaux besoins.
L'&ge du bronze n'a pas eu la même durée dans tous les pays de l'Europe. Il a cessé d'exister en Grèce un millier d'années environ avant l'ère chrétienne. On l'envisage comme prenant fin, chez les Scandinaves, à la naissance de notre ère, mais il est probable que le fer y a pénétré plus anciennement. Dans tous les cas, cet ftge a été de longue durée. Il suffit, pour s'en convaincre, de voir combien les sépultures de cette période sont nombreuses et combien de
* Homère , en composant ses poëmes , a utilisé les traditions qui remontaient à rftge du bronze ou tout au moins à la fln de cette période, alors que le fer n'était pas encore d*un usage général. (Voir plus haut la page 175.) D'autre part , le poète , qui n'était point étranger à l'âge du fer dont parle Hésiode , a emprunté à son époque bien des détails qui n'ont pu lui être transmis de la période précédente. Les forges et les automates de Vulcain , la trempe du métal et l'expression de fer ( tri^vipoç ) employée comme synonyme d'armes , montrent assez qu'il faut distinguer l'époque pendant laquelle vivait le poëte de celle qu'il a décrite en conservant la couleur historique des traditions arrivées jusqu'à lui , mais non sans les enrichir d'éléments moins anciens.
Sii DUnÈK ET FIN
débris de l'industrie ont été recoeillis dans les oollectioDs publiques et particulières. On compte déjà plus de cinquante bourgades lacustres du deuxième ftge dans la Suisse occideolale ' , bien qu'on soit loin de connatlre tous les emplacements occupés. Cet ensemble de monuments réclame une large place dans l'histoire de l'antiquité. S'il est difficile d'indiquer le nombre des siècles, on peut du moins apprécier quelque peu la durée de cette période en se rappelant que les pilotis du premier âge ont été usés par l'action lente des eaux, jusqu'à la surface de la vase des lacs, & Concise, à Ëstavayer et ailleurs, tandis que les pieux des boui^ades détruites avant l'introduction du fer sont encore saillants d'un à trois pieds au-dessus du limon.
Les emplacements de l'Age du bronze ne portent pas moins que ceux du premier Age les traces de l'incendie et d'une destruction violente. Les pièces de bois carbonisées, les vases pris A mcHtié dans le limon et tes nombreux objets dispersés entre les pilotis, témoignenl qu'une catastrophe a mis an à ces établissements. L'histoire nous apprend que les Helvétiens tentèrent d'émigrer après avoir brûlé leurs halMlations. mais ils n'auraient pas abandonné aux flammes leurs armes.
DE l'âge du bronze. 325
cause. Les sinistres accidentels n'expliquent pas davantage cette destruction, qui a été générale, car, dans la période suivante, les points occupés sont fort peu nombreux. Pour que ces établissements aient été, non-seulement renversés, mais abandonnés, il faut qu'il se soit passé quelque chose d'analogue à ce qui a eu lieu dans la Suisse orientale à la fin du premier âge, et qu'un nouveau peuple ait apporté d'autres usages dans le pays. Il est assez remarquable que ces habitations aient aussi cessé d'exister au moment de l'introduction d'un nouveau métal, ce dont on peut se convaincre par les quelques objets en fer découverts sur divers emplacements, riches en débris de l'âge du bronze. C'est donc à la fin de cette période, alors qu'on commençait à recevoir les débris d'une nouvelle industrie, que la plupart des constructions sur pilotis ont été renversées, mais il reste à voir si l'étude des antiquités de l'âge du fer permettra de retrouver le nom du peuple auquel on doit attribuer cette nouvelle destruction.