‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernes (volume 2)Chapitre 9 sur 94 · urriQUiTÉs LACumn · texte numérisé non relu

urriQUiTÉs LACumn

verses qui paraissent avoir relié les pilolîs extérieurs. Quelques-uns de ceux-ci, se dirigeant vers la rive du lac la plus rapprochée, sont sans doute les restes d'un pont.

Cet emplacement, découvert par M. Morlot ea 48It4, a été fouillé depuis par le propriétaire de l'île, M. Botb , et par M. Amiet, préudent du tribunal de Soleure. Les antiquités provenant de ces fouilles sont, entre autres, des marteaui en pierre, des hacbes, des coins de serpentine et de néphrite, des emmanchures en bois de cerf, des pointes de Bêche en silex du Jura, ainsi que divers iastrumeats, des meules, des pierres k polir, des poinçons en os, des fragments de poterie et des pesons de fuseau. Une pièce cAniqae en argile , dont la base ovale semble avoir fait l'office de sceau d'un genre, il est vrai, très primitif, est sans doote d'une antiquité moins reculée.

La tradition rapporte qu'un pécheur doit avoir sorti du lac, avec son filet; un vase en bronze qui n'a pas été conservé. M. te docteur Keller rapporte aussi qu'on a découvert surl'tle quelques objets en fer qu'il pense devoir être de l'époque romaine.

DB l'âge DR LA PIBRRB. 85

FRANCE

Le petit nombre des lacs de la France n*a pas permis aux premiers habitants des Gaules de construire leurs demeures exclusivement sur les eaux, mais on ne sait pas encore jusqu'à quel point les rives des fleuves ont suppléé à celles des lacs, ni quel est le nombre des bassins envahis par la tourbe depuis que l'homme a pénétré en Occident. Il est probable cependant que quelques-unes des découvertes remarquables faites par M. Boucheir de Perthes, sur les bords de la Somme, proviennent d'habitations lacustres. Telle est l'opinion de M. Ch. Petersen, professeur à Hambourg, qui m'écrivait le 27 octobre 1858: « On est sûr de reconnaître les constructions sur pilotis dans les faits énigmatiques des environs d'Amiens , où les bardeaux des toits étaient même conservés, ainsi qu'un fragment de planche. »

M. Boucher de Perthes a trouvé, en effet, près d'Abbé- ▼ille, ' des débris de l'Age de la pierre, recouverts de couches d'alluvions et de tourbe, formées postérieurement à ces dépôts, enfouis & plusieurs mètres au-dessous du niveau de la Somme. Sur divers points, des madriers de chêne grossièrement équarris et disposés en planchers ou en plateformes à clairevoie, rappellent les esplanades des habitations lacustres de la Suisse. II manque cependant l'indication de pilotis, mais ils ont pu passer inaperçus, vu la difficulté de

* AntiquUéi uUiquet et antédUuviennei^ par M. Boucher de Perthei, 1849, ebap. X et XI.

88 AHTlOUITia L&COaTBBS

fouiller dans des tranchées de 8 à 12 mètres de profondeur, envahies par les eaux, qui ne pouvaient être enlevées qu'à l'aide de la pompe. La profondeur à laquelle se trouvent ces débris permet aussi de supposer que les demeures qui s'élevaient sans doute sur ces bassins, comblés plus tard par les alluvions et la tourbe , étaient construites sur des radeaux Qotlants, d'après l'usage des anciens Mexicains et des Chinois actuels, ce qui expliquerait l'absence de pilotis. Quoi qu'il en soit , les débris de l'industrie , trouvés avec ces planchers, sont fort pareils à ceux de la Suisse. Ce sont des haches en pierre , des gaines ou emmanchures en bois de cerf, parfois armées d'une dent de sanglier, des scies, des couteaux et de nombreux éclats de silex qui paraissent provenir de la fabrication des instruments, faite sur place. M. Boucher de Perthes a aussi découvert sur les mêmes points des poignards, des poinçons et des épinglettes en os ou en bois de cerf, des os calcinés et deà charbons, débris du foyer. Les vases sont d'une argile grossière, pétrie avec de petites pierres ; quelques-uns portent à l'extérieur des marques du feu. Des noisettes étaient réunies en provisions abondiintes, et les ossements d'animaux, souvent brisés, np-

DE l'A6£ de la PIERRE. 87

Page 1