DE LA BÉSURRECT10N DES CORPS
assimile l'homme après sa mort au petit enfant qu'elles nourrissent de leur lait, s*est conservé, sauf l'attitude, il est vrai, jusqu'au commencement de ce siècle, dans le centre de l'Europe, dans la vallée alpestre des Ormonts ' .
On a vu que le dogme de la résurrection, connu des anciens Egyptiens, l'a été de plusieurs peuples païens, et qu'il en subsiste des traces chez les nègres du midi de l'Afrique, pour quelques-uns desquels l'attitude repliée est encore le symbole de cette foi. Les indigènes de la Nouvelle-Galles, malgré le vague de leurs notions religieuses, se préoccupent d'un autre monde où l'homme doit entrer, sous la forme d'un petit enfant. L'espoir d'une nouvelle naissance est implicitement renfermé dans les usages qui assimilent au jeune enfant les restes du défunt déposés dans le sein de la terre. L'absence de notions religieuses sur d'autres points, ou bien plutôt le manque de renseignements suffisants, ne saurait affaiblir ces données, quand on voit combien souvent l'idée qui a donné naissance h certains usages disparaît pour ne laisser qu'une forme sans signification apparente.
Il n'est pas sans intérêt de retrouver sous les fondements de l'antique Babylone le mode funéraire auquel se rattache intimement le dogme de la résurrection. Ce mode, importé en Europe par les premières migrations de l'Orient, remonte
doit en être distinguée, ce qui ressort assez d'un examen attentif des corps desséchés dans le sol et des usages encore en vigueur. Dans plusieurs cas, les bras, au lieu d*ètre croisés sur la poitrine ou sur les jambes, sont étendus sur le ventre de manière que les mains passent entre les cuisses ramenées contre le corps et sortent vers les talons du mort, ce qui n'est assurément pas la position d'une personne assise, aussi n'ai-je jamais vu d'idole dans cette attitude.
* Communication de feu M. le pasteur Terrisse, témoin oculaire de ce curieux usage.
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sans doute aussi à la plus haute antiquité dans les autres parties du globe, et parait ainsi avoir été général dans l'buinanité primitive, qui a dû hériter des Noachides cette foi à une nouvelle naissance.
On est donc autorisé à conclure de tout ce qui précède que les premières peuplades lacustres de l'Occident professaient la foi à la résurrection des corps, et ce dogme à lui seul eo renferme plusieurs autres sur la rétribution du bien et du mal, ainsi que sur les rapports de l'homme avec )a divinité.
L'antiquité païenne a eu de bonne heure ses Saducéeos, de même que les Juifs. Le petit nombre de sépultures du genre primitif retrouvées en Occident, pendant l'Age du bronze, durant lequel prédomine l'incinération, montre qu'une nouvelle population introduisit d'autres idées sur la vie à venir. Toutefois les habitants de la Suisse occidentale, qui avaient continué à bftiir sur les eaux, conservèrent aussi quelque temps l'attitude repliée, après l'introduction du métal, ainsi à Cbardonne , non loin de Vevey , à Verschiez, près d'Aigle, où l'on a détruit plusieurs centaines de ces tombes lubiques, et à Sion, sur deux emplacements dis