‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernesChapitre 104 sur 150 · ACCROISSEMENT · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT

meures étaient groupées sur les eaux ou si quelques-unes s'élevaient ailleurs. On peut comprendre à première vue que les plaines et les vallées durent aussi être occupées de très bonne heure, mais on conçoit que des cabanes en bois n'aient laissé aucun vestige sur le sol, et que les dépôts des débris de l'industrie aient disparu devant les travaux de l'agriculture. Il y a cependant plus que des conjectures à cet égard. L'âge de la pierre a eu ses Troglodytes. M. Forel en a même retrouvé les traces en Italie, dans les grottes voisines de Mentone. Plus d'une caverne des montagnes de la Suisse a aussi servi d'habitation. Les excavations naturelles du Salève, à Estrambières et sous le Pas de l'Echelle, renfermaient de nombreux débris de silex travaillés, de charbons, de poterie et d'ossements concassés d'animaux ; le cheval s'y trouve déjà ', et plusieurs os ont été percés ou aiguisés. Quand on fouillera le sol des grottes, ces traces de l'habitation de l'homme ne manqueront pas de se multiplier. Un autre moyen de constater l'étendue de la population consiste dans la statistique des tombeaux. Ceux du premier âge, découverts sur les bords du Léman, se trouvent à Thonon, au Châtelard près de Lutry et à Pierre-à-Portay vers Lausanne. Ces trois cimetières peuvent être ceux de bourgades lacustres, vu la proximité de la rive; mais, quand ils sont éloignés des bassins d'eau, on doit admettre dans leur voisinage l'existence d'établissements sur terre ferme. Tel

' Le cheval étant rare sur les emplacements lacustres de l'âge de la pierre, il est bon d'ajouter que M. le pasteur Taillefer a découvert lui-même les os du cheval pris dans la formation calcaire qui a rempli les grottes situées sous le Pas-de-1'Echelle. M. Wartmann, professeur de physique, à Genève, possède aussi quelques pièces en silex et plusieurs dents, incisives et molaires, du même animal, provenant des grottes du Salève.

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