‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernesChapitre 110 sur 150 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

vilisation sonl donc les causes principales qui ont entraîné l'abandon des bourgades lacustres. Mais, de même que l'âge de la pierre existe encore cbez des peuples stationnaires qui, par leur isolement, ont plus oublié qu'ils n'ont appris dès les temps les plus reculés, il n'est pas moins naturel de retrouver les constructions sur pilotis chez des tribus restées indépendantes , et sur lesquelles la civilisation n'a pas exercé son influence. C'est ainsi que les cités aquatiques ont subsisté jusqu'à nos jours dans l'intérieur de l'Afrique, autour des îles de l'Océanie, et, sans aucun doute, sur bien d'autres points où l'on ne tardera pas à en constater l'existence.

Observations hydrologiques.

Les pilotis innombrables qu'on voit encore sur les blancsfonds des lacs de la Suisse ont été pris plus d'une fois pour les restes de forets inondées, et aussi pour des jetées ou des digues submergées. Dans l'un et l'autre cas, on envisageait les points d'écoulement des bassins comme ayant été obstrués , ce qui aurait amené un exhaussement du niveau des eaux. Il serait superflu de chercher à prouver que les bourgades lacustres ont été construites au-dessus de la surface des lacs et non point sur le sol. S'il fallait en donner la preuve, il suffirait de rappeler que les objets d'industrie découverts au milieu des pilotis sont restés sur la place où ils sont tombés, et que les fragments du même vase gisent parfois les uns auprès des autres sans avoir été déplacés ' et

• J'ai péché sur l'emplacement en face du Moulin de Bevaix, les fragments d'un grand vase qui gisaient à peu de distance les uns des autres, et que j'ai pu réunir de manière à le remonter complètement. A la Tougue, pus

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sans que les cassures anguleuses de cette poterie friable soient même émoussées. Il en résulte que ces emplacements n'ont point été submergés postérieurement à leur occupation, et que ces objets sont immédiatement tombés dans une eau assez profonde pour échapper à l'action des tempêtes; s'il en eût été autrement, le roulis des vagues n'aurait pas tardé à les déplacer et à émousscr leurs parties anguleuses, comme il le fait des galets de la grève. D'autre part, rien ne porte à admettre un abaissement graduel de la surface des lacs. Des ruines de constructions romaines atteignent sur plus d'un point les parties basses des rivages actuels ; en outre, les tombeaux de l'âge de la pierre, découverts à Thonon sur les bords du Léman, se trouvent sur un point qui dépasse de fort peu les hautes eaux, et l'on ne saurait admettre qu'ils aient été construits dans un sol inondé. On est ainsi conduit à conclure que le niveau des lacs de la Suisse n'a pas subi de modification sensible depuis l'apparition de l'homme dans ces contrées '.

L'action des plus fortes tempêtes ne se fait sentir qu'à une faible profondeur dans les lacs. Je n'ai jamais remarqué, sur les nombreux points que j'ai explorés, d'objets d'industrie dont les angles fussent émoussés par les vagues, dès qu'ils se trouvaient à plus de quatre pieds sous le niveau des basses eaux. Il paraît donc que les plus fortes tempêtes n'agissent guère sur nos lacs au delà de cette profondeur. Mais, d'autre part, si l'agitation est assez superficielle , l'eau calme n'en a pas moins son action délétère qui agit, il est vrai, avec une

d'Hermance, j'ai trouvé les deux fragments d'un anneau support, distants de quelques pieds, qui, en les rapprochant ne laissent aucun interstice. On peut faire les mêmes observations sur beaucoup d'autres points. 1 Voir plus haut la page 130.

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