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ANTIQUITÉ

qui devait résulter en partie de l'habitude contractée par les obstacles que ces populations avaient à surmonter durant leur marche. La difficulté vaincue a toujours ses jouissances. D'autre part, les peuples dans leur enfance ont dû partager les goûts propres à la plupart des hommes dans leur jeunesse. Il est un âge où l'habitant des rivages aime à explorer les côtes, à suivre les cours d'eau, et, en l'absence de bateau, à se construire de frêles embarcations. Il en a sans doute été de même pour les riverains primitifs ; mais la pêche, et tout particulièrement la défense, justifient suffisamment l'usage prolongé de ce curieux genre de constructions, qui a aussi été utilisé pour se préserver des inondations.

Antiquité des habitations lacustres.

Plusieurs générations se succédèrent avant que les émigrants partis de l'Asie eussent atteint les limites de l'Occident. La haute antiquité de leur arrivée sur les rives de la Méditerranée, de l'Océan et des mers du Nord est cependant incontestable, quand on parcourt la série des âges du développement industriel, qui ont précédé l'ère chrétienne, et quand on voit dans la Suisse occidentale les pilotis de l'âge de la pierre, détruits peu à peu jusqu'à la surface de la vase des lacs ou recouverts de limon comme à Concise, tandis que ceux de l'âge du bronze sont encore saillants de 2 à 3 pieds, et même de 5 à 6 sur quelques points où ils ont été plantés antérieurement à la domination romaine. Rien, du reste, n'autorise à envisager les plus anciens débris de l'industrie, découverts jusqu'à présent en Suisse, comme étant antérieurs à la grande catastrophe du déluge. Les destructions successives qui ont eu lieu portent bien plus les traces

de l'incendie que d'un bouleversement produit par une inondation, et la transition de la pierre au bronze ne permet pas de supposer qu'il se soit écoulé, entre les deux premiers âges, un laps de temps quelque peu considérable pendant lequel l'Helvétie aurait été inhabitée.

L'histoire fait remonter à vingt et un siècles avant notre ère la fondation de l'état de Sicyone, ce qui n'implique point nécessairement que l'arrivée des premiers habitants de la Grèce ne soit pas plus ancienne, mais elle se tait généralement sur les origines des pays de l'Europe. Lorsqu'il s'agit d'indiquer une date, même approximative, la précision rigoureuse des chiffres cause quelque embarras. Toutefois c'est le cas de rappeler le calcul basé sur la formation alluvienne de la vallée de l'Orbe, entre les pilotis de Chamblon et la rive actuelle du lac de Neuchâtel ' . On a vu que ces habitations de l'âge de la pierre ont sans doute cessé d'être dans les eaux et de répondre à leur destination dès le dix-septième siècle avant notre ère, époque à laquelle M. Amédée Thierry fait remonter son histoire des Gaules. Si l'on tient compte que, lorsque ces habitations furent construites, elles étaient, selon l'usage, éloignées de quelques centaines de pieds de la rive formée par le mont de Chamblon, on peut conclure qu'elles avaient été fondées deux à trois siècles avant que la retraite des eaux les laissât sur le sec. Tout en reconnaissant que ces chiffres n'ont rien d'absolu, on est conduit à fixer, en chiffre rond , à deux mille ans environ avant notre ère, l'arrivée des premiers habitants de l'Helvétie. Le rapprochement entre ces observations préliminaires et la chronologie historique n'est pas sans intérêt, toutefois ce calcul, je le répète, D'est

' Voir plus haut, pag. 70, la description de la vallée de l'Orbe.

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