TRANSITION
n'a pas de supériorité, pour les instruments tranchants, sur le bronze de l'antiquité. La transition de la pierre au bronze s'effectua d'abord par le cuivre , dont on retrouve des armes et des ustensiles en Asie et en Amérique ; celle du bronze au fer dut se prolonger jusqu'au moment où Ton sut produire l'acier. L'étain allié au cuivre ouvrit une période nouvelle ; le fer combiné avec le carbone fut l'une des plus grandes conquêtes de l'industrie. Il est à remarquer cependant qu'on obtint l'acier longtemps avant de se rendre compte de ses éléments constitutifs , mais il suffisait qu'on parvînt à le reproduire pour être au bénéfice de ce métal, le plus précieux de tous '.
D'après l'observation qui précède, le passage d'un métal à l'autre ne saurait être limité par l'apparition de l'acier, mais bien plutôt par une extension suffisante du fer pour devenir d'un usage général. Plusieurs découvertes récentes reproduisent cette transition , en présentant sur le même point un mélange d'instruments tranchants en bronze et en fer, où l'on voit, d'une part, l'introduction du nouveau métal , et de l'autre , la continuité de l'ancienne industrie , caractérisée par les formes et l'ornementation de l'âge précédent.
L'art de travailler le bronze a été importé en Europe par l'invasion d'un nouveau peuple , mais on ne peut dire qu'il en ait été de même pour le fer, du moins d'une manière générale. C'est bien de l'Orient que cet art paraît s'être répandu de proche en proche. Plus d'un peuple se l'est appro-
• Le fer produit par les fonderies catalanes, dont les procédés primitifs remontent à une haute antiquité, présente souvent dans la même masse une partie aciérée et l'autre de fer doux, sans qu'il soit facile de se rendre compte de cette double transformation du minerai.